Politique

Maxime Bernier affirme avoir recueilli plus de 90 000 $ pour son nouveau parti

OTTAWA — Le député indépendant de Beauce, Maxime Bernier, affirme avoir recueilli plus de 90 000 $ depuis son départ du Parti conservateur du Canada, il y a deux semaines.

Dans un appel de contributions lancé par courriel à ses partisans, mercredi, M. Bernier affirme que sa campagne a «déjà le vent en poupe». Il prévoit même de dévoiler le nom et le logo de son nouveau parti la semaine prochaine.

Le député libertarien a annoncé le 23 août qu'il quittait le Parti conservateur d'Andrew Scheer et qu'il créerait son propre mouvement politique.

Dans son courriel, M. Bernier explique mercredi que depuis une semaine, il a discuté au téléphone avec des partisans et des organisateurs à travers le pays, qu'il remplit les formulaires requis par Élections Canada, et qu'il élabore la constitution et la plateforme du nouveau parti.

Il soutient mettre tout en oeuvre «le plus vite possible de façon à ce que le parti soit opérationnel lorsque la session du Parlement reprendra le 17 septembre».

Le député de Beauce affirme également avoir reçu «des centaines de messages d'appui» de la part de gens qui veulent devenir membres, s'impliquer ou être candidats.

«Ce qui me rend optimiste, c'est que seulement deux semaines après avoir annoncé que je lancerais ce nouveau parti, nous avons déjà le vent en poupe», écrit-il.

Politique

Trans Mountain: sans l’achat, le projet «serait mort»

EDMONTON — Sans l’intervention du gouvernement, le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain n’aurait jamais pu voir le jour, selon Justin Trudeau.

Le premier ministre a tenu ces propos lors de son passage à Edmonton, mercredi, en marge d’une conférence de presse pour inaugurer un nouveau centre de recherche au Northern Alberta Institute of Technology.

«Si ce projet était encore dans les mains d’une compagnie privée, ce projet n’avancerait plus, a soutenu M. Trudeau. Il serait mort aujourd’hui à cause du jugement de la Cour d’appel.

«Ce qu’on a fait pour prendre le contrôle de ce projet nous permet maintenant de refaire les étapes nécessaires pour pouvoir construire cet oléoduc essentiel», a-t-il ajouté.

Annulation

La Cour d’appel fédérale a annulé la semaine dernière la décision du cabinet autorisant les travaux d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, qui triplera la quantité de pétrole acheminé de l’Alberta vers le port de Burnaby, en Colombie-Britannique.

Le tribunal a estimé que les consultations avec les communautés autochtones effectuées par le gouvernement n’avaient pas été adéquates et que l’impact de l’augmentation du trafic de pétroliers sur la population d’épaulards dans l’océan Pacifique n’avait pas été suffisamment pris en compte par l’Office national de l’énergie.

«Nous examinons plusieurs options, incluant le dépôt d’un projet de loi, la possibilité de faire appel et nous étudions aussi ce que nous devons faire pour respecter le jugement», a détaillé M. Trudeau.

Ces propos contrastent avec ceux qu’il avait tenus plus tôt dans la journée. Le premier ministre avait alors accueilli froidement la suggestion de l’Alberta, qui propose que le gouvernement fédéral adopte une loi ou fasse appel en Cour suprême d’un récent jugement du tribunal, afin d’amorcer rapidement les travaux d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.

«Astuces»

Dans une entrevue à une station de radio d’Edmonton, mercredi, le premier ministre avait affirmé que le recours à ce qu’il appelle des «astuces» afin de faire avancer le projet pourrait être satisfaisant à court terme, mais mènerait éventuellement à d’autres batailles judiciaires.

Affaires

Plus de 5300 CV à la Société québécoise du cannabis

Alors que plusieurs employeurs peinent à dénicher de nouveaux talents, la Société québécoise du cannabis (SQDC) fait courir les foules, et ce, même avec un salaire de 14 $ de l’heure. L’organisation a reçu plus de 5300 curriculum vitæ... pour combler ses 400 postes à court terme, a appris Le Soleil.

Dès le 17 octobre, la SQDC prévoit posséder un réseau d’une vingtaine de succursales à travers la province, dont au moins trois dans la grande région de Québec. Chaque point de vente devrait compter une vingtaine de travailleurs.

L’objectif de la direction est d’augmenter son nombre de magasins à 80 d’ici mars 2021. À terme, la société d’État pourrait être une famille de près de 2250 employés.

Selon une demande d’accès à l’information, déjà une dizaine de paires de bras travaillaient pour la SQDC au début du mois d’août. Le conseil d’administration est également sur le point d’être officialisé.

Au cours des derniers mois, l’organisation était principalement à la recherche de conseillers, de directeurs et de directeurs adjoints pour ses succursales. Quatorze sites ont jusqu’à présent été confirmés.

