En Alberta, des partisans célèbrent la victoire du parti conservateur de Jason Kenney.

Un gouvernement majoritaire pour Jason Kenney en Alberta

EDMONTON - Le Parti conservateur uni (PCU) de Jason Kenney formera un gouvernement majoritaire en Alberta.

Le PCU s’est forgé une avance rapidement, mardi soir, dans des résultats préliminaires aux élections en Alberta, tandis que le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Rachel Notley maintenait ses acquis à Edmonton.

Le PCU menait dans les circonscriptions rurales un peu partout dans la province et dans certaines circonscriptions à Calgary.

M. Kenney conserve son siège à Calgary-Lougheed. Il s’agissait des premières élections provinciales générales pour M. Kenney, un ancien ministre fédéral dans le gouvernement de Stephen Harper.

Dans son discours de victoire, M. Kenney a déclaré que la province était «ouverte aux affaires» («open for business»).

Il a affirmé que son gouvernement comptera les impôts les plus bas au Canada et qu’il réduira la bureaucratie.

M. Kenney a affirmé que son gouvernement se tiendrait debout pour l’Alberta. Il a soutenu que la province a été la cible d’intérêts financés à l’étranger qui souhaitent faire obstruction à l’industrie pétrolière albertaine.

Alors que certains médias anticipaient la victoire du PCU, le chef conservateur fédéral Andrew Scheer a félicité «son ami» M. Kenney sur Twitter. «Je suis impatient de travailler avec le premier ministre Kenney et le nouveau gouvernement pour aider les Albertains à retourner au travail!», a-t-il écrit.

M. Scheer a fait campagne avec M. Kenney contre ce qu’ils appelaient l’»alliance Trudeau-Notley», soutenant que la chef néo-démocrate et le premier ministre libéral fédéral étaient des alliés contre la bonne marche de l’industrie pétrolière.

En 2015, le NPD de Rachel Notley avait causé la surprise en mettant fin aux 44 années de règne des progressistes-conservateurs.

Cette fois-ci, les progressistes-conservateurs n’existent plus.

Le PC a fusionné avec un autre parti de centre droit, le Wildrose, pour former le Parti conservateur uni.

Mme Notley devient la première chef de la province à ne pas obtenir un deuxième mandat à sa première tentative. Elle a conservé son siège dans la circonscription d’Edmonton-Strathcona.

Dans son discours en fin de soirée, Mme Notley a promis de continuer à se battre, à titre de chef de l’opposition, pour la voie progressiste en Alberta.

La campagne de quatre semaines a été axée sur les attaques personnelles et sur la fragile économie de l’Alberta, qui souffre depuis plusieurs années des faibles prix du pétrole et d’un taux de chômage supérieur à 7 pour cent à Calgary et à Edmonton.

M. Kenney a fait valoir que le gouvernement Notley avait aggravé la situation en augmentant les impôts, en augmentant la réglementation et en augmentant le salaire minimum.

Mme Notley, quant à elle, a déclaré que le projet de M. Kenney de geler les dépenses et de rechercher davantage d’options de soins privés dans le secteur de la santé aurait un impact profond sur les étudiants et sur les patients en attente de soins.

Le Parti de l’Alberta et le Parti libéral de l’Alberta, qui avaient chacun élu un candidat à la législature en 2015, ne semblaient pas en voie d’avoir une présence à l’assemblée législative.

Le Parti de l’Alberta, dirigé par l’ancien maire d’Edmonton, Stephen Mandel, présentait des candidats dans toutes les circonscriptions. Il promettait d’être le juste milieu centriste en combinant le conservatisme économique du Parti conservateur uni avec le progressisme social du NPD.

APPEL AU QUÉBEC

Jason Kenney a appelé le Québec à aider sa province à «développer ses ressources naturelles et son économie».

Alternant entre l’anglais et le français pour une petite partie de son discours de victoire, le chef du Parti conservateur uni a dit avoir «énormément de respect pour (le) premier ministre François Legault».

«J’admire que son gouvernement a décidé de mettre l’accent sur la croissance économique et se soit engagé à éliminer la dépendance du Québec envers la péréquation», a-t-il déclaré en français.

Il a soutenu que le Québec et l’Alberta, des «alliés naturels», devaient être des partenaires.

«La question est simple: est-ce que les Québécois veulent du pétrole éthique, ou celui plutôt des États-Unis et des dictatures étrangères? Poser la question est y répondre. Alors j’aimerais dire ceci à tous les Québécois et au premier ministre Legault: quand l’Alberta est blessée, il nous faut travailler ensemble», a fait valoir l’ancien ministre libéral.

«Si le Québec et les autres provinces veulent accepter les transferts fiscaux massifs provenant de l’Alberta, alors svp aidez-nous à développer nos ressources naturelles et notre économie», a-t-il dit en français.