Svetlana Solomykina a flirté avec le PLQ avant de plonger avec la CAQ

La gestionnaire Svetlana Solomykina a flirté l’an dernier avec le Parti libéral avant de lui tourner le dos et de faire le saut en politique avec la Coalition avenir Québec (CAQ). Les «messages assez rudes et difficiles à l’égard de la société québécoise», en lien avec l’accueil des immigrants, l’ont convaincue de changer de camp.

«Ma carte de membre, c’était uniquement pour assister à des événements et oui, j’ai eu des échanges» avec le Parti libéral, a admis la nouvelle politicienne lors de l’annonce de sa candidature jeudi, au centre-ville de Québec.

Mme Solomykina s’est rendue dans des congrès libéraux en 2017 et a même signifié de l’intérêt pour devenir candidate libérale à l’élection partielle dans Louis-Hébert, à la suite du retrait du député Sam Hamad. «Avec tout ce qui s’est passé par la suite, Dieu merci, j’ai été protégée», lance-t-elle. 

La candidate caquiste fait ici référence à tout le débat sur le racisme qui a eu lieu l’automne dernier. Celle qui est née dans un petit village de la Russie s’est sentie très bien accueillie lorsqu’elle s’est installée à Québec en 1992. Selon elle, Philippe Couillard et son équipe ont tenu un discours «contraire» à ses valeurs à ce moment-là. 

Mme Solomykina dit d’ailleurs être très à l’aise avec les positions de la CAQ sur l’immigration et avec le fait d’imposer un examen des valeurs aux nouveaux arrivants. «En quoi est-ce que c’est mauvais de faire valoir la langue française?» demande celle qui est heureuse d’avoir eu des incitatifs la poussant à parfaire la langue de sa société d’accueil. La détentrice d’un doctorat en chimie a eu de la difficulté à faire reconnaître les équivalences de ses diplômes universitaires russes et français et espère que la CAQ travaillera à améliorer les choses. 

Mme Solomykina habite le quartier Sillery, dans la circonscription de Jean-Talon, mais elle se présente dans Taschereau, parce que c’est là qu’elle travaille, fait des emplettes et de la course à pied, explique-t-elle. 

La CAQ a obtenu seulement 16% des votes en 2014 dans Taschereau, le seul bastion détenu par le Parti québécois dans la région de Québec à l’heure actuelle. «J’ai jamais choisi les batailles faciles dans ma vie», philosophe Mme Solomykina. 

Lutte serrée à prévoir

La lutte s’annonce en effet très serrée. L’actuelle députée Agnès Maltais a annoncé en janvier dernier qu’elle se retire après 20 ans en politique. Florent Tanlet, celui qui a failli lui ravir son siège il y a quatre ans, se présente de nouveau pour le Parti libéral. L’actuel attaché de presse de la ministre Dominique Vien est déjà très actif sur le terrain. 

Québec solidaire a choisi la comédienne Catherine Dorion tandis que Le Soleil a révélé que le Parti québécois mise sur Diane Lavallée pour conserver Taschereau. Cette gestionnaire qui a une longue feuille de route dans la haute fonction publique québécoise a déjà été présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec. Tout comme Mme Solomykina, Mme Lavallée habite la circonscription voisine de Jean-Talon.