Le directeur général des élections du Québec, Jacques Drouin, espère que la forte participation des 18-24 ans aux élections provinciales de 2012 n'était pas qu'une exception liée à la grève étudiante de la même année.

Tout est en place pour faire sortir le vote étudiant, soutient le DGE

Le Directeur général des élections (DGE) du Québec espère que la forte participation des 18 à 24 ans au scrutin de 2012 n'est pas une erreur de parcours liée au contexte du moment. Avec la nouvelle mesure permettant à quelque 400 000 étudiants de voter dans leur établissement d'enseignement, Jacques Drouin souhaite ardemment que le rendez-vous des jeunes avec la démocratie devienne une habitude.
En 2008, à peine 36 % des jeunes ont exercé leur devoir civique. À la suite du conflit étudiant de 2012, ce chiffre a grimpé à 62 %, notamment grâce à la forte mobilisation du milieu. Depuis, Québec a adopté une loi permettant à plus de 400 000 étudiants de voter sur le lieu de leur établissement d'enseignement, une décision saluée par M. Drouin.
«On sait que c'est la catégorie d'électeurs qui votent le moins», affirme-t-il. Selon lui, les études sont unanimes sur le sujet : plus une personne exerce jeune son premier vote, plus les chances sont grandes qu'elle y retourne à l'avenir. «Ce qu'on veut, c'est créer l'habitude de voter, de sentir que c'est important d'aller voter», poursuit Jacques Drouin, qui dit avoir bon espoir que les jeunes qui sont allés la dernière fois y retournent. «J'espère que l'erreur de parcours, c'était pas 2012, mais c'était avant», ajoute-t-il.
2,6 millions $ de coûts
Ainsi, 300 bureaux de vote seront installés dans 175 cégeps, universités et centres de formation de la province comptant plus de 300«étudiants-électeurs». Ceux-ci voteront par anticipation - ils auront quatre jours pour le faire - pour un candidat dans leur circonscription d'origine. Un étudiant originaire de Gaspé, mais qui fréquente l'Université Laval, située dans Jean-Talon, devra faire son choix parmi les candidats de sa circonscription d'origine et non celle de Québec.
Cette nouveauté requiert des aménagements particuliers, comme l'installation de commissions de révision afin de permettre à un jeune de s'inscrire sur la liste électorale sur place et de voter immédiatement. Les coûts pour ce «nouveau vote» sont estimés à 2,6 millions $.
Deux des principales fédérations étudiantes, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), ont promis de mettre la main à la pâte afin d'inciter les jeunes à se rendre aux urnes.