Pour 28 apparitions à des événements s’étant tenus entre 2016 (photo) et 2020, Margaret Trudeau a touché environ 250 000 $.
Pour 28 apparitions à des événements s’étant tenus entre 2016 (photo) et 2020, Margaret Trudeau a touché environ 250 000 $.

UNIS reconnaît avoir versé des honoraires à la mère et au frère de Trudeau

OTTAWA — Des membres de la famille du premier ministre Justin Trudeau ont déjà été payés par UNIS, a reconnu l’organisme de charité, jeudi.

Celui-ci avait été choisi par le gouvernement fédéral pour gérer un programme de bourses de 900 millions $ visant à encourager les étudiants à faire du bénévolat. L’accord a été annulé la semaine dernière à cause de la controverse sur les liens entre M. Trudeau et l’organisme de bienfaisance de Toronto ainsi que son pendant à but lucratif, ME to WE.

UNIS a indiqué avoir versé environ 250 000 $ à la mère du premier ministre, Margaret, pour 28 apparitions à des événements liés à l’organisme de 2016 à 2020.

Le frère de M. Trudeau, Alexandre, lui, a reçu 32 000 $ pour huit événements. L’organisation qui les représente à titre de conférenciers a reçu des commissions supplémentaires.

Et Sophie Gregoire-Trudeau, la femme du premier ministre, a reçu pour sa part 1400 $ en 2012 pour une seule apparition, soit avant que Justin Trudeau soit élu.

La plupart des paiements sont venus de la composante à but lucratif de l’organisation, qui parraine la composante caritative, a déclaré UNIS.

«Justin Trudeau n’a jamais été payé par UNIS ou ME à WE pour des discours ou toute autre sujet», a souligné l’organisme.

M. Trudeau fait maintenant l’objet d’une enquête par le commissaire à l’éthique au sujet d’allégations de conflit d’intérêts potentiel lorsque le gouvernement a attribué le contrat à fournisseur unique à UNIS.

Le premier ministre a admis qu’il ne s’était pas récusé lorsque le conseil des ministres a approuvé l’entente.

Il a maintenu que c’est la fonction publique «non partisane» qui avait recommandé l’octroi du contrat à UNIS. Un porte-parole du ministre, Alex Wellstead, a déclaré jeudi que «les proches du premier ministre sont impliqués dans diverses organisations et soutenaient de nombreuses causes personnelles de leur propre chef.»

«Ce qui est important de se rappeler ici, c’est qu’il est question d’un organisme de bienfaisance qui soutient les étudiants. La Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant sert à donner des occasions aux jeunes pour qu’ils puissent contribuer à leur collectivité, et non pour les bénéfices de qui que ce soit d’autres», a ajouté M. Wellstead.

La nouvelle a fait bondir les partis d’opposition.

Si le député de Rosemont-La Petite-Patrie et chef adjoint du NPD, Aleandre Boulerice, a parlé d’un «manque de jugement», le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet, a demandé à M. Trudeau de se retirer provisoirement de ses fonctions.

«La nature des allégations, l’importance des sommes, l’apparence grossière de conflits d’intérêts et la possibilité d’enquêtes à caractère criminelle, font en sorte qu’il est impossible que le premier ministre continue à exercer sa fonction, a-t-il souligné. Le contexte ne permet pas une demande de démission, nous sommes en pleine pandémie. De façon temporaire, le premier ministre du Canada doit faire un pas de côté, se retirer et confié les commandes de l’État à la vice première ministre 1/8Chrystia Freeland3/8.»

Selon M. Blanchet, un premier ministre «a une obligation d’être au-dessus de tout soupçon 1/8et3/8 ce ne serait pas la première fois que le M. Trudeau échoue lamentablement au test de probité».

De son côté, le porte-parole conservateur en matière d’éthique, Michael Barrett, a réclamé la convocation immédiate du Parlement afin que la lumière puisse être faite dans ce dossier. «Tous les documents relatifs au contrat doivent être rendus publics. Chaque ministre du Cabinet doit dire s’il savait ou non que la famille du premier ministre a des liens financiers avec l’organisme UNIS quand ils ont approuvé cet important contrat. Les Canadiens méritent des réponses, et le premier ministre et son gouvernement doivent être tenus responsables», a-t-il déclaré par communiqué.