Politique

Bonnardel veut moderniser l’industrie du taxi une fois pour toutes

C’est en plaçant l’usager «au coeur de son action» que le gouvernement de la CAQ a l’intention de moderniser l’industrie du transport de personnes une fois pour toutes. Finis les projets-pilotes afin que les taxis, Uber et toutes les entreprises similaires puissent jouer à armes égales.

«Il est hors de question pour moi ou notre gouvernement de chasser les nouvelles innovations du Québec sous prétexte qu’ils ne concordent pas avec nos vieilles lois. C’est à nous de faire en sorte d’adapter notre environnement tout en respectant les joueurs déjà présents», a déclaré M. Bonnardel au Salon bleu mercredi.

Le ministre des Transports a l’intention de déposer un projet de loi au cours des prochaines semaines et espère pouvoir le faire adopter d’ici la fin de la session, en juin. 

Son objectif est de faciliter la vie des utilisateurs et de contrer l’auto solo. «Les citoyens sont en droit de pouvoir profiter de services compétitifs et accessibles.»

Équité

Sans donner les détails de sa vaste réforme, le ministre indiqué qu’il veut rétablir l’équité entre les joueurs de l’industrie et alléger le fardeau administratif, réglementaire et financier des entrepreneurs. 

M. Bonnardel a expliqué que depuis qu’il est entré en poste l’automne dernier, il a dû renouveler de façon urgente quatre projets pilotes différents mis sur pied par le précédent gouvernement, qui a selon lui manqué de «courage». «Cette façon de gérer de l’ancien gouvernement était leur façon bien à eux de repousser les décisions importantes à plus tard. Bref, de ne pas régler les problèmes de cette industrie une fois pour toutes. Cette façon de faire a assez duré.»

Le député libéral Gaétan Barrette a répliqué de façon virulente en accusant le ministre de faire «un procès des projets pilotes», alors que son gouvernement en utilise, notamment en santé. Selon lui, le gouvernement libéral a géré le dossier du taxi «de la bonne façon», les projets pilotes ayant été «demandés par le milieu». 

Le Parti québécois et Québec solidaire se sont quant à eux réjouis que le gouvernement agisse enfin, tout en lui demandant de compenser les chauffeurs de taxi qui perdront au change. 

La députée solidaire Ruba Ghazal a d’ailleurs condamné «l’infâme» projet de loi 100 adopté sous le bâillon par les libéraux en 2016 et qui aurait selon elle favorisé Uber au détriment des taxis. 

Politique

Les garderies privées subiront les contrecoups des maternelles 4 ans

Les Centres de la petite enfance (CPE) et les garderies subventionnées ne souffriront pas de l’ouverture massive des classes de maternelle 4 ans, assure le ministre de la Famille Mathieu Lacombe. Ce sont plutôt les garderies privées et les milieux familiaux qui en subiront les contrecoups.

«Selon l’analyse qu’on a faite, les garderies privées non subventionnées et les milieux familiaux seront les deux types de services de garde qui subiront la baisse la plus marquée d’achalandage», a soutenu le ministre en mêlée de presse mardi.

L’objectif du ministre Lacombe était de rassurer les éducatrices en CPE qui critiquent haut et fort le déploiement mur à mur des classes de maternelle 4 ans depuis plusieurs jours. Selon lui, elles n’ont rien à craindre, car son gouvernement a l’intention de continuer à injecter des fonds dans le réseau public des services de garde. Une annonce à ce sujet est d’ailleurs prévue mercredi. 

«On va investir plus que jamais, je dirais plus que n’importe quel gouvernement depuis 15 ans en services éducatifs à la petite enfance et ça, ça parle», a-t-il soutenu. 

Le ministre de la Famille dit avoir des «discussions très constructives» avec le réseau des CPE, même si «ça peut donner l’impression en ce moment que le feu est pris dans le réseau, parce qu’on entend beaucoup de réactions» contre les classes de maternelle 4 ans. 

À la période des questions, le premier ministre François Legault a fait valoir qu’à l’heure actuelle, 6 % des enfants de 4 ans fréquentent la maternelle, alors que 30 % d’entre eux fréquentent un CPE. Il souhaite rejoindre les 62 % qui ne fréquentent ni l’un ni l’autre des services en créant davantage de places. 

Cet ajout de services publics en petite enfance aura un «impact» sur les garderies privées, convient M. Lacombe, qui se questionne sur des mesures que «le gouvernement pourrait mettre en place pour atténuer cet impact-là». 

Changement de cap

Cette position de la Coalition avenir Québec (CAQ) en faveur du réseau des CPE tranche avec le discours que le parti a tenu au cours de la dernière année. Lorsque le parti était dans l’opposition, la députée Geneviève Guilbault a maintes fois défendu le modèle d’affaires des garderies privées, le trouvant «intéressant». 

La députée péquiste Véronique Hivon, qui défend depuis très longtemps le modèle des CPE, espère que la CAQ opérera un réel changement de cap en faveur des CPE, alors que ce sont les garderies privées qui ont proliféré ces dernières années. «On demande au gouvernement donc de mettre de côté la position qui était la sienne avant.»

Mme Hivon espère que le ministre Lacombe donnera «un coup de barre» en faveur des CPE.

Politique

SNC-Lavalin: Jody Wilson-Raybould invitée à témoigner en comité

OTTAWA — L’ex-ministre Jody Wilson-Raybould, qui est au coeur de la tempête SNC-Lavalin dans laquelle est empêtré le gouvernement Trudeau, a été invitée à témoigner au comité qui se penche sur les allégations d’ingérence politique du bureau du premier ministre.

«Nous aimerions entendre clairement Mme Wilson-Raybould. Sa participation est très importante», a déclaré le député libéral Randy Boissonnault à l’issue d’une réunion qui s’est déroulée à huis clos, mardi.

L’élu n’a pas précisé s’il voudrait que la comparution ait lieu une fois que l’enjeu du secret avocat-client sera réglé. «Nous avons fait ce qui était possible pour le comité. Nous savons que le premier ministre a demandé au procureur général de regarder cette question», a-t-il offert.

Car c’est bien ce qui inquiète l’opposition - dans son rôle de procureure générale, Jody Wilson-Raybould était l’avocate du gouvernement, et compte tenu du secret professionnel, elle est limitée dans les propos qu’elle peut exprimer publiquement.

«On veut avoir une discussion qui va plus loin que «Je ne peux répondre à cela, je ne peux répondre à cela, je suis liée par le secret avocat-client»», a plaidé la députée conservatrice Lisa Raitt en sortant de la salle de comité.

Le nouveau ministre de la Justice et procureur général, David Lametti, a indiqué pendant la période des questions que le premier ministre lui avait demandé un avis juridique sur la question. «Je donnerai un avis juridique au moment opportun», s’est-il contenté d’offrir.

Le conservateur Pierre Paul-Hus l’a enjoint à traiter la chose urgemment : «Dépêche-toi! Trouve la réponse au plus sacrant (...) On doit avoir Mme Wilson-Raybould au comité en mesure de parler», a-t-il lâché au sortir de la rencontre du comité.

La députée de Vancouver-Granville a dit au réseau CBC qu’elle accepterait l’invitation du comité. «J’y serai», a-t-elle assuré, précisant que ses interventions seraient guidées par les conseils de celui qu’elle a retenu à cette fin - l’ex-juge de la Cour suprême Thomas Cromwell.

La semaine dernière, les libéraux du comité avaient manoeuvré pour bloquer l’adoption d’une motion des députés de l’opposition qui demandait la comparution de neuf personnes, dont l’ex-ministre Wilson-Raybould, ainsi que celle d’autres employés de Justin Trudeau.

Ils ont jeté du lest, mardi. Mais ils ne sont pas allés jusqu’à inclure dans la liste les proches collaborateurs de Justin Trudeau, dont sa chef de cabinet Katie Telford, son conseiller Mathieu Bouchard, ou encore son ex-secrétaire principal Gerald Butts, au grand dam de l’opposition.

Apparition surprise

Ce nouveau développement dans l’affaire SNC-Lavalin est survenu quelques heures après que Mme Wilson-Raybould eut causé la surprise en émergeant de la section de l’édifice de l’Ouest où Justin Trudeau et ses ministres se réunissent hebdomadairement.

À sa sortie, elle s’est brièvement adressée aux médias - chose qu’elle ne faisait que très rarement à l’époque où elle était ministre.

«Je consulte toujours mon conseiller juridique, ce que je pense que les gens comprennent, ou devraient comprendre, sur les règles et les lois sur le privilège, sur la confidentialité, sur ma responsabilité en tant que membre du Parlement», a-t-elle déclaré.

«Mes responsabilités éthiques et professionnelles en tant qu’avocate sont multiples et incroyablement compliquées, alors je travaille toujours avec mon avocat», a ajouté l’ex-ministre de la Justice et procureure générale avant de s’engouffrer dans un ascenseur.

