Élus et membres de la Société du pont sur le Saguenay et de la Coalition Union 138 se sont réunis à Baie-Comeau lundi matin pour une sortie publique afin de dénoncer l’attitude du gouvernement dans ce dossier et pour mettre au point la stratégie d’actions qui auront lieu un peu partout au Québec.

Pont sur le Saguenay: les élus pressent le gouvernement

BAIE-COMEAU — Le fait que le gouvernement caquiste se soit commis la semaine dernière en laissant entendre que la construction d’un pont sur le Saguenay à la hauteur de Tadoussac n’était pas une priorité a galvanisé élus et membres de la Société du pont sur le Saguenay et de la Coalition Union 138. Ces derniers se disent maintenant prêts à exercer des activités de sensibilisation dans l’ensemble du Québec, sous une forme qui reste à déterminer.

Tous ceux qui ont pris la parole lors de la conférence de presse de lundi matin à Baie-Comeau ont martelé le même message : le gouvernement s’était engagé à aller de l’avant avec l’étude d’opportunité que devait commander le bureau de projet du pont sur le Saguenay, mais il a fait machine arrière, ce qu’ils considèrent tous comme inacceptable. Deux courtes vidéos de déclarations du premier ministre François Legault  démontrent d’ailleurs qu’il a déjà déclaré être d’accord avec l’idée «de regarder la possibilité de construire un pont»..

«La semaine dernière, ça a été un choc de se faire dire par M. Bonnardel (le ministre des Transports) que le dossier du pont, ce n’était pas vraiment important», a laissé tomber le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, traduisant ainsi l’état d’esprit des gens présents à cette sortie publique. «On a été de bons citoyens, on leur a donné une chance mais là, on est allé au bout de la chance», a-t-il ajouté.

«La Côte-Nord ne rejouera plus dans le film «Le jour de la marmotte». On l’a suffisamment joué», de faire valoir Réjean Porlier, maire de Sept-Îles. «On a l’impression de se faire mener en bateau. La Côte-Nord est extrêmement déçue», a-t-il enchaîné.

«La première action qu’on demande, c’est de lancer enfin l’étude d’opportunité (devant être pilotée par le bureau de projet du pont), déjà prévue au programme des infrastructures. Ça représente 10 millions sur 115 milliards. C’est une goutte d’eau dans le Saguenay», a poursuivi le président du conseil central Côte-Nord de la CSN, Guillaume Tremblay, aussi porte-parole de la Coalition Union 138, qui parle de «manque total de respect» de la part du gouvernement dans ce dossier. 

Quant au préfet de la MRC de Charlevoix-Est, Sylvain Tremblay qui, incidemment, a dû attendre le traversier près d’une heure pour pouvoir venir à Baie-Comeau, il a tenu à rappeler que «le projet du pont, c’est un projet de développement pour tout le Québec».


« La Côte-Nord ne rejouera plus dans le film Le jour de la marmotte. […] On a l’impression de se faire mener en bateau »
Réjean Porlier, maire de Sept-Îles

C’est d’ailleurs parce qu’ils croient que ce projet concerne l’ensemble de la province que les deux organismes se tourneront désormais vers le reste du Québec pour faire avancer l’idée. Ils enjoignent d’ailleurs l’ensemble des acteurs régionaux à sensibiliser leurs instances provinciales afin de mobiliser le plus large possible.

Les actions à venir restent à déterminer, mais elles ne devraient pas comprendre un blocus de la route 138. « On n’ira pas pénaliser la population, la 138 est déjà assez souvent bloquée comme ça. On veut maintenant que la population du Québec soit sensibilisée. On ne veut pas perdre le momentum «, a conclu Guillaume Tremblay.