Entourée de l'athlète Anna Prchal, du ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, et de la ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David, la skieuse Gail Kelly a exprimé sa satisfaction de voir Québec donner suite à ses demandes.

Violences sexuelles: Québec impose des règles aux fédérations sportives

Québec entend le cri du cœur des victimes de l’ex-entraîneur Bertrand Charest et imposera de nouvelles règles aux fédérations sportives. L’objectif est de minimiser le risque que des violences — sexuelles ou autres — ne soient vécues par de jeunes athlètes.

C’est lors d’un point de presse rempli d’émotion que le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport Sébastien Proulx, de même que la ministre responsable de la Condition féminine Hélène David ont annoncé que d’ici 2020, les fédérations sportives québécoises devront adopter un plan d’action pour prévenir les agressions physiques, psychologiques, émotionnelles et sexuelles dans la pratique d’un sport au Québec.

Les ministres exigeront que de la formation soit donnée et qu’un traitement indépendant des plaintes soit mis sur pied. Le financement gouvernemental des fédérations sportives sera dorénavant conditionnel au respect des nouvelles règles. 

À leurs côtés, Geneviève Simard, Gail Kelly, Émilie Cousineau et Anne Prchal, quatre victimes de l’ex-entraîneur Charest, ont raconté à quel point la dernière semaine avait été éprouvante. À la fin du processus judiciaire, au début juin, elles ont accepté de briser le silence et de raconter leur histoire d’agression sexuelle. 

Une motion saluant «le courage et la détermination» des 12 skieuses victimes de l’ex-entraîneur Charest été adoptée à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale. Les élus ont longuement applaudi les quatre victimes qui étaient présentes dans les tribunes réservées au public. 

Les jeunes femmes se montrent aujourd’hui très satisfaites que le gouvernement du Québec dise oui à leurs demandes. «J’avais des attentes, mais je dois avouer que la vitesse du gouvernement du Québec m’a impressionnée», soutient Gail Kelly. Reste maintenant à voir si les autres provinces et le gouvernement fédéral emboîteront le pas, car les jeunes athlètes peuvent être appelés à s’entraîner partout au pays. 

Difficile d’atteindre un risque zéro

La ministre David croit qu’il y a eu du laxisme dans le passé en matière de prévention des abus sexuels. «Maintenant, on est prêts à entendre, à bouger et à agir, enfin.»

Le ministre Proulx avertit quant à lui qu’il est presque impossible d’obtenir un risque zéro en matière d’abus. Par contre, avec les nouvelles règles, «il y aura moins de drames, possiblement moins d’agresseurs et moins de criminels.»

M. Proulx est ouvert à l’idée d’imposer qu’un athlète ne se retrouve jamais seul avec son entraîneur. «Si on avait ça en place, ça créerait un filet de sécurité, parce que, pour un prédateur, de faire ce qu’il veut faire, il cherche l’isolement de la personne», évoque Geneviève Simard. Il n’est pas nécessaire que l’athlète ait deux entraîneurs, mais qu’une mère, une tante ou un autre adulte soit présent avec lui, lors des entraînements, des compétitions et des voyages, précise-t-elle.  

Rappelons qu’en avril dernier, l’organisme Sport’Aide, qui est financé par le gouvernement du Québec, a lancé une nouvelle ligne d’aide et d’assistance virtuelle instantanée pour les athlètes.