Des parents ayant assisté à une rencontre avec Claire Samson sont toujours choqués par son attitude, qu’ils qualifient d’irrespectueuse, près d’une semaine après les faits.

Une rencontre qui tourne au vinaigre avec la députée Claire Samson

Des parents sont sortis outrés d’une rencontre tenue le 22 mars dernier à la garderie Les Contes Enchantés de Saint-Césaire avec la députée caquiste d’Iberville, Claire Samson. Selon ceux-ci, l’élue a fait preuve de condescendance à leur égard en plus de leur avoir manqué de respect, ce que la principale intéressée nie.

Toujours sous le choc près d’une semaine après les faits, certains parents ont communiqué avec La Voix de l’Est pour dénoncer l’attitude de la députée à leur endroit, qu’ils ont jugée irrespectueuse.

Selon Mélissa Robert, l’un des parents présents à la rencontre visant à témoigner de la réalité des garderies non subventionnées, Mme Samson aurait fait preuve de condescendance dès son arrivée à la garderie. « Dès le premier contact, il n’y a eu aucun sourire, aucune poignée de main », se souvient-elle, se disant « embarrassée » par l’échange.

« Tout de suite, elle s’est mise sur la défensive, confirme Renée Houle, propriétaire de la garderie Les Contes Enchantés. Elle n’avait pas de carnet pour prendre de notes et elle s’est présentée seule, sans attaché politique. »

« Elle était seule face à une dizaine de personnes. Je ne dis pas que c’était jovial et sympathique. Moi aussi, j’aurais peut-être été sur la défensive dans ces circonstances, reconnaît Jonathan Fortin, un père qui était présent. Ce que je déplore, c’est qu’il n’y a pas eu de preuve d’ouverture et de compréhension ni de volonté d’en faire preuve. »

Les choses ne se sont pas améliorées par la suite. « À la lecture de l’ordre du jour, Mme Samson a coupé Mme Houle en lui disant qu’elle n’avait qu’une heure avant de partir, alors il fallait faire vite », relève Mme Robert.

Puis, la députée a fait référence aux éducatrices en les appelant « vous, les gardiennes », ce qui a déplu aux intervenantes, dont les doléances ont été rapidement interrompues par l’élue qui leur aurait dit que si elle ne pouvait pas avoir droit de parole, elle quitterait immédiatement les lieux, ajoute la Césairoise.

« Elle menaçait de partir en disant que la discussion la mettait de mauvaise humeur, acquiesce Mme Houle. Elle a adopté un ton très arrogant et méprisant et n’a fait preuve d’aucune écoute tout au long de la rencontre. »

« Pas intelligents »

Mme Samson aurait affirmé que les parents n’avaient qu’à être « plus intelligents » avant d’inscrire leur marmaille dans une garderie privée qu’ils n’ont pas les moyens de se payer et de se tourner vers un centre de la petite enfance (CPE).

« Moi, comme j’ai des jumeaux, je ne suis pas parvenue à trouver un milieu familial qui acceptait deux poupons en même temps, et il n’y avait pas de place en CPE. Je n’ai pas eu le choix de les envoyer dans un milieu privé », témoigne Mélissa Robert.

La caquiste aurait également comparé son choix personnel de loger ses parents âgés dans une résidence privée plutôt que dans un centre d’hébergement de soins à longue durée à celui d’inscrire ses enfants en garderie privée, en disant que c’est aux parents de payer pour les services qu’ils souhaitent obtenir pour leurs enfants. Mme Samson aurait aussi fait allusion à sa Mercedes, qu’elle conduit pour son confort, alors qu’une voiture de marque Kia obtenue à titre de courtoisie lui aurait fait craindre pour sa sécurité sur les autoroutes.

« Les comparables utilisés n’étaient pas applicables à notre situation. Qu’on soit en milieu subventionné ou non, la prestation de services doit être la même, alors on n’en a pas plus pour notre argent en garderie privée », indique M. Fortin.

Une attitude que Renée Houle ne s’explique pas. « Elle a manifesté du mépris vis-à-vis les parents, qui venaient justement leur dire qu’ils n’avaient pas un libre choix, dans les circonstances », plaide-t-elle.

La propriétaire n’a d’ailleurs pas senti d’empathie de la part de l’élue. « On s’est donné le mandat de se rapprocher de nos députés pour parler de l’iniquité dans le réseau de la petite enfance », explique Mme Houle à propos de l’objectif de la rencontre du 22 mars.

« Pour nous, le réseau des maternelles quatre ans représente une importante perte de clientèle. Mme Samson a dit qu’on avait simplement à ramasser plus de deux et trois ans pour compenser, poursuit-elle. Le gouvernement actuel ne nous néglige pas, il nous ignore. »

« Ça a été comme ça tout au long de la rencontre. Une malheureuse rencontre », laisse tomber Mme Robert.

Une plainte au premier ministre

Même si elle n’était pas présente, Catherine Lussier, dont le fils fréquente Les Contes Enchantés, a pris sur elle d’envoyer une lettre de plainte au premier ministre François Legault pour rapporter la visite qu’elle qualifie de « désastreuse, insultante et franchement scandaleuse » en raison de « l’incivilité impressionnante » et « aberrante » de sa députée. [voir autre texte]

Quand on lui demande pourquoi elle a pris cette initiative même si elle n’a pas été elle-même témoin des faits reprochés à Mme Samson, Mme Lussier affirme qu’elle demeure insultée par les propos qui auraient été tenus par la députée. « Ils me sont aussi destinés, car j’envoie mon enfant dans une garderie (privée). Elle dit que des parents comme moi ne sont pas intelligents. J’ai trouvé cela hautain. »

« Un tel comportement est inadmissible de la part de nos élus, poursuit-elle. Un minimum de respect et de sensibilité aurait été apprécié. Cette femme n’aura plus jamais mon vote. »

Mélissa Robert abonde en ce sens. « Madame Samson a été élue par des gens comme moi qui avons pris le temps de voter. Je croyais que le travail d’un député était d’écouter ses citoyens, de discuter dans le respect avec eux. [Vendredi], je n’ai vu rien de cela. Jamais on ne m’a parlé avec autant de mépris », clame la citoyenne.

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