Nicolas Marceau, porte-parole péquiste en matière de finances et lui-même ex-ministre des Finances, est d'avis que le surplus budgétaire réalisé par les libéraux est la confirmation que la compression des dépenses gouvernementales a été «drastique». 

Un surplus budgétaire «niaiseux» à réaliser, selon Marceau

Il n'y a pas grand mérite à dégager un «surplus budgétaire record» grâce à une hausse du fardeau fiscal et des coupes aveugles dans les services à la population, estime le péquiste Nicolas Marceau.
Québec a publié la semaine dernière son rapport des opérations financières qui porte sur l'ensemble de l'année budgétaire 2015-2016. Selon une compilation de La Presse, le surplus final de 1,8 milliard $, sans compter le versement de 1,5 milliard $ au Fonds des générations, est le plus grand des 45 dernières années.
Un resserrement des dépenses gouvernementales et une hausse dans les revenus autonomes expliquent la capacité à dégager un surplus pour 2015-2016.
Le porte-parole péquiste en matière de Finances, lui-même un ex-ministre des Finances, ne voit pas là un accomplissement «très raisonnable». Tout ce qu'il lit dans le rapport est la confirmation que la compression des dépenses gouvernementales a été «drastique». «On peut regarder le chiffre ce matin et trouver cela très gros, affirme le député Marceau, maintenant leader parlementaire. Mais quand on y réfléchit bien, c'est un peu niaiseux de rétablir un budget en augmentant le fardeau fiscal de tout le monde et en coupant comme des fous. C'est niaiseux. N'importe qui peut faire ça.»
«Stratégie électorale»
Les réseaux de la santé et de l'éducation ont montré à répétition au cours des deux dernières années le prix à payer pour le coup de barre dans les finances publiques. M. Marceau évoque un «saccage» dans les centres de la petite enfance, dans les organismes de persévérance scolaire et de développement régional. Il estime que la croissance économique du Québec a souffert du régime minceur imposé par le gouvernement libéral. 
«Tout ça a été fait au service d'une stratégie électorale en vue d'une réélection en 2018, a affirmé M. Marceau. Après avoir coupé comme des fous, après avoir brisé tout sur le passage, ils vont qualifier de réinvestissement des montants qui ne seront souvent même pas un rétablissement des montants qui auraient dû être versés. Et ils vont nous jouer du violon. C'est la stratégie très simple.»
Mardi, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a affirmé sur Twitter qu'avec «toutes les annonces de dépenses des ministres du gouvernement Couillard, on se croirait revenu à l'époque de Duplessis». Il n'a pas été possible d'obtenir une entrevue avec la CAQ au sujet du surplus.
Le député solidaire Amir Khadir croit que le gouvernement a peint un faux portrait des finances publiques pour affaiblir les réseaux publics et favoriser la privatisation au profit des «amis du pouvoir». «Le mensonge de Philippe Couillard est parfaitement scandaleux et inadmissible», a dénoncé M. Khadir.
Le ministre des Finances, Carlos Leitão, n'était pas disponible non plus pour commenter.