Un organisme pour la promotion des femmes en politique pris à partie

OTTAWA — Une organisation qui consacre ses énergies à soutenir les femmes en politique a remercié trois employées issues de minorités culturelles, la semaine dernière, ce qui a provoqué des démissions et une campagne dans les médias sociaux remettant en cause son engagement en faveur de la diversité.

L'organisme À voix égales a vu quatre membres de son conseil d'administration démissionner récemment, alors que des jeunes femmes soutiennent dans les médias sociaux qu'elles ont vécu des expériences négatives au sein de cette organisation.

Certains de ces récits ont été racontés par de jeunes déléguées à la conférence «Héritières du suffrage», qui a réuni sur la colline du Parlement ce printemps 338 jeunes femmes - une de chaque circonscription fédérale.

Les trois jeunes femmes congédiées - Shanese Steele, âgée de 26 ans, ainsi que Cherie Wong et Leila Moumouni-Tchouassi, âgées de 23 ans - se disent toutes issues de minorités culturelles. Elles ont été licenciées de leur poste au bureau national de l'organisation, à Ottawa, après des mois de tensions et de problèmes avec la direction. Dans un message sur les médias sociaux, juste avant leur licenciement, elles venaient de traiter leur directrice - sans la nommer - d'«ignorante colonialiste blanche».

Eleanor Fast, directrice générale d'À voix égales, a refusé de commenter un dossier interne de ressources humaines, mais elle a assuré que «les récents changements de personnel n'avaient rien à voir avec la race, l'ethnie ou la religion».

Militantisme mal vu?

À voix égales travaille en étroite collaboration avec tous les partis et reçoit son financement de grandes entreprises, du mouvement syndical et d'autres sources. L'organisme a également reçu 3,8 millions $ de Condition féminine Canada pour un projet visant à élargir les possibilités de leadership des jeunes femmes en politique.

Lors de l'événement «Héritières du suffrage», en avril, des dizaines de jeunes femmes avaient tourné le dos au premier ministre Justin Trudeau, qui venait leur parler dans l'enceinte de la Chambre des communes. D'autres sont parties au moment où le chef conservateur Andrew Scheer a pris la parole.

Selon le site d'actualités National Observer, plusieurs des jeunes femmes qui avaient pris part à ces bravades ont affirmé que l'organisme À voix égales ne les avait pas soutenues par la suite - et qu'il avait même été hostile face à leur geste de défiance aux Communes.

Certains se demandent maintenant si À voix égales peut continuer à concilier le soutien à toutes les femmes en politique - quelle que soit leur idéologie - et la prise de position sur des sujets d'actualité comme l'immigration. Mme Fast a déclaré qu'elle ne voyait pas de conflit.