La vente de ce qui est considéré comme l'une des plus vieilles maisons de Québec, où a été signée la capitulation de la ville de Québec aux Britanniques, a été critiquée par des élus français qui craignent que renoncer à ces locaux soit considéré comme «un désengagement de la France à l'égard du peuple québécois».

Vente du consulat général de France: des échos jusqu'à Paris

La mise en vente de l'immeuble du Consulat général de France dans le Vieux-Québec fait des vagues jusqu'à Paris. Des députés s'indignent de voir le ministère français des Affaires étrangères se départir du 25, rue Saint-Louis, en vente pour 3 millions $ depuis le 3 juillet.
Le gouvernement français a décidé de vendre l'immeuble appelé Maison du duc de Kent, propriété du consulat général depuis 1981. L'édifice de trois étages a été construit en 1648, ce qui en fait l'une des plus anciennes maisons de Québec.
Or, cette résidence à un jet de pierre du Château Frontenac est maintenant jugée mal adaptée à des activités consulaires et sa mise aux normes demanderait un investissement trop important, a tranché la Commission interministérielle chargée de déposer un avis sur les opérations immobilières de l'État à l'étranger.
«Ce bâtiment nécessiterait des travaux considérables et même en consentant cet investissement, il n'est pas adapté aux différentes fonctions du consulat», a indiqué au Soleil le consul général de France à Québec, Nicolas Chibaeff.
Indignation à Paris
Or, l'annonce de la mise en vente il y a trois semaines n'a pas plu à certains députés français qui l'ont dénoncé dans un communiqué.
«Cette maison fait partie du patrimoine historique du Québec, étant l'une des plus importantes de la ville et le lieu dans lequel a été signée la capitulation de la ville de Québec aux Britanniques en 1759», ont déclaré des élus français du groupe parlementaire France-Québec cités dans une dépêche de l'Agence France-Presse reprise notamment par Le Figaro.
Ils estiment que «renoncer à ces locaux chargés d'histoire» pourrait être interprété comme «un désengagement de la France à l'égard du peuple québécois».
Le député des Français d'Amérique du Nord, Frédéric Lefebvre, a pour sa part écrit mercredi au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour lui demander de renoncer à la décision de vendre l'immeuble de la rue Saint-Louis.
Locataire sur la Grande Allée
Le consul Nicolas Chibaeff réfute l'argument voulant que la vente de la Maison Kent envoie un message négatif sur l'attachement de la France à la capitale québécoise. Au contraire, dit-il, le consulat a déjà trouvé de nouveaux bureaux «plus accessibles et plus modernes» qu'il louera vraisemblablement dès l'été prochain.
Même si M. Chibaeff refuse de confirmer la future adresse, tout indique que, comme l'avançait le Journal de Québec le 14 juillet, il s'agirait du 500, Grande Allée Est, complètement rénové récemment. Ce nouveau domicile aura notamment l'avantage d'être plus facilement accessible et situé près du ministère des Relations internationales et du ministère de la Culture du Québec, de proches collaborateurs du consulat.
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En chiffres...
Adresse: le 25, rue Saint-Louis
1648: année de construction de ce qui est considéré comme l'une des plus vieilles maisons de Québec
1981: achat par le Consulat général de France à Québec
2,35 millions $: évaluation municipale
3 millions $: prix demandé