Mario Girard, le président-directeur général du Port de Québec, rencontrait la presse, mercredi matin, pour faire le bilan de l'année 2013.

Port de Québec: 2014 sera l'année de la consultation

Le président-directeur général du Port de Québec entend demander l'avis de la population de Québec sur les gros projets qu'il mijote pour 2014, mais ne dit pas encore précisément comment il va s'y prendre pour consulter.
Mario Girard rencontrait la presse, mercredi, pour faire le bilan de l'année 2013, marquée par la pollution de l'air au nickel et la construction du terminal de granules de bois à l'anse au Foulon, deux sujets ayant soulevé l'opinion publique. Le dirigeant n'a pas voulu s'apitoyer sur le passé récent, admettant simplement que la communication aurait pu être meilleure. Il a préféré se projeter «avec optimisme» en 2014. 
Parmi les chantiers importants identifiés par le pdg, il y a la première stratégie de développement durable de l'Administration portuaire de Québec (APQ), qui sera rendue publique dans les prochaines semaines. 
Les membres du comité consultatif sur l'intégration visuelle des silos de granules de bois seront également connus d'ici peu. Leurs recommandations sont attendues vers la fin de mars ou le début d'avril. 
Toujours dans l'objectif d'améliorer le coup d'oeil, les esquisses du prolongement de la promenade Samuel-De Champlain, dans le secteur du boulevard du même nom occupé par le Port, seront publiées «dans la première moitié de l'année». 
Le plan de réaménagement du bassin Louise, «un projet que l'on veut rassembleur, une signature pour Québec et une fierté pour ses habitants», sera présenté officiellement à la population, qui sera appelée à donner ses commentaires. Des discussions ont lieu avec la Ville de Québec pour convenir d'une démarche. 
«On a beaucoup de temps devant nous. Le bassin Louise est pas obligé de démarrer demain matin. On va procéder à une consultation, une présentation formelle des projets. Tous les commentaires seront les bienvenus. On avait certaines contraintes dans le dossier des granules de bois, contraintes qu'on n'a pas dans le contexte du bassin Louise alors ça va nous permettre d'élargir et on va le faire avec plaisir», a expliqué M. Girard. 
Celui-ci a aussi parlé de consultations formelles pour la révision du plan d'utilisation des sols de l'APQ et le projet d'agrandissement de 500 millions $ dans le secteur de la baie de Beauport, déjà présenté au gouvernement fédéral et en attente de subventions. 
Il a toutefois été impossible de savoir comment fonctionneraient les consultations, avec ou sans rencontres publiques et dépôt de mémoires. «Chaque projet va avoir sa formule de consultation», a simplement dit le pdg du Port. 
Recul «cyclique»
D'un point de vue statistique, le Port de Québec a enregistré une baisse d'activités en 2013. Environ 27 millions de tonnes de marchandises ont été manutentionnées, soit une diminution de 15 % par rapport à 2012, année record. 
Mario Girard a qualifié ce recul de «cyclique» et l'a attribué à la transformation du marché des céréales, à la fermeture pour entretien de la raffinerie Jean-Gaulin pendant deux mois et aux glaces des derniers jours de décembre qui ont retardé l'arrivée d'une demi-douzaine de bateaux. L'économie mondiale tarde aussi à reprendre son élan. 
L'industrie des croisières a tout de même établi un nouveau record avec 103 navires et 164 000 visiteurs (passagers et membres d'équipage) de passage dans la capitale. Record aussi pour les événements culturels tenus sur les quais.
Discussions avec Gros-Cacouna
Le Port de Québec est en pourparlers avec celui de Gros-Cacouna pour explorer des pistes de collaboration. Gros-Cacouna pourrait ainsi accueillir des navires en déchargement ou en transbordement quand les quais de Québec affichent complet. Tous les cargos et les produits ne s'y prêtent pas nécessairement, puisqu'il y a moins de profondeur d'eau à Gros-Cacouna et que le port n'est pas desservi par une voie ferrée, mais Mario Girard, pdg de l'Administration portuaire de Québec, a tout de même des idées. En échange, celui-ci est prêt à mettre son équipe de prospection au service de son voisin de l'est et à le présenter à des clients potentiels à l'international. M. Girard assure que l'esprit est davantage à la collaboration qu'à la concur-rence dans les ports du Saint-Laurent. «Ce qu'on veut, c'est amener plus de business pour le Canada», dit-il.