Des trous apparaissent régulièrement dans l'asphalte sur les quais. Des débardeurs, des chariots élévateurs, même un tracteur avec pelle chargeuse ont trébuché dans pareils cratères, dénoncent les débardeurs qui travaillent au port de Québec.

Port de Québec: les débardeurs sonnent l'alarme

Les débardeurs craignent pour leur sécurité sur les quais du port de Québec, où des trous se forment par en dessous.
Le Syndicat des débardeurs du port de Québec, qui compte une centaine de membres, a publié jeudi un communiqué de presse pour dénoncer «avec véhémence la dangerosité des quais et l'inaction des autorités portuaires et du gouvernement fédéral».
C'était sans compter que Mickey Mouse serait en ville pour l'annonce de la venue des croisières Disney à Québec, une nouvelle qui a détourné l'attention des revendications du local 2614 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). 
Vendredi, Le Soleil a contacté Stéphan Arsenault, président du syndicat des débardeurs, pour savoir de quoi il en retournait. Ce dernier a expliqué avoir constaté «de gros signes de dégradation» des quais depuis les trois dernières années. 
Des trous apparaissent régulièrement dans l'asphalte, a-t-il raconté. S'ils ont l'air de banals nids-de-poule, il suffit d'y jeter un oeil pour constater que c'est le vide en dessous, parfois sur plusieurs mètres carrés. Des débardeurs, des chariots élévateurs, même un tracteur avec pelle chargeuse ont trébuché dans pareils cratères.   
Lors d'apparitions, le Port installe des cônes et des clôtures pour éviter que les débardeurs s'y dirigent, souligne M. Arsenault. Des réparations sont ensuite effectuées avec de la pierre et du béton, mais d'autres trous se forment un peu plus loin car l'eau fait son chemin ailleurs. «C'est du palliatif», déplore le président du syndicat, qui attend toujours des investissements pour la reconstruction des vieux quais.
Les quais 28, 29 et 30 près de la Bungee, où les bateaux de croisière sont parfois dirigés en période de pointe, seraient particulièrement amochés selon ses dires. Pour que les débardeurs puissent y circuler en toute sécurité, le Port a installé des passerelles métalliques. Le quai 25 qui donne sur le fleuve dans le même secteur est condamné. 
«Ce n'est pas sécuritaire. On ne connaît pas ce qu'il y a sous les pieds de nos travailleurs. Si un accident grave arrive, ils [les dirigeants du Port] ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas au courant», martèle M. Arsenault. À noter que les débardeurs sont employés par les arrimeurs, qui eux louent les installations du Port. 
Le président-directeur général de l'Administration portuaire de Québec (APQ), Mario Girard, n'a jamais caché que les infrastructures portuaires nécessitent des travaux qu'il estime à 300 millions $. D'où le projet d'agrandissement dans le secteur de Beauport, sur lequel il compte pour générer des profits à réinvestir dans les vieilles installations.
Programme d'entretien 
Marie-Andrée Blanchet, porte-parole de l'APQ, a répondu plus spécifiquement vendredi aux doléances des débardeurs. «L'Administration portuaire de Québec effectue une gestion responsable de l'ensemble des actifs sur son territoire et ne fait aucun compromis sur la sécurité de tous les travailleurs présents sur le territoire», a-t-elle écrit. «Nous avons un programme en continu de suivi et de surveillance qui monitore l'état des infrastructures effectué par notre équipe de l'ingénierie. Le programme nous permet d'intervenir soit en effectuant des réparations ou en imposant des restrictions d'accès afin de maintenir nos installations sécuritaires.» 
En six ans, «plusieurs millions de dollars» auraient ainsi été investis dans les infrastructures, selon Mme Blanchet. 
Il y avait justement réunion du comité des utilisateurs du Port de Québec vendredi. Johanne Lapointe, vice-présidente marketing d'Arrimage Québec, plus gros employeur du Port, a indiqué que les syndiqués y seraient dorénavant conviés. «Nous souhaitons que les travailleurs acceptent cette invitation et rappelons que nous travaillons de concert avec toutes les parties prenantes pour garantir un environnement de travail sécuritaire», a-t-elle fait savoir par courriel.