Les députés conservateurs Alupa Clarke, Gérard Deltell et Pierre Paul-Hus jugent que la visite du premier ministre Justin Trudeau à Québec mercredi n’est qu’une opération de relations publiques, «un show de boucane».

Trudeau à Québec: «un show de boucane», disent les conservateurs

Le couteau entre les dents, les députés conservateurs de la capitale se rient de la visite du premier ministre libéral Justin Trudeau à Québec jeudi. Un «show de boucane» pour un gouvernement au bilan «médiocre», chargent-ils en chœur.

«En terme de réalisations concrètes, ici à Québec, le bilan de M. Trudeau et du Parti libéral est médiocre», lance d’emblée le représentant de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell. Le pont de Québec n’est pas repeint, la participation annoncée à la création d’un institut nordique ne s’est pas concrétisée et le soutien promis au développement du port se fait attendre, cite-t-il en exemple.

Le député ne trouve-t-il rien de bon dans les accomplissements de ses adversaires politiques? Rien. «M. Trudeau n’a pas mis en valeur la région de Québec. […] Je ne vois pas les réalisations concrètes, alors c’est pas loin du zéro.»

Les libéraux, eux, soulignent notamment qu’ils ont conclu un accord pour l’ouverture d’un centre de prédédouanement à l’aéroport de Québec, qu’ils ont financé un nouveau manège militaire dans Sainte-Foy, investi pour la place des Canotiers et le futur YMCA…

Ce sont tous des dossiers qui ont été menés par les conservateurs, se moque Pierre Paul-Hus, de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles. Ne restait plus qu’à couper les rubans, dit-il. 

M. Paul-Hus se demande bien ce que Justin Trudeau pourra vanter au cours de l’assemblée publique qu’il animera jeudi. «Le premier ministre Trudeau vient faire quoi demain à Québec? Il va prendre des questions, il va se rouler les manches, […] il va détacher sa cravate. C’est une belle pièce de théâtre encore une fois. Il essaie de se donner du crédit, de démontrer une forme de transparence, alors qu’il n’en a aucune, parce qu’il va encore répondre des platitudes, des paroles creuses, des choses qui ne veulent absolument rien dire.»

Une tactique habituelle, affirme-t-il. Justin Trudeau agirait de même à la Chambre des communes; il parlerait beaucoup sans répondre aux critiques conservatrices quant à la légalisation de la marijuana, quant au retour de combattants de l’État islamique en sol canadien ou au sujet d’éventuels contrats à octroyer au chantier maritime Davie. «On pose des questions là-dessus, tout ce que le premier ministre répond: rien!»

«Ne venez pas à Québec faire du spectacle, les gens de Québec n’ont pas besoin d’avoir un spectacle.»

Justin Trudeau devrait se concentrer sur les grands enjeux du commerce international plutôt que se livrer à des opérations de relations publiques, enchaîne Alupa Clarke, député de Beauport-Limoilou. L’accord de libre-échange nord-américain est en péril, le conflit du bois d’œuvre perdure, le commerce transpacifique piétine, évalue-t-il.

Pendant ce temps, le bilan éthique du gouvernement est critiquable, poursuit-il. Notamment dans le dossier des vacances familiales de M. Trudeau sur une île privée du chef religieux Aga Khan, riche entrepreneur et philanthrope qui brasse des affaires au Canada.