Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne.

Vente de 16 hélicos aux Philippines: nouvel examen demandé

Le gouvernement canadien s’inquiète qu’un dirigeant militaire des Philippines ait affirmé que les 16 hélicoptères construits au Canada que le pays veut acheter pourraient servir à des «opérations militaires de sécurité interne» et demande un nouvel examen de la transaction.

Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, en a fait l’annonce peu avant la période des questions, mercredi, alors que des organisations humanitaires et les néo-démocrates tiraient la sonnette d’alarme.

Lors d’une mêlée de presse dans le foyer de la Chambre, il a affirmé qu’à l’époque où le contrat entre Bell Helicopter et le gouvernement philippin avait été paraphé, en 2012, «les faits indiquaient» que les appareils devaient être utilisés à des fins de recherche et de sauvetage.

Mais à la lumière des propos d’un représentant de l’armée philippine «qui indiquaient autrement», le gouvernement a demandé à la Corporation commerciale canadienne, dont le mandat inclut la vente de biens militaires à d’autres pays au nom du gouvernement, de réévaluer le contrat, a-t-il dit.

Les Philippines sont dirigées d’une main de fer par un président autoritaire, Rodrigo Duterte, qui est accusé de diriger un régime qui bafoue les droits de la personne dans le cadre d’une croisade sanglante menée contre les narcotrafiquants.

Le major-général Restituto Padilla, chef des plans militaires des Philippines, a confié à Reuters que les hélicoptères seraient utilisés pour les «opérations militaires de sécurité interne», en plus des missions pour aider les sinistrés et faire des sauvetages.

Les hélicoptères sont construits dans une usine de Mirabel, dans les Laurentides, qui emploie 900 personnes. Le contrat est confidentiel, mais le gouvernement des Philippines aurait mis de côté près de 300 millions $ pour se munir de nouveaux appareils.

Justin Trudeau aux États-Unis

Le premier ministre Justin Trudeau a entamé mercredi une visite de quatre jours aux États-Unis.

Il visitera notamment des États «bleus» qui pourraient être plus réceptifs à ses positions concernant le commerce et l’environnement.

Les villes de Chicago, San Francisco et Los Angeles ont largement voté pour Hillary Clinton en 2016 et elles devraient former des bastions démocrates lors des élections de mi-mandat plus tard cette année.

Le premier arrêt de M. Trudeau, mercredi à Chicago, risque d’être houleux.

Des syndicats prévoient manifester près de l’Université de Chicago avant son discours, pour l’inciter à respecter sa promesse d’exiger des protections plus robustes pour l’environnement et les travailleurs au sein d’une nouvelle mouture de l’ALÉNA.

À San Francisco, M. Trudeau rencontrera plusieurs leaders du secteur technologique, dont le patron d’Amazon, Jeff Bezos.

À Los Angeles, il prononcera vendredi un discours vantant les bienfaits du libre-échange devant des dirigeants locaux, à la Bibliothèque nationale Ronald-Reagan.

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Un magazine indien accuse le Canada de complicité avec les terroristes sikhs

Moins de deux semaines avant la première visite de Justin Trudeau en Inde à titre de premier ministre, un magazine indien publie plusieurs articles qui accusent le Canada de complicité avec les terroristes sikhs.

Dans sa plus récente édition, le magazine Outlook publie des photos de M. Trudeau qui semblent avoir été prises lors du festival Baisakhi sur la colline parlementaire en avril 2016.

L’article affirme que le «sécessionnisme religieux sikh prend des proportions de politique officielle à Ottawa». Il ajoute que les policiers de l’État du Punjab ont arrêté quatre Canadiens pour «trafic d’armes et financement terroriste».

Le magazine publie au moins trois articles concernant les liens présumés entre le Canada et le mouvement indépendantiste sikh. On y retrouve notamment une entrevue avec le ministre en chef du Punjab, Amarinder Singh, qui en avril dernier a refusé de rencontrer le ministre canadien de la Défense Harjit Sajjan, le qualifiant de «sympathisant du Khalistan».

Le mouvement nationaliste sikh veut créer un pays indépendant qui porterait le nom de Khalistan au sein de la région du Punjab.

L’article accuse M. Trudeau d’avoir inclus des «sympathisants du Khalistan» au sein de son gouvernement et d’avoir permis aux mouvements séparatistes sikhs de s’épanouir. M. Singh affirme que des extrémistes sikhs ont acheté un pistolet-mitrailleur Uzi avec des fonds canadiens. Un autre article identifie quatre Canadiens sikhs qui seraient recherchés en Inde pour avoir fourni des armes et de l’argent aux terroristes dans ce pays.

L’avocat de la World Sikh Organization of Canada a qualifié ces allégations de «farfelues».

La visite de M. Trudeau vise à développer les liens économiques et culturels entre le Canada et l’Inde. Il semble avoir développé une bonne relation avec son homologue indien Narendra Modi, qu’il a rencontré plusieurs fois lors de sommets de puis deux ans.