Le gouvernement de François Legault affirme que les enseignants œuvrant auprès des plus jeunes «sont en position d’autorité» et qu’ils ne doivent donc pas porter de signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions.

Port de signes religieux: pas de droit acquis pour les enseignants

Oubliez toute clause de droit acquis sur le port de signes religieux pour les enseignants.

Si certains considéraient qu’il existait encore du flottement ou que la réponse du nouveau gouvernement n’avait pas encore été donnée clairement, François Legault a été on ne peut plus clair, mardi.

«Il n’y en aura pas», a tranché le premier ministre en parlant d’une clause de droit acquis pour les enseignants et après avoir tenu à souligner que la position de son parti n’a pas changé.

Il y a un mois, M. Legault s’était dit ouvert aux discussions avec les partis d’opposition à propos de l’interdiction du port de signes religieux par les enseignants des niveaux primaire et secondaire du réseau public.

Il estimait qu’il était alors «trop tôt» pour dire hors de tout doute si la loi à venir s’appliquerait ou pas à eux — ou si elle ne s’appliquerait qu’aux futurs enseignants. «On va consulter; on va voir s’il y a des consensus qu’on est capable de dégager» avec les partis d’opposition, avait-il dit, même s’il avait aussi pris soin de préciser que lui et son gouvernement n’avaient «pas changé d’idée» sur le fond.

Le gouvernement de François Legault affirme que les enseignants œuvrant auprès des plus jeunes — pas ceux des cégeps et des universités — «sont en position d’autorité». Et qu’ils ne doivent donc pas porter de signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions; pas plus que les juges, les policiers, les procureurs et les gardiens de prison ne doivent pouvoir le faire, selon lui.

M. Legault a indiqué, mardi, qu’il était conforté par un sondage CROP réalisé pour le compte de Radio-Canada sur le sujet. Cette enquête d’opinion montre qu’une majorité de Québécois approuvent l’interdiction du port de signes religieux pour les enseignants et pour les employés liés à l’État ayant un pouvoir de coercition — ceux identifiés par la commission Bouchard-Taylor il y a plus de 10 ans.

Rappel : les enseignants du réseau privé ne seront pas concernés par le projet de loi que présentera le ministre Simon Jolin-Barrette l’hiver prochain.

Des réflexions

Québec solidaire a engagé il y a quelque temps une réflexion quant à sa position sur la laïcité. Le parti pourrait décider, en mars prochain, lors d’une instance militante, de finalement s’opposer à toute interdiction concernant le port de signes religieux chez les figures de coercition identifiées par la commission Bouchard-Taylor.

Chez les libéraux, le chef Pierre Arcand a évité, mardi, de critiquer les intentions gouvernementales. «Lorsque le gouvernement, sur la question des signes religieux et sur la question de l’immigration, va décider quelle position il a, nous allons l’analyser», a déclaré M. Arcand.

Le chef libéral a laissé entendre que son groupe parlementaire se repencherait sur les positions qui ont été celles du gouvernement Couillard dans ce dossier. Mais il semble qu’il faille davantage y voir une volonté de montrer que le parti est sans dogme, qu’il est prêt à refaire une discussion sur le sujet, qu’un premier pas vers un changement de cap. Jusqu’à avis contraire, les libéraux s’en tiennent et s’en tiendront au  «visage découvert».