Un porte-parole de Postes Canada a déclaré qu’en raison des restrictions imposées par le STTP, dont l’interdiction de faire des heures supplémentaires, seulement 30 000 colis seraient livrés durant le week-end.

Postes Canada: les négociations continuent malgré la menace de la loi spéciale

OTTAWA - Alors qu’une loi spéciale de retour au travail pourrait être adoptée dès lundi par le Sénat, Postes Canada et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) poursuivaient dimanche leurs discussions, dans un ultime effort pour conclure une entente négociée et mettre un terme aux grèves tournantes.

Pendant ce temps, les colis continuaient à être livrés par la société d’État, mais à un rythme beaucoup moins rapide que la normale pour cette période de l’année.

Un porte-parole de Postes Canada a déclaré qu’en raison des restrictions imposées par le STTP, dont l’interdiction de faire des heures supplémentaires, seulement 30 000 colis seraient livrés durant le week-end.

Habituellement, le volume de colis livrés durant les week-ends à la fin du mois de novembre s’élève plutôt à 500 000 paquets, a indiqué Jon Hamilton.

M. Hamilton a expliqué que des livraisons étaient effectuées les fins de semaine durant le temps des Fêtes pour éviter les retards et la surcharge de travail la semaine.

Il a précisé que 3,6 millions de colis avaient été livrés les week-ends durant la période des Fêtes en 2017.

Le Sénat devrait reprendre lundi après-midi le débat sur le projet de loi forçant les employés de Postes Canada à retourner au travail.

La mesure législative avait été présentée jeudi par le gouvernement Trudeau jeudi et adoptée le lendemain par la Chambre des communes.

Le projet de loi pourrait faire l’objet d’un vote final en début de soirée lundi et recevoir la sanction royale peu après. Dans le cas où des amendements seraient adoptés, la législation devra toutefois retourner aux Communes, a indiqué un représentant du Sénat.

Les employés de Postes Canada tiennent des grèves tournantes à travers le pays depuis le 22 octobre, entraînant d’importants retards dans les principaux centres de tri à Montréal, Toronto et Vancouver.

Des piquets de grève avaient été organisés dimanche à Sault Ste. Marie, en Ontario, et dans quelques régions en Colombie-Britannique. Le syndicat a promis de poursuivre les débrayages lundi.

Le président national du STTP, Mike Palecek, a prévenu que le syndicat examinait «toutes les options» à sa disposition alors qu’il réfléchit à la manière dont il s’opposera à la loi de retour au travail une foi qu’elle aura force de loi.

Le STTP maintient que cette loi enfreint les droits des employés de Postes Canada.

«Les travailleurs et travailleuses des postes n’accepteront pas une autre violation de leur droit à la libre négociation collective, a déclaré M. Palecek dans un communiqué publié sur le site du STTP. Il ne s’agit pas uniquement de nos droits prévus par la Charte. Le projet de loi de retour au travail cautionne les conditions qui causent les accidents du travail, les heures de travail non payées, l’inégalité entre hommes et femmes de même que la malhonnêteté et l’absence de respect généralisées.»

Le précédent gouvernement conservateur avait mis fin à la grève des employés des postes en 2011 en adoptant une loi de retour au travail.

Le projet de loi avait plus tard été déclaré inconstitutionnel par un tribunal.

Celui proposé par l’actuel gouvernement libéral, connu sous le nom de projet de loi C-89, est «différent» parce qu’elle n’a pas de conséquences immédiates sur la convention collective, a affirmé la ministre du Travail, Patricia Hajdu, peu de temps après qu’il eut été présenté à la Chambre des communes.

Après des heures de débat lors d’une séance extraordinaire samedi, les sénateurs ont voté pour se donner une journée afin de réfléchir sur les témoignages entendus au sujet du projet de loi, ajournant leurs discussions jusqu’à lundi après-midi.

La législation avait été soumise au Sénat tôt samedi matin après que les libéraux eurent accéléré son adoption aux Communes.

Les 50 000 membres du STTP, qui sont divisés en deux groupes, réclament de meilleurs salaires pour les employés en milieu rural et en banlieue, davantage de sécurité d’emploi et un minimum d’heures de travail garanti.

Le syndicat veut aussi que Postes Canada mette en place des règles pour réduire le nombre d’accidents au travail, un problème qui, selon Mike Palacek, a pris des allures de «crise» au cours des dernières années.

La convention collective est échue depuis le 31 décembre 2017.