L’entente entre le CIUSS et le YWCA vise à offrir des soins adaptés aux besoins de la clientèle «lorsque ceux-ci sont absents ou manquants au moment d’établir un plan de sortie de l’hôpital».

Portes tournantes en psychiatrie: le CIUSSS fait appel au YWCA

Les femmes ayant séjourné en psychiatrie pourront être hébergées temporairement au YWCA à leur sortie de l’hôpital afin de se remettre sur pied et d’éviter une réhospitalisation, a appris Le Soleil.

Il s’agit d’une des mesures que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale veut mettre en place pour offrir un filet de sécurité aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et pouvant présenter un risque suicidaire.

Le CIUSSS a publié au cours des derniers jours un avis d’intention afin de conclure de gré à gré un contrat avec l’organisme du quartier Saint-Sacrement pour des services d’hébergement temporaire visant à «répondre aux besoins de femmes hospitalisées en psychiatrie et ayant un trouble courant de santé mentale, soit un trouble anxieux ou un trouble de l’humeur», précise l’établissement.

«Les femmes présentant un trouble de la personnalité sont aussi admissibles à condition que leur niveau de fonctionnement ainsi que l’intensité de leurs besoins permettent une cohabitation minimale en groupe», mentionne encore le CIUSSS dans son avis d’intention.

L’entente que l’établissement veut conclure avec le YWCA vise à offrir des soins adaptés aux besoins de la clientèle «lorsque ceux-ci sont absents ou manquants au moment d’établir un plan de sortie de l’hôpital».

Pour les femmes à risque

Les services seront offerts aux femmes qui vivent une situation psychosociale et économique «défavorable à leur réinsertion sociale à court terme». «Elles peuvent présenter un risque suicidaire léger à modéré, et la ressource doit être en mesure de gérer ce niveau de risques. Dans tous les cas, la sortie d’hôpital s’avère être une transition critique pour ces femmes qui ont besoin d’un environnement structurant et propice à la réhabilitation», ajoute le CIUSSS dans son document.

Au bout du fil, mardi, Frédéric Keck, adjoint à la Direction santé mentale et dépendances au CIUSSS de la Capitale-Nationale, a expliqué que ce projet répondait à un vide de services identifié sur le terrain.

Au cours des derniers mois, faut-il le rappeler, des voix se sont élevées dans les rangs policiers, chez les organismes communautaires, à l’hôtel de ville de Québec et dans la population pour dénoncer le syndrome des «portes tournantes» en psychiatrie et la présence de cas de santé mentale de plus en plus nombreux et de plus en plus lourds dans la communauté.

«Un espace intermédiaire»

«On collaborait déjà avec différents organismes de la région qui font de l’hébergement, mais là, ce qu’on voyait, c’est qu’entre ce qu’ils étaient en mesure de prendre en charge et ce qu’on était prêt à leur envoyer, il y avait parfois un écart. Il fallait créer un espace intermédiaire» entre l’hôpital psychiatrique et la communauté, expose Frédéric Keck.

«La durée du séjour [au YWCA] va varier en fonction du profil des femmes qui vont y être envoyées», précise M. Keck, ajoutant qu’une «rétroaction» est souhaitée «pour voir l’évolution de la personne référée».

Selon lui, le YWCA s’est montré très «proactif» ces dernières années pour accompagner des femmes présentant «un certain niveau de désaffiliation».

L’entente avec le CIUSSS permettra à l’organisme d’embaucher du personnel supplémentaire et adapté à la clientèle plus lourde que l’établissement veut lui référer, mentionne Frédéric Keck. «Il y aura cinq lits dédiés» pour les services demandés par le CIUSSS, précise-t-il.

Le contrat, d’une durée de quatre ans, s’élève à 820 000 $, soit 205 000 $ par année. Il devrait être signé le 17 février.

Le CIUSSS dit travailler sur différentes mesures pour «améliorer le filet de sécurité» en santé mentale et en itinérance, et prévoit faire d’autres annonces en ce sens «très prochainement».