Le PQ se réjouit que le gouvernement veuille exiger jusqu’à 25% de contenu canadien (fort probablement Québécois) dans le matériel roulant du futur tramway.

Tramway: Québec, le plus grand financier

Le gouvernement du Québec investit à court terme 215 millions $ pour concrétiser les plans et devis du réseau de transport collectif structurant de la Ville de Québec et exigera le maximum de contenu canadien pour le matériel roulant.

Le PM Philippe Couillard était rayonnant lors de l’annonce du projet de 3 milliards $, dont il est le plus grand financier. Le fédéral ayant plafonné sa participation à 40% dans son programme d’infrastructures dédié au transport en commun, le provincial assumera les 60% restants.

Québec aurait bien voulu qu’Ottawa en fasse plus, mais il n’y avait pas d’ouverture. «On va s’acquitter de notre part. […] Les programmes fédéraux sont ce qu’ils sont et il faut composer avec», a résumé M. Couillard. 

Le député et ministre fédéral Jean-Yves Duclos, de Québec, a confirmé que c’était au Québec de dire comment il comptait investir les 5 milliards $ réservés par le gouvernement Trudeau pour des projets de transport collectif, en tout respect du plafond fixé à 40% des dépenses admissibles. 

«C’est un projet merveilleux du calibre de la ville de Québec. Pour nous, ça cadre très bien dans notre ambition d’avoir des systèmes de transport en commun à l’échelle du pays qui sont de calibre mondial», a ajouté son collègue Joël Lightbound, secrétaire parlementaire aux Finances. 

Une question était sur toutes les lèvres: est-ce que l’élection à venir au Québec pourrait compromettre le projet? «C’est toujours possible. C’est une des raisons pour lesquelles il faut réélire un gouvernement libéral», a répondu le premier ministre, suscitant les rires de la salle de réception pleine à craquer de l’hôtel de ville. L’élu provincial ne s’est pas gêné par après pour vanter ses réalisations dans la région de Québec, promettre de nouveau un troisième lien routier entre Québec et Lévis et attaquer la Coalition avenir Québec. 

M. Couillard a assuré qu’il y aurait du contenu canadien dans le tramway et le trambus. «On va aller au maximum de ce que les ententes de commerce permettent», a-t-il souligné. Ce maximum, c’est 25%. 

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) n’a pas jugé bon d’en faire autant pour le Réseau express métropolitain (REM). 

«Est-ce que ça garantit le succès pour une entreprise en particulier? Pas nécessairement, tout le monde va vouloir se présenter. Il y aura des appels d’offres quand même», a admis le premier ministre sans nommer Bombardier. «Je souhaite que le meilleur projet gagne. Je souhaite que nos travailleurs travaillent. Je souhaite que les présentations soient les plus compétitives possible», a-t-il énuméré. 

Il a été révélé vendredi que la Caisse de dépôt a étudié le projet de Québec et refusé de s’impliquer parce que ce n’était «pas rentable». «Pour eux autres, ce n’est pas un projet commercial. On n’a pas la densité de Montréal», a justifié Régis Labeaume. Le gouvernement du Québec s’y engage, lui, parce qu’il s’agit d’un «service public», a souligné Philippe Couillard. 

La possibilité d’un dépassement de coûts a été balayée du revers de la main par les deux politiciens. Il n’y a donc pas de formule établie si ce scénario s’avère. Le maire de Québec a fait valoir que les mauvaises surprises sont généralement attribuables à une planification précipitée. «On va avoir 11 ans de préparation, je pense que ça va aller!» a-t-il lancé. Le premier ministre se fie quant à lui au processus «rigoureux» d’approbation des grands projets d’infrastructures. 

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LE PQ ET QS APPLAUDISSENT

La députée Agnès Maltais du Parti québécois (PQ) applaudit l’annonce du tramway de Québec et félicite la Ville de Québec «d’avoir eu cette vision».

Selon Mme Maltais, il s’agit d’un projet «audacieux», mais nécessaire pour la Ville de Québec. Un futur gouvernement du PQ n’aurait aucun problème à le poursuivre, si le montage financier final est «cohérent et crédible», assure-t-elle. 

Mme Maltais a d’ailleurs rappelé qu’un projet de tramway à Québec figure depuis 2003 dans le programme électoral régional du PQ. 

Selon elle, le gouvernement du Parti libéral a «lâché» la Ville de Québec en 2011 dans son projet de tramway, ce qui a amené le maire Régis Labeaume à se rabattre sur le défunt projet de service rapide par bus (SRB). 

Le PQ est le seul parti à avoir constamment appuyé le projet de tramway au fil des ans, évalue Mme Maltais, alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) milite pour la construction d’un troisième lien routier entre les deux rives et le Parti libéral (PLQ) «navigue entre les deux, selon le dernier sondage». 

Le PQ se réjouit également que le gouvernement veuille exiger jusqu’à 25% de contenu canadien (fort probablement Québécois) dans le matériel roulant du futur tramway. 

Mme Maltais réagi à l’Assemblée nationale, n’ayant pas été invitée à l’annonce du gouvernement Couillard, ce qu’elle a déploré. 

Par voie de communiqué, la porte-parole de Québec solidaire Manon Massé à salué «l’audace et la ténacité» du maire de Québec Régis Labeaume. «Pour nous, c'est une victoire! Québec solidaire est très enthousiaste face à ce grand projet de transport collectif, digne de notre capitale nationale» a-t-elle déclaré. 

Pour Québec solidaire, il s’agit d’un projet qui dessert l’ensemble du territoire de la Ville de Québec, les quartiers plus riches comme les plus pauvres. «Malheureusement, en ce moment, de nombreux acteurs politiques et médiatiques militent pour faire dérailler tout projet de transport en commun à Québec. Je suis satisfaite de voir l’administration municipale résister aux pressions.»

La Coalition avenir Québec dit quant à elle vouloir prendre le temps d’analyser le projet de réseau structurant et réserve ses commentaires pour lundi prochain.