Pour répondre aux besoins de la main-d'oeuvre, Québec prévoit investir 72 millions $ pour appuyer la formation continue et le développement des compétences des travailleurs.

Un plan de 300 M$ pour la main-d'oeuvre

Le taux de chômage n'a jamais été aussi bas au Québec. Une situation qui pose des défis cruciaux pour les employeurs qui s'arrachent les cheveux pour dénicher de la main-d'oeuvre qualifiée.
Dans son Plan économique, le gouvernement du Québec apporte un peu d'aide en promettant d'investir 290 millions $ au cours des cinq prochaines années pour répondre aux besoins de la main-d'oeuvre.
Il confirme des engagements pris, en novembre, au Rendez-vous national sur la main-d'oeuvre. 
La grosse part du gâteau - 179 millions $ - est consacrée à l'intégration des personnes immigrantes sur le marché du travail. 
Entre autres, le gouvernement annonce qu'il dépensera 104 millions $ pour permettre un meilleur accès à la francisation pour les immigrants. Pour assurer une meilleure coordination des efforts des différents ministères, il va mettre en place un «guichet gouvernemental unifié d'accès aux services de francisation».
Toujours à partir de l'enveloppe de 179 millions $ dédiée à l'intégration des personnes immigrantes sur le marché du travail, le gouvernement accorde 40 millions $ pour permettre l'acquisition d'expériences de travail au Québec et 23 millions $ pour favoriser l'accès à la reconnaissance des acquis et des compétences. Il va créer un «guichet unique québécois pour la reconnaissance des acquis et des compétences».
Par ailleurs, pour répondre aux besoins de la main-d'oeuvre, Québec prévoit investir 72 millions $ pour appuyer la formation continue et le développement des compétences des travailleurs, notamment en favorisant l'accès aux études à temps partiel en formation professionnelle et technique et en augmentant l'accessibilité à la formation continue et à la formation d'appoint.
Aussi, une cagnotte de 27 millions $ servira à épauler les entreprises dans la gestion de leur main-d'oeuvre et pour les accompagner pour l'embauche, l'accueil et le maintien en emploi des travailleurs. Québec veut notamment aider les entreprises à faire de la place pour les personnes handicapées au sein de leur organisation. 
Enfin, une somme de 10 millions $ sera utilisée pour faire la promotion des métiers les plus en demande. Une stratégie sera déployée pour faire connaître les métiers et les professions caractérisés par un manque criant de relève.
Pluie de dollars pour la recherche et l'innovation
Avec une marge de manoeuvre budgétaire retrouvée, le ministre des Finances, Carlos Leitão, entend faire pleuvoir les dollars au cours des cinq prochaines années pour stimuler la recherche et l'innovation et pour encourager les entreprises à sortir de l'argent de leur coffre-fort pour améliorer leur productivité et leur compétitivité.
D'abord, 830 millions $ en recherche et en innovation.
De cette enveloppe, 305 millions $ viseront à encourager l'innovation et la relève scientifique et à soutenir les activités des centres de recherche.
L'Institut national d'optique (INO) y trouve son compte. Un coup de pouce de 25 millions $. 
«Cette aide additionnelle lui permettra de poursuivre le développement de son expertise dans trois secteurs susceptibles de favoriser l'émergence de technologies prometteuses, soit la robotique avancée, l'Internet des objets et l'impression 3D», note le ministère des Finances.
L'enveloppe de 830 millions $ contient aussi 180 millions $ pour encourager la recherche et l'innovation dans les établissements d'enseignement supérieur, 117,5 millions $ pour mettre en oeuvre la stratégie des sciences de la vie dont le contenu sera dévoilé au printemps et 100 millions $ pour la création d'une «super-grappe» montréalaise en intelligence artificielle.
De l'air pour les entreprises
Estimant que le jeu en vaut la chandelle, Québec prolonge, jusqu'au 31 décembre 2020, le congé fiscal pouvant atteindre 15 % du montant de l'investissement pour les grands projets industriels.
