La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil.

Weil dénonce la banderole anti-réfugiés

La banderole «Réfugiés, non merci» accrochée pendant quelques heures au-dessus de l'autoroute Henri-IV, mercredi, est un geste «inadmissible», a déploré la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil.
<p>La banderole, qui battait au vent, était difficilement lisible au moment où <em>Le Soleil</em> s'est rendu sur place. Mais en prêtant attention, le message ne peut être plus clair.</p>
«La banderole, c'est inadmissible», a déclaré jeudi celle qui est aussi responsable de la Diversité et de l'Inclusion. «Mais je peux vous dire que ça ne reflète tellement pas tous les messages que je reçois de partout au Québec, a-t-elle ajouté. Honnêtement, le Québec a toujours été une terre d'accueil exemplaire. Je pense que c'est ça qu'il faut retenir.»
En septembre, la ministre Weil a évoqué le désir d'accélérer l'accueil au Québec de 3650 réfugiés syriens parrainés par des familles ou divers groupes. Le nouveau gouvernement canadien a annoncé sa volonté de recevoir au pays 25 000 réfugiés syriens avant le 1er janvier. Parmi eux, ceux qui viendront au Québec seront «pris en charge par l'État», ce qui signifie que le gouvernement assurera l'ensemble des fonctions d'accueil et d'intégration, a expliqué Mme Weil.
«Quand le Québec reçoit des réfugiés, notre tradition est d'installer ces réfugiés dans beaucoup de villes, a rappelé la ministre. Actuellement, on est en discussion avec les villes dans toutes les régions et elles sont très intéressées à jouer un rôle.»
Capacité à intégrer
Des discussions sont en cours avec Ottawa. L'accueil au Québec se fera en fonction de la capacité à intégrer et à franciser correctement le volume de réfugiés, assure Mme Weil. La ministre parle d'un accord avec le fédéral, à l'instar de ce qui aurait été fait avec les Kosovars, en 1999, pour que «les coûts additionnels» soient assumés par Ottawa.
Le ministre de l'Éducation, François Blais, a assuré que, malgré le contexte budgétaire, les écoles du Québec seront en mesure d'absorber l'arrivée de nouveaux élèves syriens. «On s'est engagé à accueillir ces immigrants et, bien sûr, on va mettre à la disposition les ressources nécessaires pour les intégrer.»
Le porte-parole caquiste en matière d'Éducation, Jean-François Roberge, est sceptique. «Est-ce qu'on va être capable de les scolariser, de les franciser, de les intégrer? demande-t-il. C'est difficile à croire. En ce moment, il n'y a même pas assez de personnel dans nos écoles pour s'occuper des élèves en difficulté.»