Nicole Gladu et Jean Truchon ont porté sur leurs épaules la contestation judiciaire des régimes fédéral et québécois de l’aide médicale à mourir.

Trudeau pressé d'assouplir rapidement la loi sur l'aide médicale à mourir

OTTAWA — Avant même d'annoncer la composition de son nouveau cabinet, mercredi, Justin Trudeau est invité à demander au nouveau titulaire de la Justice d'assouplir rapidement, en priorité, la loi canadienne sur l'aide médicale à mourir.

Le premier ministre avait déclaré en campagne électorale, notamment lors des débats des chefs en français, qu'il se conformerait à la décision de la Cour supérieure du Québec de septembre dernier. Ce jugement invalidait notamment l'exigence fédérale selon laquelle seules les personnes proches d'une «mort naturelle raisonnablement prévisible» pouvaient obtenir l'aide médicale à mourir pour mettre fin à leurs souffrances.

La juge Christine Baudouin a conclu que les critères fédéraux et provinciaux concernant l'accès à l'aide médicale à mourir étaient discriminatoires. Elle a accordé aux deux gouvernements six mois - jusqu'en mars 2020 - pour modifier leur loi respective. Le premier ministre Trudeau a plus tard indiqué que son gouvernement ne contesterait pas cette décision devant les tribunaux, tout comme l'a fait d'ailleurs le gouvernement québécois.

L'organisme «Dying with Dignity Canada» demande maintenant au premier ministre Trudeau de mandater son prochain ministre de la Justice à modifier en priorité cette loi - et même à aller plus loin que les exigences énoncées par la juge Baudouin.

En plus de vouloir supprimer l'exigence de «mort naturelle raisonnablement prévisible», l'organisme souhaite également qu'une personne ne soit plus obligée de confirmer son consentement juste avant la procédure. Cette exigence, selon l'organisme, a privé de l'aide médicale à mourir certaines personnes déjà consentantes qui avaient toutefois perdu la capacité de valider cette décision à la toute fin parce que leur état s'était détérioré.