La candidate d'Option nationale dans Taschereau, Catherine Dorion, ne se sera pas candidate à la succession Jean-Martin Aussant. La jeune mère préfère donner tout son appui à un autre militant, Sol Zanetti, qui avait porté les couleurs du parti dans Louis-Hébert aux dernières élections.

Succession de Jean-Martin Aussant: Catherine Dorion passe son tour

La candidate d'Option nationale (ON) dans Taschereau, Catherine Dorion, ne tentera pas de succéder à Jean-Martin Aussant. Après avoir longuement réfléchi, la jeune mère préfère passer son tour et donner tout son appui à un autre militant, Sol Zanetti, qui avait porté les couleurs du parti dans Louis-Hébert aux dernières élections.
Celle qui s'est fait connaître en août 2012 par le biais d'une vidéo virale sur YouTube, où elle présentait avec beaucoup de candeur les motifs de son saut en politique, dit avoir longuement réfléchi après le départ inattendu de son chef au mois de juin. «J'aime mieux rester libre», conclut-elle.
Mais Catherine Dorion ne cache pas avoir été tiraillée depuis le début de l'été entre son désir de reprendre le flambeau de son ex-chef et celui de poursuivre ses projets personnels et familiaux. Et lorsqu'elle voyait son ami Jean-Martin Aussant être très présent auprès de ses enfants, l'angoisse montait puisque Mme Dorion, mère d'une petite fille d'un an et demi, sentait que ç'aurait été le moment où elle aurait commencé à perdre le sien. Son projet d'écrire un roman, qu'elle caresse depuis longtemps, a également fait pencher la balance dans le camp du non.
Et puis, la jeune femme ne croit pas, pour l'instant, être la meilleure personne pouvant s'occuper de tout le volet administratif d'un parti politique. «Il faut vraiment triper sur la gestion», souligne celle qui se reconnaît toutefois le talent de soulever l'enthousiasme de son auditoire lorsqu'elle prononce un discours. La comédienne détentrice d'une maîtrise en science politique a d'ailleurs obtenu le deuxième meilleur score d'ON, après Jean-Martin Aussant, aux élections de septembre.
Un meilleur candidat
Catherine Dorion croit cependant que Sol Zanetti saura emballer les militants du parti, mais également la population. «Il y a un an et demi, personne ne me connaissait. Quand les gens vont le découvrir, il va pogner», s'enthousiasme-t-elle. La militante se dit sereine en sachant que quelqu'un qui lui ressemble - et de jeune - lève la main pour occuper les anciennes chaussures de M. Aussant. Quant à son futur rôle dans le parti, Mme Dorion dit qu'il sera à définir en fonction des événements.
De son côté, le principal intéressé ne cache pas son intérêt pour la chefferie d'Option nationale, mais affirme ne pas encore être certain à 100 % de vouloir plonger. «Je suis toujours en réflexion», explique M. Zanetti. Comme Mme Dorion, le professeur de philosophie au Campus Notre-Dame-de-Foy âgé de 31 ans a été secoué lorsque Jean-Martin Aussant a annoncé son départ de la vie publique. Puis, il a cru que c'était l'ex-candidate dans Taschereau qui prendrait le relais et s'était engagé à l'appuyer.
Finalement, c'est lui qui se retrouve au centre de l'attention. «Ça veut dire tout quitter», souligne celui qui n'a cependant pas d'enfants, mais un boulot «de rêve». Il évoque également le travail titanesque qui attend le prochain chef du parti, tout en affirmant qu'il ne s'agit pas d'une raison de baisser les bras. «On va montrer qu'Option nationale n'est pas le parti d'un seul homme. C'est le réveil du mouvement indépendantiste», affirme-t-il avec conviction, ajoutant que la formation politique compte présenter 125 candidats au prochain scrutin, soit cinq de plus qu'au dernier.
Assemblées de cuisine
Il estime qu'un ou deux d'entre eux pourraient être élus. Pour se faire, il mise entre autres sur un «programme national d'assemblées de cuisine pour stimuler l'indépendance», une idée qu'il a eue conjointement avec Catherine Dorion. «On va inciter nos 8000 membres à organiser des assemblées de cuisine, soit à inviter dix personnes qui ne sont pas convaincues de l'indépendance», explique-t-il. Si chacune de ces personnes ressort convaincue, cela permettra de faire grimper en flèche le nombre d'adhérents à la cause et au parti qui n'occupe pas l'avant-scène «parce qu'il n'a pas d'élu à l'Assemblée nationale».
Par ailleurs, il ne croit pas que le nouveau chef recevra le même gagne-pain que celui qui a été voté pour M. Aussant au dernier congrès du parti, soit environ 87 000 $. «Si je me lance, je ne demanderai pas ce salaire», annonce-t-il d'emblée.
Les paramètres de la course à la chefferie ne sont pas encore connus, mais chose certaine, dit M. Zanetti, Option nationale aura son nouveau chef d'ici le mois d'octobre, que ce soit lui ou un autre.