Martine Ouellet a soumis son projet de constitution d'un Québec indépendant, qui établit notamment que le français est la langue officielle du Québec et que l'État est laïc. 

Une monnaie canadienne, mais une armée québécoise pour Martine Ouellet

La monnaie canadienne serait conservée dans la «République du Québec» dessinée par Martine Ouellet, du moins dans une phase transitoire. Une armée québécoise verrait le jour dans ce nouveau pays.
Martine Ouellet affirme que son projet de constitution d'un Québec indépendant témoigne du fait qu'elle est la candidate de la clarté dans l'actuelle course à la direction au Parti québécois. Avec cette proposition, on sait où l'on va et comment y aller, a fait valoir Mme Ouellet en dévoilant, lundi, un texte intitulé «Constitution initiale de la République du Québec».
Du même souffle, elle a présenté sa question référendaire. Si elle devient chef du Parti québécois et que sa formation gagne les élections d'octobre 2018, les Québécois devront répondre par référendum à la question suivante :
«Acceptez-vous que le Québec devienne un pays souverain et indépendant suivant la Constitution initiale proposée par l'Assemblée nationale?»
Elle est «courte, simple et sans ambiguïté», a insisté Martine Ouellet en taclant ses adversaires péquistes. Ils ont «tassé» l'idée d'indépendance et adopté une stratégie de «perdants», a-t-elle déploré en faisant référence à Alexandre Cloutier, Véronique Hivon et Jean-François Lisée.
«Ils proposent tous un gouvernement provincialiste», a-t-elle dénoncé.
Continuité des lois
Le texte de constitution que propose Mme Ouellet compte 45 articles. Il prévoit l'abolition de la fonction de lieutenant-gouverneur. Le président de la République du Québec, qui deviendrait le chef de l'État, serait nommé par une majorité des deux tiers des députés de l'Assemblée nationale.
Concrètement, il jouerait le rôle qu'exerce le lieutenant-gouverneur puisque, comme aujourd'hui, c'est un premier ministre qui assumerait la gouverne des affaires.
C'est pour rassurer d'éventuels inquiets que Mme Ouellet propose de conserver la monnaie canadienne pendant au moins quelques années. C'est aussi pour cette raison que l'on trouve dans son projet de constitution un article sur les allocations fournies par le gouvernement canadien.
«Les pensions et allocations payables, y compris aux personnes âgées, continuent d'être payées par le gouvernement [du Québec] suivant les mêmes barèmes et conditions», peut-on lire dans le document.
L'égalité entre les femmes et les hommes serait aussi inscrite dans cette constitution initiale, tout comme le fait que l'État québécois est laïc et que le français en est la langue officielle.
Le projet n'oublie ni la protection de l'environnement ni les peuples autochtones. Ceux-ci se gouverneraient «de manière autonome sur les terres qui leur sont reconnues par traité ou par les tribunaux. Leurs droits historiques sur leurs terres traditionnelles» seraient reconnus.
Martine Ouellet évoque une éventuelle Union économique et monétaire, mais ne dit rien sur d'éventuelles institutions politiques communes avec le reste du Canada. Ce n'est pas le but du projet.
Notons qu'une «assemblée constituante» verrait à la rédaction d'une constitution définitive, laquelle devrait aussi définir le régime électoral d'un Québec souverain et créer des instances locales et régionales vers lesquelles des pouvoirs et des ressources financières seraient transférés.
Convergence
Le chef d'Option nationale, Sol Zanetti, n'appuie officiellement aucun candidat dans l'actuelle course à la direction au Parti québécois, mais il loue la clarté de Martine Ouellet et le travail qu'elle abat.
Il laisse entendre que Mme Ouellet serait la plus susceptible de faciliter une «convergence» avec son parti, si elle devait être élue chef du Parti québécois le 7 octobre.