Des hommes armés, dont l'uniforme ne porte aucun signe distinctif, mais assimilés à l'armée russe, selon des observateurs, bloquaient l'accès à des gardes-frontière ukrainiens, dans le village de Perevalne, près de Simféropol, dimanche.

Ukraine: des Québécois inquiets pour leurs proches

«Si l'armée russe rentre, ça va être l'enfer. On ne sait pas ce qu'il y a dans la tête de [Vladimir] Poutine, mais on espère qu'il va avoir l'intelligence de ne pas le faire.»
Viktor Pravednyy lit tous les jours ce que les médias russes et ukrainiens rapportent sur son pays natal. Originaire d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine, il s'inquiète énormément pour sa famille, qui vit toujours dans cette ville portuaire au bord de la mer Noire. «Ça me préoccupe énormément. Mes parents encore sont là, ainsi que deux de mes frères. On aimerait qu'ils viennent nous rejoindre, mais il n'y a rien à faire parce que les ambassades sont fermées», raconte celui qui s'est installé à Québec il y a cinq ans, après avoir rencontré une Québécoise.
Le jeune père de famille, qui travaille dans les services financiers, déplore que le président russe vienne perturber la situation dans son pays d'origine. «Il n'y a pas de tension entre les Russes et les Ukrainiens, autant ici que là-bas, témoigne M. Pravednyy. Moi-même, ma mère est de nationalité russe. Il n'y a pas de différence, c'est le même peuple, la même culture et la même religion. Le problème, c'est que Poutine aimerait avoir plus de contrôle sur l'Ukraine et la mer Noire pour des raisons stratégiques.»
Maxime Lacasse, lui, a vécu pendant deux ans et demi en Ukraine, avant de revenir à Québec avec sa femme, Olga Diachuk, pour poursuivre ses études. «Quand nous avons quitté en septembre, il n'y avait aucun signe qui laissait entrevoir ce qui arrive aujourd'hui. Les manifestations ont débuté de façon tout à fait pacifique en décembre et c'est seulement à partir de la mi-février que ça a commencé à s'aggraver.»
Si ses beaux-parents vivent à Sarny, au nord du pays, où la situation est encore calme, M. Lacasse dit vivre «un mélange d'inquiétude et de frustration» pour ses proches, dont certains habitent à Kiev, la capitale. «Lorsque je parle à mes amis en Ukraine, j'ai envie de leur dire : Ne sors pas de chez toi, reste à la maison et prends soin de toi. Mais les gens ne peuvent pas s'arrêter de vivre, le monde continue de tourner. C'est sûr qu'il y a toujours moyen d'éviter le centre-ville, où la situation est plus critique, mais ça reste inquiétant quand même.»