Rien n’indique si un éventuel péage sera avec des guérites comme celui de l’autoroute 30 (photo) ou avec des transpondeurs comme celui de l’autoroute 25.

Troisième lien: la CAQ pense à un péage

Alors qu’il n’était pas question de péage dans les derniers mois pour financer le troisième lien, le ministre des Transports, François Bonnardel, étudie maintenant la possibilité d’en avoir un. Une éventualité qui a fait bondir les partis d'opposition. Le PLQ a déposé, mardi, un mandat d’initiative à la Commission des transports pour avoir «l’heure juste».

En entrevue à QUB radio, M. Bonnardel a laissé entendre que l’option choisie, dont un éventuel péage, dépendrait d’une participation financière du fédéral dans la construction du troisième lien, dont le tracé a été annoncé en juin. «Si ce n’est pas le cas, il faut évaluer les options de PPP [partenariat public-privé]», a-t-il expliqué. 

«Ce n’est pas une option que je privilégie. Maintenant, c’est de mon devoir de mettre toutes les options sur la table», a-t-il indiqué au sujet du péage. 

Le député et porte-parole libéral en matière de transports, Gaétan Barrette, n’a pas tardé à réagir à cette perspective en point de presse à l’Assemblée nationale. «Vous savez, un des scénarios les plus étonnants que j'ai entendus hier [lundi] de la bouche de M. Bonnardel, c'est un projet en PPP avec péage, ça a été évoqué. Ça, c'est le pont de la 25 à Montréal, je peux vous dire que c'est un succès pour la fluidité. Il n'y a personne sur le pont, il coûte trop cher», a dénoncé M. Barrette.  

Un tunnel à huit milliards?

Selon M. Barrette, le projet du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) pourrait coûter jusqu’à huit milliards $ à la population québécoise. «Je rappelle qu'on investit dans ce projet, dans un bureau de projet, au moment où on se parle, plus de 400 millions $, que le projet en est rendu à sa phase de planification, et, compte tenu des propos qu'a tenus le ministre Bonnardel à QUB radio, il y a donc lieu de faire la lumière.»

Pour l’instant, la CAQ n’a toujours pas donné une estimation des coûts du projet. Pour le porte-parole du PLQ en matière de transport, évoquer un péage donne l’impression d’envoyer «un ballon». «Le gouvernement a annoncé beaucoup de choses et maintenant il est mal pris. On ne lance pas des affirmations comme celle-là, sans qu’il y ait quelque chose là-dessous.»

M. Barrette demande à la Commission des transports et de l’environnement d’entendre le directeur du bureau de projet du tunnel Québec-Lévis, Frédéric Pellerin. «En commission parlementaire, le ministre a refusé de répondre à toutes les questions que nous avons posées, sous prétexte qu'on était trop tôt essentiellement, et la réponse du ministre a toujours été : “vous le saurez quand ça sera le temps”. Bien, moi, je pense que le temps, il est là aujourd'hui, d'autant plus qu'en commission parlementaire le ministre a refusé aussi qu'on entende M. Pellerin, qui est le directeur du bureau de projet», a-t-il soutenu.

«Un puits sans fond» 

Québec solidaire et le Parti québécois ont également joint leur voix à celle du PLQ pour avoir des réponses. Selon la députée de Taschereau, Catherine Dorion, «la CAQ ne sait pas comment financer», cette promesse électorale. «C’est un projet qui est de plus en boiteux et de plus en cher. Ça sert les intérêts de qui?», questionne-t-elle. 

Pour Mme Dorion, le troisième lien s’il était construit deviendrait probablement «un puits sans fond d’engloutissement d’argent public». «On en a trop connu au Québec surtout dans des histoires de PPP». 

Le porte-parole en matière de transports du Parti québécois, Joël Arseneau, abonde dans le même sens. Il suggère au gouvernement de «ranger les pelles» et d'«aiguiser les crayons» pour commencer à penser à un plan qui va véritablement favoriser la mobilité durable.