Le ministère des Transports s'étant engagé auprès du CN à effectuer certains travaux «en temps et lieu», il est trop tôt pour évaluer les impacts sur la circulation, selon le porte-parole Guillaume Paradis.

Pont de Québec: encore plus de travaux nécessaires

En plus des 60 millions de dollars sur 10 ans qu'il versera au CN pour l'usage et l'entretien du pont de Québec, le gouvernement du Québec devra entreprendre des travaux importants pour empêcher les sels de déglaçage d'attaquer la vieille structure métallique.
Le Soleil a obtenu copie de l'entente intervenue entre la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) et le provincial, représenté par le ministère des Transports (MTQ). Signé à la fin de l'année 2013, le document est entré en vigueur rétroactivement le 1er octobre 2012 pour une durée de 10 ans.
La convention détaille la facture du gouvernement. Le MTQ paiera ainsi des frais d'usage de 5 millions $ par année pendant trois ans, puis de 6 millions $ par année pendant quatre ans et finalement de 7 millions $ pour chacune des trois dernières années. Au total, cela fait donc 60 millions $. Le CN affectera tout cet argent à l'entretien de la structure et à son programme de travaux majeurs en plus d'ajouter 35 millions $ de sa poche.
Le MTQ s'est de plus engagé à réaliser des travaux sur la voie carrossable dont il est responsable pour éviter que les sels de déglaçage ne détériorent l'ouvrage.
D'ici octobre 2016, il devra ainsi mettre en place un système de drainage du tablier «pour s'assurer de l'évacuation des eaux hors de la structure et permettre le nettoyage de cette dernière». Des travaux sont également requis pour «s'assurer de l'imperméabilisation du tablier et de l'étanchéité des joints de tablier».
Il s'agit de chantiers importants qui pourraient coûter plusieurs millions de dollars, mais aucune évaluation n'est disponible au MTQ.
Écran protecteur
Québec devra aussi installer avant le 31 octobre 2014 un «écran protecteur» du côté ouest de la voie carrossable, donnant sur la voie ferrée, «pour réduire l'éclaboussement de sels de déglaçage sur la structure». La même chose devra être faite du côté est dans les deux années suivantes.
«Il devrait s'agir de panneaux d'acier étanches qui seraient sensiblement de la même hauteur que les garde-corps actuellement en place», a indiqué hier Guillaume Paradis, porte-parole du ministère des Transports.
«Pour les autres engagements, le ministère des Transports procédera aux travaux requis en temps et lieu. Il est trop tôt pour faire état des méthodes retenues et des impacts sur la circulation», a-t-il ajouté.
La convention impose aussi le ramassage de la neige pour récupérer les matériaux de déglaçage. «Le MTQ ne sera pas autorisé à pousser la neige sur les installations ferroviaires ou dans la voie navigable», est-il précisé. Le CN a aussi exigé l'utilisation exclusive de sels traités au Bleu Fuzion. Cette saumure de chlorure de magnésium liquide rend les grains plus collants et les empêche de rebondir en plus de contenir un inhibiteur de corrosion.
Ces changements sont déjà en vigueur, comme le révélait Le Soleil à la fin novembre. Pour les accumulations de plus de 10 centimètres, la neige doit désormais être dirigée vers la voie du milieu, puis soufflée et ramassée par des camions, obligeant la fermeture de deux voies sur trois.
Le MTQ s'est exécuté seulement deux fois cet hiver. La plupart du temps, le passage des voitures a fait fondre suffisamment la neige, évitant son ramassage.
À noter que Le Soleil, malgré des demandes répétées, n'a pas eu accès à l'annexe de la convention qui détaille le programme des travaux majeurs.
«Sa publication poserait des enjeux potentiels de sécurité», a-t-on fait valoir.
Quelques gains à la tête des ponts
Tout n'y était pas, mais le ministère des Transports du Québec a tout de même obtenu du CN quelques terrains convoités dans le secteur de la tête des ponts. En vertu de l'entente signée en décembre, quatre parcelles totalisant 19 000 mètres carrés seront cédées dans l'année.
Elles sont situées dans l'emprise et en bordure de l'avenue des Hôtels et du boulevard Laurier, qui prend sa source à la sortie du pont de Québec. Le gouvernement provincial et la Ville de Québec espéraient faire le plein de terrains, incluant la gare de Sainte-Foy, en vue du réaménagement de l'entrée de la ville.
Des propriétés du CN dans le secteur de Beauport étaient également dans la mire du précédent gouvernement libéral. Le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a indiqué au Soleil mardi que les négociations se poursuivaient.