«Étant donné notre niveau d'endettement public très élevé, on n'avait pas d'autre choix que de mettre la maison en ordre», dit le ministre des Finances, Carlos Leitão.

Trois questions à Carlos Leitão

Des réinvestissements. Un allègement fiscal. Un coussin en cas d'imprévu. Pour dégager sa marge de manoeuvre actuelle, Québec a mis un frein aux dépenses qui a eu un impact négatif sur les services publics, a constaté la Protectrice du citoyen. Comment le ministre des Finances Carlos Leitão a-t-il composé avec les effets du retour à l'équilibre sur la population?
Q: Avez-vous une pensée pour les gens qui ont subi au fil des ans les conséquences de l'effort de redressement budgétaire du gouvernement, qui leur a demandé des sacrifices réels? 
R : Bien sûr. J'ai à coeur les commentaires de la Protectrice du citoyen. Il y a eu des enjeux en termes de gestion des réseaux, en particulier celui de la santé, que nous ne pouvons pas ignorer. Je ne crois pas que ce soit toujours une question d'injecter des ressources financières, mais principalement une question de bien gérer les réseaux. On a fait une réforme en profondeur du système de santé. Je pense que, maintenant, on devrait être capable d'assurer une meilleure gestion du réseau.
: Avez-vous eu des moments de doute, notamment lorsque certaines histoires étaient publiées sur l'impact sur le terrain qu'avaient les gestes que vous vous sentiez la responsabilité de poser?
R : Non. Je n'ai pas eu de moments de doute parce que ce que l'on a fait, on devait le faire. Je ne pense pas que ce soit un concours de popularité. On devait faire ça. On devait rééquilibrer nos finances publiques parce qu'on était engagé dans une pente qui nous menait vers un déficit très élevé qu'on ne pouvait tout simplement pas se permettre. Étant donné notre niveau d'endettement public très élevé, on n'avait pas d'autre choix que de mettre la maison en ordre et équilibrer les finances publiques pour qu'on puisse, après, fournir les services publics que nous voulons tous avoir dans un cadre financier équilibré.
Q: Fallait-il aller aussi vite? Est-ce qu'il n'aurait pas été possible d'étaler le redressement sur une période un peu plus longue pour amoindrir les effets? 
: On a étalé assez à mon avis. Le plan d'origine était de revenir à l'équilibre budgétaire en 2013-2014. Le PQ dans son premier budget avait pris cet engagement, mais ils ont perdu le contrôle et le déficit s'est remis à augmenter et l'équilibre a été repoussé à deux ans plus tard. Nous avons décidé de faire atterrir cette échéance de l'équilibre en 2015-2016. Ce que nous avons fait.