Le tchador est ce grand voile noir qui recouvre tout le corps et la tête de la femme, mais laisse voir son visage.

Port du tchador: libéraux et solidaires tergiversent

Les libéraux de Philippe Couillard refusent de bannir en toutes circonstances le port du tchador. Québec solidaire n'a pas encore statué sur ce long voile islamique qui couvre tout le corps des musulmanes, à l'exception du visage.
Si elles se rejoignent à condamner l'interdiction d'arborer des signes religieux que le projet de charte de la laïcité du PQ veut imposer à la fonction publique et au monde de l'enseignement, les deux formations politiques affichent des positions nuancées fort différentes devant l'idée que des employés de l'État portent ce vêtement.
Le député Marc Tanguay a mis du temps à répondre aux journalistes qui lui demandaient de clarifier l'orientation du PLQ. Mercredi matin, avant le début des travaux de la commission parlementaire sur la Charte, le libéral a mentionné que la formation dirigée par Philippe Couillard refuse d'interdire le tchador.
«C'est du cas par cas», a plaidé M. Tanguay, en affirmant «qu'on ne peut pas généraliser». Il est revenu sur le fait que son parti recommande l'adoption de balises.
Cela ferait en sorte qu'enseignants et éducatrices en garderies ne pourraient s'en couvrir. Dans leur cas, une telle demande d'accommodement vestimentaire serait jugée «déraisonnable et ne serait pas acceptée». Pour ce qui est des employés gouvernementaux, ce serait «selon le poste que le fonctionnaire occupe».
Marc Tanguay a répété que la formation que dirige Philippe Couillard n'acceptera pas de candidate qui porterait un tchador. Par contre, «si elle est élue dans un autre parti, il faudra respecter le choix démocratique».
La députée Françoise David, elle, a admis que Québec solidaire ne s'est jamais arrêté sur le droit des fonctionnaires et des enseignants de se couvrir de ce vêtement. «C'est dur de tracer la frontière», a-t-elle laissé entendre en y allant de sa «position personnelle».
«Pour moi, c'est incompatible, par exemple, avec une fonction pédagogique», a-t-elle poursuivi. La raison étant que le tchador projette l'image de femmes ayant «à peine le droit d'exister», a laissé tomber la députée solidaire de Gouin.
PQ et CAQ, même analyse
Le ministre responsable le projet de loi sur la Charte a réagi en affirmant être renversé par ce que défend le PLQ. «Le tchador, ce n'est pas un accommodement, a lancé Bernard Drainville.
«C'est un symbole religieux qui nie l'égalité entre les hommes et les femmes. (C'est) considéré comme un symbole intégriste. Mme (Fatima) Houda-Pépin l'a reconnu », a-t-il signalé au sujet de la députée libérale qui n'a pas hésité à affronter son chef Philippe Couillard sur cette question. Le Soleil a tenté en vain de s'entretenir avec l'élue représentant La Pinière.
En impromptu de presse, le ministre Drainville a attaqué l'approche «cas par cas» que préconisent les libéraux. «Là, ils permettent le tchador pour tout le monde, sauf les candidates libérales, les enseignantes et les éducatrices en garderie.
«Mais les infirmières, les policières, les fonctionnaires, elles pourront continuer à le porter. Je ne comprends pas la logique» qui mène «à l'arbitraire». M. Drainville s'en est tenu à sa ligne de conduite pour tout signe religieux porté de façon ostentatoire: l'interdiction aux personnes qu'emploient l'État.
La Coalition avenir Québec est sur la même longueur d'ondes que le Parti québécois sur la question du tchador. Pour le chef François Legault, il est hors de question que des employés de l'État puissent s'en vêtir au travail. 
«C'est plus qu'un signe religieux. (...) On ne peut le comparer au hidjab. C'est un signe qui démontre une certaine oppression de la femme. Je dirais que c'est un uniforme qui ne devrait être accepté chez aucun employé de l'État. » Dans l'opposition, la CAQ affiche la position la plus proche de celle du gouvernement, si ce n'est qu'elle revendique que les fonctionnaires puissent arborer avec leurs vêtements des signes religieux, comme le voile islamique ou la croix catholique.