La Société du pont sur le Saguenay privilégie le site dit de La Boule (photo) pour la construction d’un pont.
La Société du pont sur le Saguenay privilégie le site dit de La Boule (photo) pour la construction d’un pont.

Pont sur le Saguenay: Bonnardel attendu de pied ferme sur la Côte-Nord

BAIE-COMEAU – La Société du pont sur le Saguenay et la Coalition Union 138 attendent avec impatience la visite des ministres François Bonnardel et Jonatan Julien sur la Côte-Nord jeudi. Les deux organismes osent espérer que le projet d’un pont sur le Saguenay sera accéléré. Ils préparent leur argumentaire en conséquence.

Pierre Breton, qui milite pour ce projet depuis de nombreuses années, parle d’un moment important. La dernière fois que le citoyen a rencontré un ministre des Transports dans cette affaire remonte à 2002. «On a de nombreuses préoccupations à exprimer, mais on me dit que les ministres apporteront de bonnes nouvelles», a lancé M. Breton, ajoutant que les deux organismes «sont très heureux de rencontrer le ministre des Transports, mais il faudra avoir des réponses».

Deux questions préoccupent particulièrement Pierre Breton. La première est à savoir si le bureau de projet du pont se retrouvera «sur la voie rapide, comme le permettra la loi 61 à l’automne», ou bien sur la voie lente.

«Quelles sortes de délais ça prend pour mettre les études à jour? On veut le savoir. La dernière étude a pris neuf ans à être complétée, c’est sûr qu’il y a beaucoup d’informations à revoir», a-t-il soutenu en demandant à ce que le bureau de projet du pont, créé en août 2017 mais peu actif depuis, accélère la cadence afin de connaître les véritables coûts et la faisabilité technique d’un pont à la hauteur de Tadoussac.

 Selon M. Breton, une accélération du rythme des travaux du bureau de projet, ou non, pourra permettre «de mieux mesurer l’intérêt du gouvernement à construire le pont prioritairement». La Société du pont sur le Saguenay croit que cette infrastructure coûterait autour de 300 M$.

La seconde question concerne la construction d’une zone de pré-embarquement au pied de la côte de Tadoussac, afin que les véhicules attendent en sécurité d’embarquer sur le traversier entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. Ce projet, qui pourrait dépasser les 50 M$, fait suite au drame de l’an dernier, où un véhicule récréatif a manqué de frein dans cette forte pente avant de s’écraser sur la partie arrière du traversier, qui venait de larguer les amarres.

Évidemment, si on érige éventuellement le fameux pont, cette solution ne serait que temporaire, fait valoir M. Breton, qui soutient toutefois que «si le ministre nous dit que cette zone permettra à Tadoussac à recevoir des gens en période d’affluence, on comprend».

Autrement, il estime que le gouvernement caquiste manquerait de vision en limitant cet espace en parking d’attente pour le traversier. Selon le bénévole, cette zone n’aura qu’un «effet limité sur l’amélioration de la sécurité routière».

Pierre Breton entend donc démontrer aux ministres Bonnardel et Julien que cette zone aura plus de sens si elle est utilisée comme stationnement pour recevoir l’afflux prévisible de touristes une fois le pont en fonction. Il se réfère à ses voyages en Norvège, où certains secteurs ont vu l’achalandage se multiplier lorsque l’accès à des traversiers a été remplacé par des ponts.

« J’ai fait une trentaine de traversées en Norvège et je n’ai jamais vu de zones d’attente au pied d’une grande côte sur une route nationale », de signaler M. Breton, qui ne croit pas que cette façon de faire soit la meilleure et qui, au passage juge inadmissible «que la route nationale qui se rend vers une des régions les plus riches en ressources au pays soit coupée par une rivière».

 Outre le fameux dossier du pont, les ministres Bonnardel et Julien devraient également évoquer le prolongement de la route 138 en Basse-Côte-Nord lors de leur passage sur la Côte-Nord.