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Véronique Hivon
Véronique Hivon

Ventilation des classes: le gouvernement a «les deux pieds dans le ciment», dénonce le PQ

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
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Le gouvernement doit profiter de la fermeture des écoles dans les zones «rouge foncé» pour apporter en priorité des mesures correctrices dans les classes où la qualité de l’air est mauvaise, réclame le Parti Québécois (PQ). Selon lui, le gouvernement a «les deux pieds dans le ciment» pour toutes les mesures qui pourraient améliorer la situation dans les établissements scolaires, principaux foyers d’éclosion de COVID-19 après les milieux de travail.

«On lui fait une demande très spécifique pour les écoles qui sont dans les zones rouge foncé, et donc qui sont fermées, de saisir la période de 10 jours qu’il a devant lui, minimalement, pour amener en priorité les mesures correctrices dans ces classes‑là, pour faire en sorte que, quand elles vont rouvrir, on va savoir qu’on est dans une meilleure situation, côté ventilation, qu’on l’était au début», a demandé la députée Véronique Hivon en point de presse, jeudi matin.

Plus tôt cette semaine, on apprenait que près de 50% des classes du Québec affichaient des concentrations de dioxyde de carbone (CO2) au-dessus de 1000 parties par million (ppm), la norme fixée en janvier par Québec. 

En mêlée de presse, mardi, alors qu’il commentait la publication par son ministère des résultats des tests de qualité de l’air réalisés dans près de 15 000 classes, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a dit considérer «acceptables» des résultats affichant un niveau de CO2 sous la barre des 1500 ppm, obtenus dans près de 90% des classes.

Jeudi, la députée de Joliette a de nouveau critiqué la «saga de la ventilation dans les écoles». 

«C’est absolument alarmant de voir que non seulement le protocole des tests n’était pas approuvé [par la santé publique] et qu’on n’ait pas fait un suivi adéquat de [l’application] de ce protocole-là qui déjà ne tenait pas la route, mais on a vu cette semaine qu’on avait finalement abaissé la règle qui nous avait été présentée au mois de janvier pour pouvoir mitiger les dommages, alors que 50% des classes ne passaient pas le test», a dénoncé la porte-parole du PQ en matière d’éducation, déplorant du même souffle le manque de transparence du ministère de l’Éducation, qui n’a pas rendu publics les résultats détaillés des tests pour chaque école.

«On a un premier ministre lui-même qui n’arrête pas de nous dire que le maintien des écoles ouvertes et l’éducation sont ses grandes priorités, mais le gouvernement a les deux pieds dans le ciment pour toutes les mesures qui pourraient améliorer les choses: la ventilation, les tests rapides, la distanciation», a dénoncé Véronique Hivon, qui estime que le gouvernement envoie «un message de nonchalance qui est absolument contre-productif sur la question de la ventilation». 

«C’est comme s’il envoyait le message que, finalement, la ventilation, ce n’est pas important, puis que tout va bien, Madame la Marquise. Comment peut-il tenir de tels propos quand, en ce moment, dans les trois zones rouges, toutes les écoles sont fermées, et que, dans le reste du Québec, on voit une augmentation jour après jour de centaines de classes supplémentaires qui sont fermées?» a demandé la députée Hivon.

Selon elle, il est «absolument essentiel» que le gouvernement revienne à sa norme de base de 1000 ppm et qu’il fasse en sorte que «toutes les mesures correctrices soient apportées de manière prioritaire» dans les zones où les écoles sont fermées en débloquant les budgets en conséquence pour les centres de services scolaires.

«Ce qu'on vise, dans nos classes, c'est des mesures de taux de CO2 avec une cible idéale, donc, de 1 000 ppm et en bas de ça. Et on n'a jamais dérogé de ça. J'ai été très, très clair lorsque j'ai rendu public le rapport final il y a maintenant 48 heures. J'ai simplement expliqué de manière très transparente les résultats qui ont été obtenus», s’est défendu le ministre Roberge pendant la période de questions de l’Assemblée nationale, jeudi.

À propos des locaux présentant des taux de CO2 situés entre 1000 et 1500 ppm (et qui représentent près de 40% des classes testées), le ministre de l’Éducation s’est néanmoins encore une fois dit d’avis que c’était «sécuritaire», bien que «pas idéal».

«Il y a des endroits où il y a des mesures correctrices à implanter, et c'est déjà commencé», a assuré Jean-François Roberge. 

Selon lui, son ministère est «très transparent».

«Tout le monde peut voir la façon dont les tests ont été faits. Le rapport est disponible, il est clair, avec plusieurs annexes, plusieurs informations. Et, dès le départ, quand on a envoyé les protocoles aux centres de services scolaires, on a envoyé aussi la directive de rendre compte à la communauté. Et chaque centre de services scolaire doit, et c'est la directive du gouvernement, rendre disponibles les résultats. Il n'y a pas de cachettes à faire, c'est important parce qu'il ne faut pas alarmer les gens», a-t-il déclaré.