Le président du caucus multipartite et député libéral de la circonscription de Hull-Aylmer, Greg Fergus, a raconté que le discours de M. Trudeau était l'aboutissement d'un long travail de lobbying associant des politiciens de différents partis, des conseillers politiques et des organisations populaires.

Un député libéral déplore la lenteur de son gouvernement contre le racisme

OTTAWA — Les efforts du gouvernement fédéral pour s'attaquer aux problèmes systémiques touchant les Noirs canadiens semblent stagner un an après que le premier ministre eut soulevé l'enjeu, a déploré le chef du caucus noir du Parlement, exprimant ainsi ses frustrations devant la lenteur des changements.

Il y a un an, Justin Trudeau avait affirmé qu'il était temps que les Canadiens reconnaissent que le racisme et les préjugés inconscients contre les personnes noires existent dans leur pays.

Le président du caucus multipartite et député libéral de la circonscription de Hull-Aylmer, Greg Fergus, a raconté que le discours de M. Trudeau était l'aboutissement d'un long travail de lobbying associant des politiciens de différents partis, des conseillers politiques et des organisations populaires.

M. Fergus pensait à l'époque que ce discours marquerait un changement dans la manière dont le gouvernement fédéral interagissait avec les communautés noires. Au lieu de cela, a-t-il déploré, la bureaucratie ne semble pas avoir réagi.

«Je pensais qu'une fois que le premier ministre le dirait, tout le système répondrait, mais j'ai découvert à quel point je me trompais, a-t-il reconnu lors d'un sommet national, dimanche. S'il n'y a pas de participation de la fonction publique - si la fonction publique ou l'appareil gouvernemental, ne reflète pas la diversité du pays et ne voit pas que la communauté noire est importante et qu'il faut s'en occuper - alors c'est comme la pelouse artificielle, on la voit d'en haut, mais il n'y a pas de racine.»

Organisé par la fondation de l'ancienne gouverneure générale Michaëlle Jean, le Sommet pancanadien des communautés noires s'est déroulé pendant tout le week-end.

L'objectif de la rencontre était de mettre en contact différents groupes afin de mobiliser les 1,2 million de Noirs canadiens pour faire pression sur les politiciens à l'aube des élections fédérales de l'automne.

Les commentaires de M. Fergus ont mis en lumière les frustrations exprimées lors du sommet concernant les efforts fédéraux, sous l'égide de la Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine de l'ONU, pour supprimer les obstacles systémiques en matière de lois, de services et de logement pour les communautés noires.

M. Fergus a laissé entendre que son expérience de l'année dernière démontre que le lobbying n'est pas un événement ponctuel, mais nécessite un effort constant.

Les libéraux ont promis 19 millions $ sur cinq ans pour la santé mentale et des programmes pour les jeunes destinés aux communautés noires, et 23 millions $ supplémentaires sur deux ans, notamment pour une stratégie antiraciste plus vaste.

Les élections sont une chance d'amplifier la voix des Canadiens de race noire, a souligné Richard Picart de la Fédération des Canadiens noirs.

«Cette communauté, ma communauté, devient plus active politiquement. Il devient de plus en plus difficile d'ignorer l'éléphant noir dans la pièce.»

Une journée de lobbying est prévue lundi, au cours de laquelle des dizaines de représentants participant au sommet rencontreront des ministres et des députés pour formuler des demandes précises et faire entendre leur voix dans le débat politique.

«Le message est que rien ne peut arriver sans nous. Nous sommes présents. Nous sommes présents et nous devons être pris en compte, a déclaré Mme Jean. Nous disons que nous sommes ici et qu'on doit écouter ce que nous apportons aux discussions.»