Les fonctionnaires du ministère des Transports préparent un dossier d'opportunité comportant quatre scénarios avec les avantages et les inconvénients, les tracés, les caractéristiques techniques, l'échéancier et bien sûr la facture pour chacun.

Pont de l'île d'Orléans: un choix en cours d'année

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) n'a pas déterminé le type de lien qui reliera l'île d'Orléans à la terre ferme. C'est le Conseil des ministres qui fera son choix en cours d'année 2014 à partir de quatre scénarios bien détaillés et surtout chiffrés.
Le directeur régional du MTQ, Jean-François Saulnier, n'avait que le résultat d'études environnementales menées sur la faune aquatique à présenter aux élus de l'Île d'Orléans et de Boischatel réunis jeudi après-midi à l'hôtel de ville de Saint-Pierre. Des études et un processus, celui que doivent suivre les grands projets d'infrastructure publique dans l'appareil gouvernemental.
Les fonctionnaires préparent ainsi un dossier d'opportunité comportant quatre scénarios (pont conventionnel, pont haubané, jetée ou tunnel) avec les avantages et les inconvénients, les tracés, les caractéristiques techniques, l'échéancier et bien sûr la facture pour chacun. Ce dossier sera présenté au Conseil des ministres au cours de la prochaine année. Le gouvernement fera son choix parmi les options possibles et l'inscrira au Plan québécois des infrastructures (PQI).
M. Saulnier a insisté sur la rigueur de la démarche, jeudi. «Tu fais une vérification, tu t'aperçois qu'il y a bien des solutions possibles, qu'il y a d'autres questions. Tu dois aller plus loin et tu dois t'assurer que tu réponds à toutes les questions», a-t-il expliqué.
«La vitesse normale»
Le directeur s'est défendu de faire du surplace. «On respecte la vitesse normale», a-t-il assuré, avec l'objectif gouvernemental d'un pont fonctionnel en 2022.
Les élus locaux, qui espéraient savoir où exactement sera situé le pont et quelle forme il prendra, ont fait contre mauvaise fortune bon coeur.
«On s'attendait à plus, mais remarquez bien que ce n'est pas nous qui le construisons, le pont. Le Ministère met beaucoup de rigueur sur les règlements, les lois», a noté le maire de Sainte-Famille et préfet de la MRC de l'Île-d'Orléans, Jean-Pierre Turcotte. «On aime mieux attendre un peu plus et avoir un beau pont, quelque chose de bien, qui va durer plus longtemps», a-t-il ajouté.
M. Turcotte a été le seul à commenter directement le scénario d'un tunnel qui relierait aussi l'île d'Orléans à la rive sud. «Je ne penserais pas que ça fasse, c'est pas réaliste», a-t-il laissé tomber, évoquant la profondeur d'eau et le casse-tête des entrées et des sorties.
Son voisin d'en face, le maire de Boischatel, Yves Germain, s'est dit déçu lui aussi de ne pas savoir si le futur pont, l'option la plus probable, sera ancré à l'ouest ou à l'est de la rivière Montmorency sur la rive nord.
«Je pensais que le Ministère pouvait être rendu à cette étape-là de ses analyses, mais ce n'est pas le cas», a-t-il constaté, sans critiquer pour autant la démarche. «Ça nous permet toujours d'exprimer nos attentes», s'est-il réjoui, plaidant pour le maintien et l'amélioration des paysages de part et d'autre du fleuve Saint-Laurent.