Selon ce que révélait Le Soleil lundi, le gouvernement du Québec embauchera des consultants pour étudier tous les modes de réalisation possibles pour le futur pont à haubans de l'île d'Orléans, même un partenariat public-privé, ce qui étonne la députée péquiste Agnès Maltais, ainsi que le préfet de la MRC de L'Île-d'Orléans, Jean-Pierre Turcotte.

Pont de l'île d'Orléans: aucun avantage au PPP, selon le PQ

«Il n'y a aucun, aucun, aucun avantage à construire le pont de l'île d'Orléans en PPP du point de vue du contribuable.»
La députée Agnès Maltais était on ne peut plus catégorique, lundi, après avoir appris dans Le Soleil que le gouvernement du Québec embauchera des consultants pour étudier tous les modes de réalisation possibles - du public au privé en passant par un mélange des deux - pour le futur pont à haubans de l'île d'Orléans.
Selon la représentante de Taschereau, la décision du gouvernement de Pauline Marois de ne pas procéder à l'analyse des modes de réalisation est encore bonne car «il ne peut pas y avoir d'économie dans un dossier comme ça, sans péage». Quand il était aux commandes des Transports, en 2014, son collègue Sylvain Gaudreault avait statué qu'un PPP «n'était pas envisageable». 
La péquiste appuie sa certitude sur le fait que le gouvernement a accès à des taux d'intérêt plus bas que ceux des entreprises, lesquelles doivent en plus dégager des profits. «Or, au bout de la ligne, c'est le contribuable qui paie» la différence, martèle Mme Maltais.
Celle-ci craint de nouveaux délais dans le projet. Annoncé d'abord pour 2020, puis 2022, le pont doit être prêt en 2024. «Moi, j'ai bien peur que ça remette en question 2024. C'est sûr que ça va ajouter du temps au compteur. Alors que l'année dernière, tout le monde avait fait des interventions en disant qu'il est temps d'aller en appel d'offres pour le pont, là on lance un appel d'offres pour faire des analyses, ça n'a pas de bon sens», a déploré Mme Maltais en entrevue téléphonique. 
La politicienne s'interroge sur les motivations des libéraux : «Ou bien ils font exprès pour retarder et on ne comprend pas pourquoi. C'est pas là qu'ils veulent mettre l'argent à Québec alors que c'est une nécessité. Ou bien ils ont eu des pressions de la part d'entreprises de construction pour faire un pont, pour être dans un partenariat public-privé. Et je pense que le gouvernement a été assez échaudé avec ça, il ne devrait pas laisser de doute dans la population sur le fait qu'il soit encore lié à des entreprises de construction.»
Préfet étonné
Le préfet de la MRC de L'Île-d'Orléans s'est dit surpris que le gouvernement envisage la participation du secteur privé à la construction et à l'exploitation du nouveau lien entre l'île et la terre ferme. «Ils avaient déjà dit que ça se ferait pas en PPP, mais c'est pas le même gouvernement», a rappelé Jean-Pierre Turcotte. «Moi, personnellement, je ne vois pas de rentabilité si le pont n'est pas payant [à péage]», a-t-il laissé tomber. 
M. Turcotte s'inquiète lui aussi pour l'échéancier. «Construire, ce n'est pas si long, mais il faut commencer», mentionne-t-il. La MRC n'a pas eu l'occasion de faire le point récemment avec Québec, où les ministres des Transports se sont succédé à un rythme accéléré ces dernières années. Une demande de rencontre avec Laurent Lessard est pendante. «On ne sait pas s'il va rester en poste après le remaniement ministériel» anticipé au début de l'année prochaine, souligne le maire de Sainte-Famille.