Le chef libéral Phillipe Couillard lors de son passage à Saint-Félicien

Un choix entre deux modèles de société, dit Couillard

Les Québécois choisiront entre deux modèles de société lors des prochaines élections générales au Québec : l'un fondé sur l'inclusion, l'autre sur l'exclusion, soutient Philippe Couillard.
Le modèle du gouvernement Marois, révélé par le projet de charte de la laïcité, pourrait nuire à l'immigration de jeunes familles au Québec, ainsi qu'aux investissements d'entreprises étrangères sur le territoire québécois, selon le chef du Parti libéral du Québec.
«Nous ne sommes pas en Europe. Nous sommes des Nord-Américains et nous fonctionnons dans le contexte nord-américain», a-t-il postulé, mardi, en marge d'une réunion de l'aile parlementaire de son parti à Saint-Félicien.
«La diversité chez nous n'est pas une menace. Elle fait partie de l'histoire de l'Amérique du Nord.» Elle est une réalité grandissante et nécessaire sur le plan économique, a-t-il insisté.
Or, la façon dont cette diversité est et sera gérée - «comme source de tension et de division ou comme un actif et une source de prospérité?» - fait partie des facteurs que des investisseurs et des candidats à l'immigration évaluent, dit-il.
Le projet de loi 60 du ministre Bernard Drainville «est largement basé sur l'humiliation et la peur», a attaqué plus directement le chef de l'opposition officielle. Il prévoit interdire le port de signes religieux ostentatoires dans les entités étatiques de l'État québécois.
«Combien de congédiements y aura-t-il dans nos hôpitaux, nos écoles, nos centres de la petite enfance et dans les municipalités si ce projet très divisif est appliqué?»
Appuis grâce au crucifix
Les libéraux veulent mettre l'accent sur les finances publiques, l'économie et l'emploi. Car, «avec une économie forte, on peut mieux soigner les gens, mieux éduquer les enfants, mieux développer notre société», a fait valoir Philippe Couillard.
Mais les libéraux refusent d'abandonner tout le terrain identitaire au gouvernement du Parti québécois. La décision de maintenir le crucifix au Salon bleu de l'Assemblée nationale est d'ailleurs taillée sur mesure pour décrocher le vote francophone en région, affirment des députés.
Elle peut représenter davantage «d'appuis dans les comtés ruraux», estime le député de Maskinongé, Jean-Paul Diamond.
Bien sûr que ce choix «va aider» le Parti libéral du Québec en région, a renchéri Henri-François Gautrin.
Pour Gilles Ouimet, maintenir le crucifix au-dessus du fauteuil du président de l'Assemblée nationale, c'est préserver le patrimoine québécois. C'est également ainsi que Philippe Couillard voit les choses.
Le projet de loi 60 n'a pas tranché la question de la place du crucifix au parlement québécois. Le gouvernement a indiqué qu'elle le sera par l'ensemble des 125 députés.
La réunion des libéraux se déroule dans la circonscription de Roberval, où entend se présenter Philippe Couillard lors du prochain scrutin général.
Sauver les emplois d'Alcoa
Philippe Couillard appelle la première ministre Pauline Marois à sauver les 3300 emplois d'Alcoa au Québec. «Les travailleurs d'Alcoa ont besoin de savoir qu'on ne ferme pas la porte à des discussions sur la compétitivité», quitte à ce qu'on réévalue à la baisse les tarifs d'électricité consentis au géant mondial de l'aluminium, a dit le chef libéral, mardi.
Alcoa possède trois alumineries dans la province. En marge d'une réunion de son caucus à Saint-Félicien, M. Couillard a par ailleurs rencontré des représentants d'employés mis en lock-out en mars 2013 par la Corporation des concessionnaires automobiles au Saguenay-Lac-Saint-Jean.