La stratégie gouvernementale de transformation numérique, qui reprend pour l’essentiel celle qui avait été présentée par l’ancien gouvernement libéral en 2017, a été présentée lundi par le ministre responsable Éric Caire.

Stratégie numérique du gouvernement Legault: moins de paperasse, plus de clics

Moins de paperasse, moins d’appels téléphoniques avec boîtes vocales, plus de services publics offerts en ligne, donc 24 heures par jour : tel est le défi que s’est donné le gouvernement pour assurer de meilleures relations entre les citoyens et l’administration gouvernementale.

Le gouvernement Legault se donne quatre ans pour faire en sorte que les services gouvernementaux, dans l’ensemble, soient davantage disponibles aux citoyens par Internet.

La stratégie gouvernementale de transformation numérique, qui reprend pour l’essentiel celle qui avait été présentée par l’ancien gouvernement libéral en 2017, a été présentée lundi par le ministre responsable Éric Caire. Elle est assortie d’une série de «grandes ambitions» et d’objectifs, mais demeure floue sur les moyens déployés et les résultats escomptés.

On peut y lire par exemple que 75 % des services numériques offerts par le gouvernement devront présenter «un taux d’utilisation supérieur à 75 %», d’ici quatre ans.

Mais comment y arrivera-t-on? Quels secteurs seront privilégiés en priorité? Et qu’arrivera-t-il si un ministère ou une société d’État n’atteint pas ses cibles?

Le gouvernement ambitionne aussi de renoncer au papier : d’ici 2023, 75 % des processus administratifs devront s’effectuer en ligne, donc sans imprimer de documents.

Il demeure impossible de dire quelle influence aura le ministre Caire — un ministre délégué à la Transformation numérique et non un ministre en titre — pour imposer ses vues à l’ensemble de l’appareil gouvernemental et au conseil des ministres.

Chaque ministère et organisme gouvernemental devra en fait présenter son propre plan de transformation numérique. Chacun pourra y aller à son rythme, fixer ses propres échéances.

Fin de la culture de «silos»

En conférence de presse, le ministre Caire a promis de mettre fin à la culture de «silos», qui fait en sorte que chaque ministère ou organisme fonctionne en vase clos, selon ses propres règles et sans rendre de comptes aux autres, un objectif sur lequel bien des ministres avant lui se sont cassé les dents.

Dans le secteur de la santé et des services sociaux, Québec souhaite que d’ici quatre ans, 100 % des citoyens pourront «interagir de façon numérique avec le réseau de la santé et des services sociaux et avec ses professionnels». Cela devrait inclure la prise de rendez-vous et l’information transmise sur les résultats d’analyses ou d’examens.

À terme, le ministre dit espérer que l’ère du «fax» dans les cabinets de médecins sera bientôt enfin révolue.

Données personnelles

Par ailleurs, le ministre Caire a dû une fois de plus s’expliquer sur la collecte et la conservation des données personnelles des citoyens sur support informatique.

Le chef péquiste par intérim, Pascal Bérubé, a reproché à M. Caire de vouloir confier ces «données sensibles» sur les Québécois à «des entreprises américaines, Amazon, Google, IBM».

Le ministre Caire a cherché à se faire rassurant en s’engageant à ce que ces informations soient «gardées de façon sécuritaire, dans des endroits qui répondent à des certifications, les plus hautes normes de certification en matière de sécurité».