Le ministère des Transports du Québec veut analyser le fond du fleuve, là où seront plantées les pattes du futur deuxième lien entre l'île d'Orléans et la terre ferme.

Pont de l'île d'Orléans: contrat de 500 000 $ de gré à gré

Le ministère des Transports (MTQ) a annulé un appel d'offres pour octroyer un contrat de près de 500 000 $ à Groupe Océan, de gré à gré, afin de faire progresser les travaux préparatoires pour la construction d'un nouveau pont à l'île d'Orléans, a constaté Le Soleil.
Le MTQ veut analyser le fond du fleuve, là où seront plantées les pattes du futur deuxième lien entre l'île et la terre ferme. Pour y arriver, il faut creuser le sol à partir d'une barge assez grande pour y loger la machinerie, les ouvriers et les experts.
C'est donc ce que cherchait le ministère : une barge; un remorqueur pour la guider; un bateau pour s'y rendre; le personnel requis... Tout ce qu'il faut pour que les équipes gouvernementales spécialisées en géologie puissent forer le sous-sol.
Un premier appel d'offres a été publié en mai, mais il n'a pas soulevé les passions. «Ça n'a pas fonctionné. On n'a même pas eu de retour», explique un porte-parole du MTQ, Guillaume Paradis.
Le ministère l'a donc annulé pour publier un deuxième appel d'offres moins contraignant. Mais il a été annulé moins de quatre jours après sa publication, avant même de savoir si des entreprises étaient intéressées. «Le deuxième, avant la fermeture, on l'a annulé puisqu'on avait entre-temps été capable de trouver une solution avec Groupe Océan.»
Un «avis» a récemment été publié pour déclarer le mariage. «Alors la semaine dernière, on a annoncé notre [intention] de conclure un contrat de gré à gré avec Groupe Océan.»
Étant donné l'ampleur du contrat, cette diffusion publique est obligatoire puisque le montant en jeu dépasse le seuil au-delà duquel un appel d'offres est prescrit par la loi. M. Paradis en convient : «Oui, on est au-delà des seuils. Alors on devait procéder par appel d'offres.» 
Contestation possible... mais vite
La difficulté à obtenir des soumissions justifierait cependant la procédure exceptionnelle. «Ce n'est pas rare, mais ce n'est pas commun non plus. Ça arrive à l'occasion pour des travaux particuliers, pour des contrats particuliers.»
Sauf que la loi prévoit également qu'un concurrent peut s'opposer au mariage [les contestataires ont jusqu'au 10 juillet à 15h pour se manifester]. «On dit : "On a trouvé quelqu'un qui est prêt à faire les travaux pour nous, c'est Groupe Océan. On veut leur donner un contrat de 479 000 $. Si toi tu as une barge et tu veux les faire les travaux, ben fais-nous connaître ton intention".»
«S'il n'y en a pas d'autres, ça règle le dossier. S'il y en a d'autres, on verra la pertinence d'aller en appel d'offres.» Le MTQ se réserve néanmoins le pouvoir de maintenir son entente avec Groupe Océan. «Si on le fait, c'est parce que c'est permis.»
Au fait, dans les appels d'offres, le MTQ évaluait ce contrat entre 250 000 $ et 500 000 $. À moins d'un revirement, le contrat sera donc octroyé à la limite supérieure de cet intervalle.
À 120 mètres vers Québec
Le ministère ne sait pas encore quand la barge sera ancrée près de l'île d'Orléans. Guillaume Paradis précise cependant que les experts du MTQ s'affaireront dans un couloir qui longe le pont actuel, à 120 mètres en amont, vers la ville de Québec. Neuf sites seront analysés.
«On a déjà fait [des forages] il y a quelques années pour positionner grosso modo le pont. On voulait chercher le meilleur secteur. [...] Là, on devient un peu plus précis. On va aller faire les sondages pour connaître le plus précisément possible l'état des sols dans le secteur. On sait que ce sont des sols qui sont un petit peu particuliers. [...] Ce n'est pas du beau roc.»
Échéancier et budget flous
Si le MTQ précise le site où sera planté le futur pont de l'île, il est beaucoup moins loquace quant aux échéanciers et budgets. La livraison de l'infrastructure est périodiquement reportée de 2020 à 2022, à... «On a toujours le même objectif qui est la mise en service du nouveau pont vers 2024.» Les détails sur les étapes à venir ne seront toutefois pas révélés : «On a des échéanciers, on a des plans, mais on n'en fait pas état.»
Pour le budget aussi, la directive ministérielle est de ne rien révéler aux contribuables, même si des évaluations existent. Le bruit courrait que le pont coûtera plus de 400 millions $. Pour l'heure, le MTQ ne s'avance pas. «On ne fait pas état de nos estimations», note M. Paradis. «C'est plus de 100 millions $.»