Éric Tétrault et Philippe Couillard

Tétrault s'accroche malgré les attaques

Le candidat libéral à l'élection partielle de Louis-Hébert, Éric Tétrault, n'a pas l'intention de céder sa place même si son intégrité est remise en question. «Ce n'est rien d'inattendu», affirme le principal intéressé au sujet de la tourmente dans laquelle il est plongé depuis 24h.
«Non! Ben non, voyons donc!, a spontanément répliqué M. Tétrault lorsque questionné sur sa volonté de continuer à briguer le siège laissé vacant par Sam Hamad. Les gens sont capables de faire la différence. Les gens votent autrement, ils voient bien quels sont les enjeux réels et veulent en débattre.»
A-t-il été questionné sur son passé par le parti avant d'être recruté? «Ça, c'est de la régie interne», a d'abord répondu le candidat avant d'assurer que «les gens sont au courant» et que le dossier était en quelque sorte public. 
Version des faits maintenue
«Je n'ai aucune intention de jouer au tennis avec un criminel avoué et dont les affirmations ne sont pas remises en question», a répété à plusieurs reprises le candidat mercredi en début d'après-midi. Visiblement irrité par les questions concernant sa présence dans la loge de Lino Zambito avec l'ex-ministre Nathalie Normandeau à un concert de Céline Dion en 2008, M. Tétrault a choisi de discréditer celui qui le contredit depuis 24h.
Témoin important de la commission Charbonneau, M. Zambito affirme que le candidat libéral n'a assurément pas payé ses billets pour le spectacle de la diva et y est resté très longtemps. «J'ai de la difficulté à comprendre son agenda, je ne sais pas pourquoi il fait ça. Moi je suis rendu ailleurs», soutient Éric Tétrault.
«J'ai dit la journée de la conférence de presse (mardi) que j'avais dit aux autorités (UPAC) la version que je vous donne. On est en train de jouer sur les mots. J'ai dit que oui, ça c'était passé, je suis allé, j'ai réalisé que je n'étais pas au bon endroit au bon moment et j'ai choisi de quitter. Combien de temps? Est-ce cinq minutes, sept minutes, un instant. Je l'ai dit aux autorités, si elles veulent que je leur répète ça va me faire plaisir», a soutenu celui qui a entre autres été chef de cabinet du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis.
Envie de passer à autre chose
Quant à savoir s'il a payé ses billets, celui qui était président de Manufacturiers et exportateurs du Québec a maintenu mercredi la version des faits qu'il a défendue sur les ondes du FM93 la veille. «Hier midi j'ai dit que je ne m'en rappelais pas et que j'ai l'habitude de payer mes billets. Je ne m'en rappelle pas plus aujourd'hui. J'ai l'habitude de payer mes billets...OK, j'ai-tu payé ou je n'ai pas payé? Je m'en rappelle plus», a-t-il rétorqué, impatient de changer de sujet. 
«C'est une question légitime qui mérite d'être répondue. J'ai répondu, OK? Moi je vois ça comme j'ai envie de passer à autre chose. Les gens que je rencontre aujourd'hui ont aussi envie de passer à autre chose. Je me promène dans le comté et ils ne me parlent pas de ça», a assuré Éric Tétrault qui consacre son temps à se familiariser avec les limites de la circonscription qu'il aspire à représenter.
Il n'a d'ailleurs pas rencontré Sam Hamad. «La porte est ouverte, mais je comprends si M. Hamad est rendu ailleurs. Il a le droit de faire autre chose de sa vie.»
Salissage
Les ministres libéraux ont de leur côté défendu mercredi leur candidat dans l'élection complémentaire à venir. En point de presse avant d'entrer à la séance du conseil des ministres, la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, a dit n'y voir que du «salissage» des partis d'opposition qui sont à court d'arguments, selon elle.
Selon son collègue, le ministre Gaétan Barrette, les partis d'opposition sont malheureux devant les succès du gouvernement et tentent de construire des histoires négatives. Avec La Presse canadienne
Sensible au trafic dans la circonscription
Conscient de la problématique du trafic dans la circonscription qu'il aspire à représenter, le candidat libéral dans Louis-Hébert, Éric Tétrault, s'affaire à mesurer lui-même le temps que peuvent prendre les automobilistes à franchir certaines distances et ce, à différents moments de la journée. «On me parle beaucoup de transport», explique le natif de Québec qui demeure depuis quelques années à Montréal. Quant à savoir s'il croit que la Ville de Québec doit se doter d'un troisième lien avec la Rive-Sud, il dit vouloir d'abord étudier le dossier et rappelle que la construction de ce genre d'infrastructure ne doit pas être prise à la légère. «Si j'ai la chance d'être élu, je vais m'asseoir avec les maires de Québec et Lévis pour en discuter», avance M. Tétrault.