Quelques centaines de manifestants ont déambulé dans le calme autour de l'ambassade américaine mercredi après-midi à Ottawa. La manifestation qui s'annonçait pacifique a voulu dénoncer les courants suprémacistes blancs et le racisme sous toutes ses formes.

Trudeau songe à permettre le travail aux demandeurs d'asile

Ottawa et Québec étudient la possibilité de délivrer des permis de travail temporaires aux demandeurs d'asile, en attendant que leurs statuts soient déterminés.
Ils sont quelques milliers, surtout des Haïtiens, à avoir traversé la frontière en provenance des États-Unis et le traitement de leurs demandes d'asile se fera le plus rapidement possible, a promis Justin Trudeau. D'après M. Trudeau, des permis de travail temporaires pourraient être une solution à court terme.
«C'est une possibilité qu'on espère pouvoir voir», a révélé le premier ministre, lors d'un point de presse qu'il a tenu à l'issue d'une réunion du groupe de travail intergouvernemental sur la migration irrégulière, à Montréal.
«Nous savons que de pouvoir offrir des permis de travail, même temporaires, à des gens pour [qu'ils puissent] développer un peu moins de dépendance sur le système et [sur] le processus de soutien temporaire, ça peut être très positif», a avancé M. Trudeau.
Et puis, il a répété que la situation est maîtrisée. «On est en train d'augmenter de façon significative le débit pour évaluer ces dossiers-là», a-t-il répété.
À son avis, la façon dont les autorités gèrent l'afflux de migrants entrés illégalement à la frontière canado-américaine renforce la confiance qu'ont les Canadiens dans le système, et par le fait même, rend les citoyens plus accueillants pour les migrants.
Pendant ce temps, à Ottawa, l'opposition reproche au gouvernement libéral sa gestion de la crise des demandeurs d'asile à la frontière américaine.
Les conservateurs accusent Justin Trudeau d'avoir créé une situation intenable pour le système de protection des réfugiés.
«Faux espoirs»
La députée Michelle Rempel reproche au premier ministre d'avoir donné de «faux espoirs» aux migrants avec son gazouillis «irresponsable» publié en janvier, peu de temps après la tentative du président américain Donald Trump d'interdire l'entrée aux États-Unis de ressortissants de pays à majorité musulmane. Justin Trudeau avait alors écrit que le Canada accueillerait ceux qui «fuient les persécutions, la terreur et la guerre», peu importe leur religion.
«Le gouvernement libéral doit reconnaître qu'il a créé cette situation de toutes pièces et doit changer son message», a affirmé la députée Michelle Rempel en conférence de presse, mercredi à Ottawa. «C'est sa responsabilité», a-t-elle insisté.
De leur côté, les néo-démocrates ont envoyé une lettre au ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen, lui demandant plus de ressources pour traiter les demandes d'asile. La députée Jenny Kwan est également revenue à la charge en réclamant qu'on retire le statut de pays sûr aux États-Unis.
«Les événements [...] à Charlottesville, en Virginie, qui ont mis au jour des mouvements anti-immigration et suprémacistes blancs à un niveau jamais vu en Amérique du Nord depuis plus d'une génération, augmentent de façon indéniable l'insécurité pour les personnes de couleur, et remet davantage en question la notion simpliste selon laquelle les États-Unis demeurent une destination sûre pour les demandeurs d'asile», a écrit Mme Kwan.
La néo-démocrate a, elle aussi, rappelé le gazouillis de janvier du premier ministre, pour souligner une contradiction entre ce message et celui véhiculé par le gouvernement depuis l'arrivée de nombreux Haïtiens, venus des États-Unis pour demander l'asile.
«Nombreux sont ceux qui se demandent maintenant si le premier ministre voulait vraiment passer de la parole aux actes, ou s'il se satisfaisait plutôt de la forte augmentation de l'attention internationale et des louanges qui venaient avec celle-ci?».