Une fois à l’intérieur, elle a pris la peine de mentionner qu’elle était toujours membre du caucus libéral quand la question lui a été posée.

Le premier ministre Trudeau a expliqué l’étonnante présence de son ancienne ministre - qui a claqué la porte du cabinet la semaine dernière dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin - à cette réunion qui s’est étirée sur environ quatre heures.

«Mme Wilson-Raybould a demandé de venir parler au cabinet, et on l’a invitée (à) venir. Mais évidemment, ce qui est discuté au cabinet demeure une confidence du cabinet», a-t-il spécifié avant de s’engouffrer dans la Chambre des communes pour la période des questions.

Dans les banquettes conservatrices, on a consacré une bonne partie de cette séance à accuser les libéraux de museler l’élue de la Colombie-Britannique, en la dépeignant comme une victime dans toute cette histoire.

Selon son ami et collègue député britanno-colombien, Jonathan Wilkinson, rien n’est plus éloigné de la réalité.

«Je pense que Jody ne se poserait jamais en victime. C’est quelqu’un qui dit ce qu’elle pense, et qui est très à l’aise de le faire - et c’est l’une des choses que nous aimons tous chez elle», a assuré le ministre des Pêches en mêlée de presse.

Politique

Ottawa: les ministres encensent Gerald Butts pendant que l’opposition attaque

OTTAWA - Tous les ministres prêts à commenter la démission du secrétaire principal de Justin Trudeau n’avaient que de bons mots pour Gerald Butts, mardi matin. Du côté de l’opposition, pendant ce temps, en Chambre, on faisait front commun pour réclamer une enquête publique sur l’affaire SNC-Lavalin, à l’origine de la démission du bras droit du premier ministre.

Plusieurs membres du cabinet Trudeau ont cependant préféré passer tout droit devant le barrage de journalistes à la porte de la réunion du conseil des ministres. M. Trudeau faisait partie du groupe qui a gardé le silence.

«Gerry est un ami. Il a fait beaucoup, beaucoup, pour le Canada, pour notre gouvernement», a insisté la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

«On est (...) surtout reconnaissant du travail qu’il a fait», a renchéri Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social.

Et comme la question revenait souvent - pourquoi a-t-il démissionné s’il n’a rien fait? - le ministre des Finances a tenté une réponse. «Il a décidé que c’est important de protéger sa réputation et à mon avis, c’est une bonne décision», a dit Bill Morneau.

À lire aussi: Démission du principal conseiller de Justin Trudeau, Gerald Butts

Bibeau nie que les élections seraient devancées

Pendant ce temps, à la Chambre des communes, l’opposition affûtait ses couteaux.

Comme les néo-démocrates avaient le contrôle du sujet du débat, mardi, ils ont déposé une motion demandant au premier ministre de lever le secret pour l’ancienne procureure générale et exhortant le gouvernement à lancer une enquête publique sur l’affaire SNC-Lavalin.

«Les Canadiens méritent des réponses crédibles», a lancé le député néo-démocrate Charlie Angus dès l’ouverture du débat.

Et leur démarche sera appuyée par les conservateurs, a confirmé mardi matin le chef Andrew Scheer. Lorsqu’il s’est levé en Chambre, il a annoncé que l’opposition officielle votera unanimement en faveur de la motion.

Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, assurait un peu plus tôt que tous veulent «faire la lumière sur les derniers événements».

Mais M. Champagne a plutôt fait référence à un examen par le commissaire à l’éthique, insistant sur la nécessité que son gouvernement continue «de focaliser sur ce qui compte pour les Canadiens».

Lundi après-midi, M. Butts a annoncé qu’il quittait ses fonctions tout en niant avoir exercé des pressions sur l’ex-ministre Jody Wilson-Raybould pour qu’elle évite un procès pour fraude et corruption à SNC-Lavalin.

Mme Wilson-Raybould a démissionné la semaine dernière, après avoir été rétrogradée, à la mi-janvier, du poste de ministre de la Justice à celui de ministre des Anciens combattants.

Les pressions que Justin Trudeau nie également lui avoir fait subir auraient visé à accorder un accord de poursuite suspendue (APS) à SNC-Lavalin.

Cette manoeuvre permet de suspendre des poursuites pénales contre des entreprises. En échange, celles-ci admettent les faits, puis acceptent de payer une pénalité financière salée et de coopérer avec les autorités. Elles évitent ainsi d’être interdites des contrats gouvernementaux futurs.