«Nous avons reçu des candidatures de partout à travers le Québec. Nous collaborons avec une firme pour évaluer ces personnes. Une fois qu’elle est sélectionnée, il y a une première entrevue téléphonique. Ensuite, il y a une entrevue par Skype», explique au Soleil Mathieu Gaudreault, porte-parole pour la Société des alcools du Québec (SAQ), l’organisation qui chapeaute le déploiement de la SQDC.

Il précise que tous les dossiers des candidats demeureront dans une banque de candidatures pour une période d’un an. Il ajoute que cette liste sera «exclusive» à la SQDC. Elle ne servira pas lors des processus d’embauche à sa filiale soeur, la SAQ.

Politique

Trans Mountain: Sohi et Morneau ne témoigneront pas en comité

OTTAWA — Le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, et le ministre des Finances, Bill Morneau, ne témoigneront pas en comité sur l’achat de l’oléoduc Trans Mountain.

Les libéraux ont rejeté mardi une motion conservatrice, appuyée par les néo-démocrates, lors d’une réunion d’urgence du comité permanent des ressources naturelles.

«C’est épouvantable que le bureau du premier ministre ait utilisé sa majorité libérale afin d’empêcher les questions et l’imputabilité pour la crise qu’on voit aujourd’hui», a dénoncé le député conservateur Pierre Poilievre à sa sortie.

La réunion d’urgence avait été convoquée pour discuter de l’achat par le gouvernement de l’oléoduc Trans Mountain et de son projet d’expansion. La construction de ce deuxième oléoduc a été stoppée pour une durée indéterminée la semaine dernière par un jugement de la Cour d’appel fédérale rendu une journée avant que le gouvernement devienne propriétaire du pipeline.

Les conservateurs voulaient savoir si le gouvernement avait bien évalué la possibilité d’un revers en cour avant de s’engager à acheter l’oléoduc avec des fonds publics.

«Comment se fait-il qu’il n’y ait aucun plan, aucune réponse, aucune étape suivante concrète pour permettre au projet d’expansion d’aller de l’avant? a demandé la députée conservatrice Shannon Stubbs en début de réunion. C’est notre devoir de demander aux ministres comment se fait-il que le gouvernement ne se soit pas préparé à l’éventualité de cette décision?»

«Nous représentons tous les actionnaires et nous voulons une assemblée des actionnaires», s’est exclamé le député conservateur Pierre Poilievre.

Ils accusent les libéraux d’avoir causé la perte des 8000 emplois qui auraient été créés par la construction du pipeline.

Les contribuables canadiens sont devenus propriétaires de l’oléoduc Trans Mountain vendredi, au lendemain du jugement de la Cour d’appel fédérale. Le gouvernement en a fait l’achat pour la somme de 4,5 milliards $ dans le but de mener à terme la construction d’un deuxième oléoduc qui suivrait le même tracé et triplerait la quantité de pétrole albertain transporté au port de Burnaby, en Colombie-Britannique.

La Cour d’appel fédérale avait ordonné la veille à l’Office national de l’énergie (ONÉ) d’inclure l’impact de la circulation accrue de navires pétroliers sur les épaulards du sud de la Colombie-Britannique dans l’évaluation de ce projet d’expansion. Elle a aussi intimé au gouvernement de reprendre la troisième étape de consultation auprès des Premières Nations touchées.

«Le jugement indique que nous avons encore un peu de travail à faire dans ces deux domaines et c’est exactement ce que nous sommes en train d’étudier : ce que nous devons faire pour concrétiser ce projet de la bonne façon», a affirmé le premier ministre Justin Trudeau, mardi, en marge d’une conférence de presse dans la ville de Surrey en Colombie-Britannique.

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, exige plutôt que le gouvernement annule l’expansion de Trans Mountain, revoie le processus d’évaluation environnementale pour tous les projets et investisse davantage dans les énergies renouvelables.

«Pourquoi le gouvernement s’est-il empressé d’acheter cet oléoduc quelques semaines avant un jugement majeur qui pourrait invalider tout ça?» a soulevé le député néo-démocrate Nathan Cullen à sa sortie de la réunion.

C’est une question à laquelle le comité permanent des ressources naturelles n’aura pas de réponse, du moins dans l’immédiat.

«En ce moment, on est en train de revoir la décision» de la Cour d’appel fédérale, a justifié le député libéral Paul Lefebvre, nouvellement nommé secrétaire parlementaire du ministre des Ressources naturelles.

«C’est une décision de 275 pages, a-t-il ajouté. On l’a eue jeudi dernier, ça fait cinq jours. Il y a beaucoup d’information à revoir. Toutes les options sont sur la table.»

Le gouvernement n’a toujours pas indiqué s’il allait contester ce jugement en Cour suprême.