Jean-François Lisée arbore sur son veston une épinglette du Parti québécois, plutôt que l'épinglette officielle remise aux députés pour chacune des législatures.

Une guerre des épinglettes fait rage à l'Assemblée nationale

Une guerre des épinglettes perdure depuis plusieurs semaines à l'Assemblée nationale : la Coalition avenir Québec (CAQ) accuse le chef péquiste Jean-François Lisée de violer le décorum parce qu'il «se pavane» avec une épinglette partisane en Chambre.
Le parti de François Legault s'impatiente et en a appelé à la présidence, qui n'a pas tranché. Ce sera plutôt au Bureau de l'Assemblée nationale (BAN) d'en débattre le 13 avril.
«Depuis quelques semaines, le député qui aspire à être premier ministre se pavane avec une épinglette du Parti québécois», a résumé le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, en entrevue avec La Presse canadienne.
Le député de Granby a reconnu que l'enjeu pouvait paraître «banal», mais selon lui, le choix des symboles n'est pas anodin et il craint les dérapages. Rien dans le règlement de l'Assemblée n'interdit le port de macarons ou d'épinglettes, mais la CAQ se réfère à la tradition, aux us et coutumes du Parlement. Il dit lui-même n'avoir jamais rien vu de tel en 10 ans de carrière politique.
Malaise généralisé
«Le chef de l'opposition transgresse le décorum», a poursuivi M. Bonnardel. «Est-ce que vous accepteriez demain que tous les députés arrivent avec une épinglette du Parti libéral ou de la CAQ, ou qu'on fasse un point de presse dans le hall du parlement avec les logos de la CAQ? Cela n'a aucun sens. Les gens s'attendent à ce que dans la maison du peuple nous défendions les intérêts de tous les Québécois», a-t-il ajouté.
Il soutient que le malaise est généralisé, sauf dans l'opposition officielle. 
Le Parti québécois affirme pour sa part dans un courriel n'avoir «pas reçu d'instructions particulières du BAN à ce sujet» et que l'enjeu n'y a pas été débattu.
Le leader de l'opposition officielle, Pascal Bérubé, avait défendu son chef en Chambre en faisant référence à une décision rendue par la présidence en 1990, qui statuait que le port d'un macaron ou d'une épinglette était permis pourvu qu'il ne soit ni offensant ni dégradant.