Le problème, selon la CAQ, est que les propriétaires doivent eux-mêmes débourser des sommes pour entamer l’installation.

Une résidence pour aînés sur deux sans gicleurs, dénonce la CAQ

Environ la moitié des résidences pour personnes âgées du Québec ne possèdent toujours pas de gicleurs contre les incendies. Leurs propriétaires n’en ont pas les moyens malgré la disponibilité de subventions, déplore la Coalition avenir Québec, qui réclame des assouplissements au programme.

La CAQ a demandé un décompte en octobre et a découvert que 926 résidences pour aînés peuvent compter sur des gicleurs alors que 902 n’en ont pas. La Régie du bâtiment du Québec leur donne jusqu’en 2020 pour s’équiper et le ministère de la Santé et des Services sociaux a prévu de l’aide financière pour les aider, après le tragique incendie de l’Isle-Verte qui a fait 32 victimes.

Mais l’argent est versé au compte-gouttes. À peine 1 165 990 $ sont engagés depuis la mise sur pied du programme en 2015, sur un budget prévu de 116 millions $. 

«Les modalités d’application posent problème. On demande aux petits propriétaires d’assumer la totalité du déboursé et ensuite la subvention vient trop tard, lorsque les travaux sont complétés. Elle s’échelonne sur cinq ans à deux versements par année», résume François Paradis, porte-parole en matière de santé et d’aînés pour la CAQ. 

Le député de Lévis a été sensibilisé par des propriétaires de résidences pour personnes âgées qui n’ont pas suffisamment de revenus pour payer les travaux qui coûtent en moyenne 50 000 à 200 000 $ et qui, pour les mêmes raisons, n’ont pas accès à des prêts auprès des institutions financières. 

Programme «trop sévère»

Bertrand Chabot, propriétaire de la Résidence familiale des aînés de Portneuf qui compte une dizaine de résidents, ajoute que «beaucoup de choses ne sont pas incluses dans la subvention», comme les frais d’architectes et d’ingénieurs par exemple. Dans son cas, l’installation de gicleurs est estimée à 68 000 $ et il pense récupérer moins que le tiers de cette somme, même si théoriquement ses dépenses devraient être remboursées à 60 %. 

«Tous les propriétaires sont d’accord pour les gicleurs. On trouve que le programme est trop sévère, qu’on enlève le droit à la sécurité des personnes âgées. On parle de la vie des gens, pas de patates en poudre!» s’exclame-t-il. 

Pour aider les uns comme les autres, la CAQ demande au gouvernement libéral d’accorder les subventions plus rapidement, en fait dès que les propriétaires ont en main des plans et devis signés par un ingénieur et qu’ils ont accepté la soumission d’un entrepreneur certifié. Des contrôles pourraient ensuite être effectués pour s’assurer que l’argent public soit bien investi. 

En entrevue dimanche après-midi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a accusé la CAQ de faire des «manoeuvres politiques», car le gouvernement mène des consultations depuis cet automne en vue d’une mise à jour du programme, qui sera annoncée en janvier.

M. Barrette n’a pas pu donner de détails sur cette mise à jour pour l’instant, mais il a assuré que tous les acteurs du milieu avaient été consultés. «Je vous dirais qu’on donne suite de façon très significative aux demandes qu’on nous a faites, on comprend la problématique», a-t-il indiqué.  Avec La Presse canadienne