En 1999, le service de police de Philadelphie est remonté cinq ans en arrière afin de revoir l’ensemble des plaintes pour viol qu’il avait reçues. Sur 2000 dossiers écartés, les autorités ont finalement trouvé 600 plaintes qui méritaient qu’une enquête soit enclenchée, indique Manon Massé.

Violences sexuelles: Manon Massé propose le «modèle Philadelphie»

Environ 40 % des plaintes pour agression sexuelle sont jugées non fondées. Pour Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire, c’est beaucoup trop. Elle propose que le Québec s’inspire du «modèle Philadelphie» et accepte de rouvrir des dossiers.

En 1999, le service de police de Philadelphie est remonté cinq ans en arrière afin de revoir l’ensemble des plaintes pour viol qu’il avait reçues. Sur 2000 dossiers écartés, les autorités ont finalement trouvé 600 plaintes qui méritaient qu’une enquête soit enclenchée, indique Mme Massé.

La politicienne souhaite que le Québec s’inspire de ce «modèle», qui a ensuite fait école dans plusieurs autres villes et États chez nos voisins du Sud. L’objectif? Que les victimes fassent de nouveau confiance au système de justice. 

Mme Massé croit qu’il faut comprendre les «biais» qui amènent certaines plaintes à être rejetées, «pour être capable de corriger des plis ou des travers qui ont été développés par nos systèmes à travers le temps». 

Mme Massé verrait une équipe de superviseurs, d’enquêteurs, d’intervenants et d’avocates féministes réviser les dossiers. Pour le futur, Mme Massé propose qu’une équipe multidisciplinaire, composée «de professionnels formés aux rapports de pouvoirs» soit présente dans les postes de police afin d’accompagner la victime dans le dépôt de sa plainte. 

Trois autres mesures

Pour compléter son plan d’action pour lutter contre les violences sexuelles, la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques a présenté mardi trois autres mesures : la création d’un fonds d’aide aux victimes, le lancement d’une campagne de sensibilisation et d’éducation et l’utilisation de méthodes de justice alternative pour traiter les cas qui ne peuvent être portés devant la cour. 

Mme Massé parle de «microagressions», par exemple des blagues de mauvais goût, des regards insistants ou tout autre geste associé à la culture du viol. Mme Massé est consciente que cette expression «irrite» les gens, mais elle soutient que c’est parce qu’elle est «mal comprise». 

Selon elle, l’agression sexuelle, «c’est un crime qui n’est pas comme les autres, et donc ça nécessite des actions différentes, si on veut nous assurer que les femmes puissent effectivement recevoir justice.»

La députée croit que ses propositions pourront être débattues lors du forum sur les violences sexuelles, annoncé pour le mois de décembre par Hélène David, ministre responsable de la Condition féminine. «En matière d’agressions sexuelles, j’ai l’impression qu’il y a une ministre qui répond présente», se réjouit-elle.