La nomination de Caroline Maynard doit être approuvée par la Chambre des communes et le Sénat pour entrer en vigueur.

Trudeau choisit Caroline Maynard comme nouvelle commissaire à l’information

Le premier ministre Justin Trudeau a choisi l’avocate Caroline Maynard comme prochaine commissaire à l’information du Canada.

Mme Maynard, qui préside actuellement le Comité externe d’examen des griefs militaires, devrait succéder à la commissaire sortante Suzanne Legault, dont le mandat tire à sa fin.

Mme Legault avait entamé son mandat de sept ans en juin 2010, mais avait été renommée sur une base intérimaire pour deux mois à la fin de l’année dernière afin de donner au gouvernement plus de temps pour lui trouver un successeur.

La nomination de Caroline Maynard doit être approuvée par la Chambre des communes et le Sénat pour entrer en vigueur.

Le Commissariat à l’information a été créé en 1983 en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Il a pour mandat d’encourager les institutions fédérales à rendre l’information plus accessible au public et de veiller au respect de la loi.

Mme Maynard est diplômée en droit de l’Université de Sherbrooke et membre du Barreau du Québec. Elle travaille au gouvernement fédéral depuis plus de 20 ans.

Après un bref passage dans la pratique privée, elle a été embauchée par l’Agence du revenu du Canada avant d’être nommée conseillère juridique au Comité externe d’examen de la Gendarmerie royale du Canada en 1998.

Elle a également été conseillère juridique au Cabinet du juge-avocat général du ministère de la Défense nationale avant de se joindre au Comité externe d’examen des griefs militaires à titre de directrice générale des opérations et avocate générale.

Le premier ministre a estimé qu’elle ferait une excellente commissaire à l’information.

«Elle comprend profondément l’importance d’assurer que le gouvernement soit ouvert et transparent, et je suis convaincu qu’elle fera un travail remarquable pour que le Commissariat à l’information s’acquitte de son mandat», a déclaré M. Trudeau dans un communiqué.

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Ottawa veut soutenir les entrepreneures 

Un nouveau rapport vient s’ajouter à la pression croissante à laquelle fait face le gouvernement du Canada pour qu’il utilise son pouvoir d’achat de milliards de dollars afin d’aider les entrepreneures et il semble bien qu’Ottawa ait compris le message.

Selon une nouvelle étude, financée en partie par le fédéral, il reste encore beaucoup de travail à faire pour s’assurer que les femmes en affaires puissent contribuer pleinement à l’économie canadienne. Le rapport recommande de simplifier les processus d’appel d’offres pour répondre aux besoins des petites entreprises et des entreprises gérées par des femmes.

Le document a été dévoilé mercredi, tout juste deux semaines avant le dépôt du budget fédéral, qui devrait miser sur l’égalité des genres et déployer des efforts pour améliorer la place des femmes sur le marché du travail.

Certains groupes s’attendent à de nouvelles mesures pour rendre le processus d’appel d’offres plus inclusif envers les groupes sous-représentés. Ottawa pourrait s’inspirer des États-Unis qui réservent des sommes dédiées aux entreprises mises sur pied par des femmes, selon un expert qui a conseillé le gouvernement sur cet enjeu.

Les libéraux ont d’ailleurs déjà pris certaines mesures concrètes pour ajuster leurs pratiques d’appels d’offres dans le but de s’assurer d’attirer plus de soumissionnaires de profils variés. Une approche parfois appelée «approvisionnement social».

Au cours des dernières semaines, Ottawa a cherché à obtenir des réactions dans le milieu des affaires sur les meilleurs moyens d’améliorer la diversité des soumissionnaires pour inclure plus de femmes, d’Autochtones, de personnes handicapées et de minorités visibles.

Plus tôt ce mois-ci, dans un document publié sur son site d’appel d’offres, le gouvernement indique qu’il a l’intention «d’implanter une approche d’approvisionnement social» afin de se servir de son pouvoir d’achat comme levier pour soutenir ses objectifs socio-économiques et générer des impacts sociaux positifs.

Le même document fait aussi référence à la lettre de mandat de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement Carla Qualtrough, où le premier ministre lui demande d’»accroître la diversité des soumissionnaires».

Ottawa serait aussi en processus d’analyse de différentes méthodes pour s’assurer que ses fournisseurs sont conformes à la définition de «diversité». Le gouvernement pourrait exiger une attestation de l’entrepreneur ou la certification par l’entremise d’un tiers indépendant.

Pour la présidente de l’organisme WBE Canada (Women business entreprises), Mary Anderson, qui pourrait jouer ce rôle de tiers dans un processus de certification, cette mesure représente une excellente stratégie pour utiliser le pouvoir d’achat public d’une «manière très positive».

Le mois dernier, le Conseil canado-américain pour l’avancement des femmes entrepreneures et chefs d’entreprises, un comité mis sur pied par Justin Trudeau et le président américain Donald Trump, a pressé Ottawa d’améliorer l’accès aux appels d’offres pour les entrepreneures. Il réclame un programme semblable à celui des États-Unis où cinq pour cent des contrats publics sont réservés aux femmes dans les secteurs où elles sont sous-représentées.

Le conseil recommande aussi que les programmes américains et canadiens soient jumelés pour donner accès aux contrats aux femmes dans les deux pays.

Dans le nouveau rapport publié mercredi, 40 recommandations sont formulées à l’attention des gouvernements, des institutions financières et des entrepreneures. L’étude a été financée par la Banque de Montréal, l’Université Carleton, l’Agence Beacon et le gouvernement du Canada.