Une mesure qui, selon le ministère des Finances, devrait favoriser la réalisation de projets totalisant des investissements d'une valeur de 8 milliards $, créer plus de 12 000 emplois directs et indirects et générer 2,4 milliards $ en retombées fiscales.
Dans la même veine, Québec instaure une déduction additionnelle de 35 % pour amortissement afin d'appuyer la modernisation des entreprises par l'adoption du virage numérique.
Au grand total, les mesures d'aide aux PME dans le budget 2017-2018 atteignent 620 millions $. Depuis juin 2014, ces gestes se traduisent par un soutien financier aux PME totalisant 3,8 milliards $.
«Les allègements fiscaux permettront de réduire le fardeau fiscal des PME des secteurs primaire et manufacturier à un niveau similaire à celui de l'Ontario», fait valoir le ministère des Finances.
Coup de pouce à l'entrepreneuriat et au financement des entreprises
Pour démarrer de nouvelles entreprises, il faut des volontaires. Et ces volontaires, il faut les aider et leur donner les moyens de réaliser leur rêve. 
Le budget 2017-2018 prévoit une cagnotte de 440 millions $ - et une kyrielle de mesures - sur cinq ans pour soutenir l'entrepreneuriat et contribuer davantage au financement des entreprises.
Québec présentera prochainement un nouveau plan d'action en entrepreneuriat. Il y consacrera 70 millions $. 
Jeunes pousses
Ce plan visera à accroître les compétences entrepreneuriales des Québécois, à stimuler des vocations de chef d'entreprise chez les jeunes, les femmes et les immigrants, à favoriser le mentorat et à augmenter le nombre d'incubateurs et d'accélérateurs pour les jeunes pousses prometteuses sur le territoire.
Pour favoriser le démarrage et la croissance d'entreprises innovantes, le gouvernement prévoit des sommes additionnelles de 122,4 millions $.
Entre autres, le ministre des Finances annonce qu'il ajoutera 7,5 millions $ pour accroître la capitalisation du Fonds InnovExport qui a pignon sur rue à Québec. La capitalisation de ce fonds de capital de risque passe à 45 millions $.
À noter
290 M$ pour le développement et la formation de la main-d'oeuvre*
830 M$ pour stimuler la recherche et l'innovation *
440 M$ pour l'entrepreneuriat et le financement des entreprises *
* Des mesures prises sur une période de cinq ans
Ce qu'ils ont dit...
«Les réinvestissements annoncés sont loin de réparer près de trois ans de mesures d'austérité. C'est sur le dos du monde qu'ont été obtenues les marges de manoeuvre qui permettent au gouvernement d'accroître les dépenses dans ce budget.»
Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux
«Le gouvernement propose une croissance des dépenses dans la fonction publique nettement insuffisante pour maintenir des services publics de proximité. Par exemple, le ministère des Transports ne pourra regagner son expertise avec suffisamment d'ouvriers et de techniciens, notamment pour reprendre le contrôle sur le déneigement.»
Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec
«Même si nous aurions espéré en voir un peu plus du côté des baisses d'impôt aux PME, le gouvernement maintient le cap sur les réductions au Fonds de service de santé (FSS), une importante taxe sur la masse salariale, ce qui est une bonne chose. Les cotisations au FSS continuent de baisser avec constance, devant générer des économies de 129 millions $ cette année et de 761 millions $ au cours des quatre années suivantes.»
Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante
«On sait qu'à Québec la rareté de main-d'oeuvre est le frein principal au développement de nos entreprises à fort potentiel de croissance. Il faudra mettre encore plus d'efforts afin de répondre à leurs besoins. Les montants accordés pour le recrutement et la rétention des travailleurs ne sont pas encore à la hauteur des besoins des PME.»
Alain Aubut, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec