Le premier ministre Justin Trudeau s'est engagé, hier à Sherbrooke, à accélérer le processus pour la voie de contournement à Lac-Mégantic.

Trudeau questionné sur Lac-Mégantic

De passage à Sherbrooke pour une assemblée publique, mardi soir, le premier ministre Justin Trudeau s'est fait questionner sur les oléoducs, les réfugiés, mais aussi sur la voie de contournement à Lac-Mégantic, un projet cher à la municipalité qui a perdu 47 de ses résidents dans une catastrophe ferroviaire en 2013.
«On vit quand même une situation que je considère humanitaire. Il y a une détresse actuellement à Lac-Mégantic, et c'est documenté dans la santé publique. Ça fait quatre ans que ça perdure cette situation-là. On ne comprend pas pourquoi ça prend tant de temps», a exposé Robert Bellefleur, qui est le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic.
M. Bellefleur a été chaleureusement applaudi par les centaines de citoyens réunis au manège militaire pour l'événement.
«Je suis d'accord que c'est quelque chose qu'on devrait vraiment faire [...] Ce que je me suis engagé à faire, avec le ministre [Marc] Garneau, c'est d'accélérer autant que possible le processus pour arriver à vous aider», a répondu le premier ministre.
«C'est une tragédie abominable qui s'est passée chez vous. Je suis allé visiter une couple de fois et on le sent quasiment physiquement la détresse qui continue. Je comprends à quel point c'est important pour vous cette voie de contournement», a-t-il souligné.
Justin Trudeau doit d'ailleurs rencontrer le maire de Lac-Mégantic, Jean-Guy Cloutier, mercredi matin.
Un autre citoyen qui ne s'est pas identifié a dit qu'il était «très ému» d'entendre le premier ministre prendre cet engagement.
Immigration
M. Trudeau a reçu aussi plusieurs questions sur l'immigration et l'accueil des réfugiés.
Entre 2015 et 2016, Sherbrooke a reçu 376 des 7431 réfugiés arrivés au Québec, selon les derniers chiffres du ministère de l'Immigration. Mis à part les grands centres comme Montréal, Laval et Québec, Sherbrooke est la ville qui en a accueilli le plus dans la province.
«Nous avons des difficultés à servir nos clients parce que nous avons de la difficulté à entrer en communication avec nos fonctionnaires», a expliqué une responsable d'un organisme venant en aide aux immigrants.
Elle a donné l'exemple d'une famille syrienne qui éprouve des difficultés parce qu'il y a une faute d'orthographe dans leur nom inscrit sur leur carte de résidence permanente.
M. Trudeau a admis que l'accueil massif des réfugiés au Canada avait entraîné plusieurs «défis» pour le ministère de l'Immigration, «qui ne fonctionne pas à la hauteur depuis plusieurs années».
«C'est une chose de pouvoir accueillir les gens, c'est une autre chose entièrement de bien les accompagner, de bien les aider à s'intégrer», a-t-il ajouté.
Il a reçu aussi quelques témoignages de reconnaissance de la part de nouveaux arrivants. «C'est comme un rêve qui se réalise de vous rencontrer. C'est mon rêve de prendre un autoportrait avec vous», a témoigné un immigrant d'origine afghane.
Trump
M. Trudeau s'est aussi prononcé une fois de plus sur son futur interlocuteur de la Maison-Blanche, Donald Trump, qui deviendra officiellement président vendredi. M. Trudeau a été questionné sur les visées protectionnistes du républicain.
«Moi, ce que je compte avoir avec le nouveau président, c'est une relation de travail constructive [...] Évidemment, il y a des conversations importantes à avoir avec la nouvelle administration et pour protéger nos acquis et pour continuer d'avoir une vision engagée et positive envers le monde», a-t-il affirmé.