Les électeurs qui voteront pour le PQ au prochain scrutin «acceptent» que la souveraineté sera à l'ordre du jour et qu'un référendum sera déclenché si elle le décide, a spécifié la chef péquiste, Pauline Marois, jeudi.

Une majorité signifierait que le PQ a les coudées franches vers un référendum, estime Marois

Si elle décroche une majorité, Pauline Marois considérera qu'elle a les coudées franches pour tenir un référendum sur l'indépendance si elle le juge opportun.
Les électeurs qui voteront pour son équipe au prochain scrutin «acceptent» que la souveraineté sera à l'ordre du jour et qu'un référendum sera déclenché si elle le décide, a bien spécifié la chef péquiste, jeudi.
Un gouvernement péquiste majoritaire mènerait à coup sûr une grande consultation sur «l'avenir de la nation» qui déboucherait sur un livre blanc. Pour le reste, la première ministre se réserverait la possibilité de peser ou non sur le bouton référendaire. «Je suis souverainiste, a répondu Mme Marois à la question d'un journaliste anglophone. Quand les gens votent pour moi et mon gouvernement, j'ai la possibilité de faire la souveraineté.»
Le «moment approprié» pour enclencher un processus référendaire serait jugé sur «des critères objectifs et des critères parfaitement subjectifs», a affirmé Mme Marois. «Ce serait sûrement le moment où on pense que les gens sont prêts à faire un tel débat et à se prononcer à nouveau sur l'avenir du Québec», a-t-elle précisé.
Tous les ministres du PQ ne semblent pas parfaitement au diapason avec leur chef quant à l'objectif de la consultation sur le livre blanc. Mme Marois maintient qu'il s'agit de faire le point sur l'ensemble des relations entre le Québec et le Canada. Elle s'est défendue de vouloir rédiger un «livre noir» du Canada. Le ministre Alexandre Cloutier croit quant à lui que l'exercice permettra de «mettre en relief les échecs du fédéralisme». Son collègue Pierre Duchesne estime que «le livre blanc, c'est se donner les plans du pays». Ils jugent que l'exercice fera la pédagogie de la souveraineté.
La première ministre est à l'aise avec l'idée d'injecter des fonds publics pour élaborer son livre blanc. Les libéraux ne se sont pas gênés pour mener eux-mêmes leurs propres études, argue Mme Marois.
Le coût de la consultation n'a pas été précisé. Son moment non plus. Ce pourrait être 2014, 2015 ou 2016, a évoqué la chef péquiste. L'exercice aurait des allures des travaux de la commission Bélanger-Campeau menée au début des années 90.
La première ministre entretient le flou sur le moment où les prochaines élections seront déclenchées. Mais elle se sent tout à fait justifiée de dissoudre la Chambre malgré l'adoption de la Loi sur les élections à date fixe en juin dernier. «Les avocats de mon gouvernement ont fait une évaluation de la situation et ils jugent que je peux prendre la décision», a dit Mme Marois. Selon elle, dans un contexte minoritaire, il serait injuste de laisser seulement aux partis d'opposition le pouvoir de plonger le Québec en élections en renversant le gouvernement. Ces derniers ont bloqué de nombreux projets de loi et menacent encore de voter contre un budget qu'ils n'ont pas encore vu, a noté Mme Marois.
La chef péquiste ne voit d'autre part aucun problème à lancer un appel aux urnes sans déposer son budget. Selon elle, la mise à jour économique et financière de l'automne donne une «base très solide d'informations» à l'électorat. «Les grands paramètres sont exactement les mêmes», soutient-elle. Mme Marois maintient qu'il est préférable d'encaisser un déficit de 2,5 milliards $ plutôt que de sabrer les dépenses et risquer de nuire aux services et à l'économie.
Par ailleurs, au terme de deux jours de caucus avec ses députés en Mauricie, la première ministre a aussi abordé les travaux qui reprendront dès mardi à l'Assemblée nationale. Les dossiers déjà engagés que le gouvernement espère faire cheminer comprennent le projet de loi Mourir dans la dignité, les consultations sur la charte des valeurs, le projet d'assurance autonomie et la politique jeunesse.
Hélicoptère : «Je le referais»
La première ministre Pauline Marois a défendu son utilisation d'un hélicoptère pour se rendre à Shawinigan cette semaine. «Parfois, j'utilise l'avion, parfois l'hélicoptère, souvent, c'est la voiture, a affirmé la chef du gouvernement québécois. Nous avions des réunions majeures à Montréal, c'était le moyen le plus rapide pour venir ici.» Les partis d'opposition ont critiqué l'utilisation trop coûteuse selon eux de ce moyen de transport. «Ça se compare au prix que nous payons quand nous prenons l'avion, s'est défendue Mme Marois. Je le referais compte tenu des circonstances. Quand c'est nécessaire, je crois qu'il faut être efficace, et c'est un moyen d'être efficace.»