Avec les nouvelles infrastructures projetées, pour lesquelles le Port de Québec doit trouver le financement, le nombre de croisiéristes dans la capitale passerait à 400 000 par année.

Port de Québec: 55 millions $ pour doubler le nombre de croisières

Le Port de Québec doit investir au moins 55 millions $ - qu'il n'a pas - pour remettre à niveau les infrastructures servant à l'industrie des croisières. Le nombre de visiteurs arrivant dans la capitale par la voie des eaux pourrait ainsi plus que doubler dans la prochaine décennie.
En 2013, un sommet a été atteint avec la venue de 103 navires et de 164 000 croisiéristes à Québec. Une projection de croissance prudente de 3 % par année, présentée jeudi au Forum de Québec sur les croisières internationales, porterait le nombre de visiteurs autour de 250 000 en 2025.
Or, les installations actuelles sont déjà saturées, a aussitôt fait valoir le président-directeur général de l'Administration portuaire de Québec, Mario Girard. Devant cette «lumière jaune», celui-ci propose trois chantiers d'importance.
Il faudrait d'abord réaménager le terminal de croisières Ross-Gaudreault, où se déroule le Forum. Comme dans un aéroport, une section ou un étage serait réservé aux arrivées et l'autre aux départs pour faciliter les opérations d'embarquement et débarquement. La facture est estimée à 20 millions $.
Il faudrait aussi ajouter un deuxième terminal, permanent ou mobile, qui pourrait coûter 15 millions $. M. Girard a refusé jeudi de dire où il l'installerait, mais il a déjà évoqué le bassin Louise en entrevue au Soleil.
Enfin, la passerelle mobile qui permet aux passagers de gagner la rive n'est plus adéquate, selon le pdg. Devant l'augmentation de la taille des navires, celle-ci doit grossir aussi. Investissement : 20 millions $.
Avec de telles infrastructures, la nouvelle cible jugée réaliste par le Port, l'Office du tourisme de Québec (OTQ) et le maire Régis Labeaume passerait à 400 000 visiteurs par année. Il faudrait pour cela étirer la haute saison des croisières. En plus de septembre et d'octobre, les mois de juillet et d'août sont visés. «Il y a tellement à offrir à cette période-là», a fait remarquer jeudi le grand patron du Port, qui siège aussi au conseil d'administration du Festival d'été de Québec.
Trouver le financement
Les acteurs économiques et touristiques de la région de Québec réunis jeudi étaient déjà d'accord sur le principe, mais il faut désormais trouver du financement.
Le maire Régis Labeaume a établi qu'il faisait sa part en investissant 8 millions $ pour transformer le stationnement Dalhousie en parc urbain. Le gouvernement du Québec a promis 31 millions $ pour ce projet dans son dernier budget. Selon M. Labeaume, les croisiéristes seront épatés par le résultat final. «Le parc devant lequel ils vont se réveiller le matin, ils ne l'oublieront jamais», a-t-il promis.
Après une étude détaillée des critères du nouveau fonds Chantiers Canada, cette semaine, l'élu municipal estime que «c'est le programme parfait pour équiper le Port de nouveaux équipements pour les croisières».
Mario Girard a dit qu'il y jetterait un oeil. Il a aussi parlé de la nouvelle stratégie provinciale de mise en valeur du Saint-Laurent, qui mise précisément sur les croisières internationales et est financée à hauteur de 77,3 millions $.
Le pdg du Port n'a pas exclu non plus le recours au secteur privé. Dans les grands ports d'attache du monde, les compagnies de croisières paient parfois pour des équipements qui leur servent et qui sont identifiés à leur nom. Il n'est toutefois pas certain que le marché de Québec soit assez gros pour cela.
Le président de l'OTQ a également insisté jeudi sur l'importance de maintenir une bonne qualité d'accueil dans la capitale. Au-delà de l'espace et des sourires, cela veut notamment dire de coordonner les transports terrestres, d'offrir des activités variées, d'assurer la sécurité des gens de passage. «C'est de l'organisation pratico-pratique», résume Pierre Tremblay.
Quai Paquet: «une très bonne idée»
Le pdg du Port de Québec, Mario Girard, considère que la Ville de Lévis a eu une «très bonne idée» d'adapter le quai Paquet, actuellement en rénovation, pour y accueillir des bateaux de croisière en escale. Des navires de plus petit gabarit pourront y être amarrés pendant les périodes de fort achalandage, qui surviennent à l'automne.
Pour gagner la rive nord, le président de l'Office de tourisme de Québec, Pierre Tremblay, pense que les croisiéristes pourraient embarquer sur les traversiers qui font déjà la navette plusieurs fois par heure. Des autocars pourraient aussi être utilisés, surtout quand les visiteurs participent à des excursions, que ce soit dans Charlevoix, Portneuf ou ailleurs.
«C'est aussi facile que de partir de Québec. Ça rallonge un peu le trajet, mais c'est tout à fait pensable», assure M. Tremblay