Des véhicules ont été atteints mardi soir et mercredi par de lourds blocs de neige tombés de la superstructure du pont de Québec.

Pont de Québec: Labeaume pose la question de la sécurité

«Moi si j'étais le gouvernement, je commencerais à poser des questions» sur la sécurité du pont de Québec, a lancé jeudi le maire Régis Labeaume.
Le maire de Québec réagissait à la sortie d'un fabricant de peinture et ex-assureur de structures d'acier, Bruno Saverys, de l'entreprise belge Zingametall, qui prédit des dommages irréversibles au pont de Québec s'il n'est pas repeint d'ici 5 à 10 ans.
«Moi, j'ai toujours dit que du métal qui s'érode, c'est jamais bon. Du métal qui s'érode, c'est du métal qui se détériore. Il s'érode pas mal sur ce pont-là. Moi je pense que le CN va être obligé d'envisager les questions de sécurité. À un moment donné, ils n'auront pas le choix», a déclaré M. Labeaume. 
Il a également remis en question la politique du propriétaire du pont consistant à changer au fur et à mesure les poutres d'acier qui sont trop mal en point au lieu de repeinturer la structure au complet. «Ils changent des pièces à chaque année, mais à un moment donné ils ne pourraient pas faire la moitié du pont», a-t-il souligné. 
Recherche d'une garantie
L'élu municipal a invité les gouvernements supérieurs à obtenir la garantie que le pont est sécuritaire et pour longtemps, tout en partageant leur objectif de ne pas créer de panique dans la population. 
«Les enjeux de durabilité et de structure, ça relève de Transports Québec et du CN. C'est eux qui ont le bail à long terme. Sur ces éléments, c'est à eux qu'il faut en parler», a pour sa part fait valoir le député de Québec et ministre fédéral Jean-Yves Duclos. 
Il a répété que le dossier du pont de Québec est «prioritaire» pour son gouvernement et que ce dernier est prêt à mettre plus que les 75 millions $ déjà annoncés. Des discussions doivent toutefois avoir lieu avec le ministère des Transports du Québec et le CN. «Nous, on est sérieux, on est prêts à mettre les efforts qu'il faut pour que ce dossier avance», a insisté M. Duclos. 
Le vice-président juridique du CN, Olivier Chouc, affirme pour sa part que «le pont de Québec a fait l'objet d'inspections rigoureuses par des ingénieurs professionnels qui ont certifié qu'il était sécuritaire et qu'il le demeurerait tant et aussi longtemps que le CN continuerait à l'entretenir comme il le fait présentement». Ces conclusions ont été «revues et affirmées par les ingénieurs du CN et ceux du MTQ», a-t-il ajouté. «Remettre en question ces conclusions sans aucun fondement scientifique est irresponsable», a martelé le représentant du CN.