Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le président de l’UMQ, Alexandre Cusson

Une entente sur le profit du cannabis avant mars

L’Union des municipalités du Québec souhaite une entente avec le gouvernement Couillard sur le partage des profits de la vente du cannabis d’ici le 28 février.

Le président de l’UMQ, Alexandre Cusson, et le maire Régis Labeaume, ont profité de leur présence mardi à l’Assemblée nationale pour rappeler au gouvernement leur demande sur le partage des profits du cannabis.

«Entre Ottawa et les provinces, ça a pris trois semaines pour s’entendre. Pour nous, ça ne serait pas logique que ça prenne des mois», a déclaré M. Cusson.

Selon l’entente fédérale-provinciale de deux ans, Ottawa gardera 25 % de la taxe d’accise créée jusqu’à concurrence de 100 millions$ par année. Les revenus supplémentaires seront remis aux provinces. Le ministre des Finances du Québec estime que son gouvernement pourrait recevoir 60 millions $ par année. C’est sans compter l’argent qu’il engrangera avec la perception de la TVQ et les bénéfices de la Société québécoise du cannabis.

«Notre position est ferme. Nous voulons le tiers des revenus pour faire face aux dépenses qui existent et aux nouvelles qui seront engendrées. Nous voulons leur rappeler l’importance de s’entendre 

rapidement. Tant qu’on ne sait pas combien on va avoir, on ne peut pas savoir comment on va gérer ça», poursuit le président. 

«Si on adopte des règlements, si on doit acheter des appareils de détection, on ne peut pas faire ça le 28 juin. Présentement, il y a une colonne des dépenses, il faut une colonne des revenus. Actuellement, on a que de l’espoir», enchaîne M. Cusson.

Régler avant de réglementer

À ses côtés, le maire Régis Labeaume réitère qu’il veut régler la question de l’argent avant de réglementer les espaces publics où il sera possible ou non de consommer du cannabis.

«Pour réglementer, il faut savoir combien on va avoir. Le chef de police me dit que la loi donne la possibilité de posséder quatre plants. S’il y a une dénonciation parce que quelqu’un en possède cinq. Est-ce qu’il envoie deux policiers avec une autopatrouille pendant deux heures pour régler ça? Ça coûte cher. Pendant ce temps-là, il y a des problèmes ailleurs», illustre le maire. 

Aussi, les deux hommes réitèrent leur objection à un versement sur présentation de factures. «Nous voulons un mode de partage simple», insiste le président de l’UMQ, encouragé par son homologue de Québec. 

Sans dire qu’il s’agit d’un ultimatum, M. Cusson souhaite un règlement d’ici le 28 février. Ainsi, les municipalités profiteront des quelques mois qui les séparent de l’entrée en vigueur de la légalisation prévue en juillet pour encadrer la consommation sur leur territoire.