Steven Blaney a lancé les hostilités contre Maxime Bernier, son voisin de circonscription.

Steven Blaney dénonce la «taxe Bernier»

Pour la première fois depuis le début de la course à la chefferie du Parti conservateur, Steven Blaney a convoqué les médias pour s'en prendre directement à son voisin de circonscription, Maxime Bernier. Il accuse le député de Beauce de vouloir refiler une «nouvelle taxe» aux familles.
C'est devant des pintes de lait dans une épicerie de Québec dimanche que M. Blaney a martelé qu'en faisant disparaître les quotas en agriculture, le prix de produits comme le lait, les oeufs et la volaille allait augmenter de 17 %. Ce qu'il a appelé «la taxe Bernier».
«Le plan caché de M. Bernier, c'est d'imposer une nouvelle taxe pour rembourser la valeur des quotas aux agriculteurs», a dénoncé M. Blaney, député de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis.
M. Blaney ne digère pas un courriel que le député de Beauce a envoyé aux membres du Parti conservateur jeudi dernier. Dans celui-ci, M. Bernier indique que s'il devient premier ministre du Canada, il abolirait la gestion de l'offre et percevrait des «prélèvements aux consommateurs» pour dédommager les agriculteurs, qui perdraient ainsi leurs quotas de production.
M. Blaney s'appuie sur des études faites en Australie, qui a abandonné le système de quotas en 2000, pour calculer que le lait coûterait 17 % plus cher aux consommateurs canadiens, le temps de rembourser les agriculteurs. «Je me mets dans la peau d'une famille qui cherche toujours à réduire la facture de son épicerie et, pour moi, c'est inacceptable», a-t-il plaidé. Selon lui, la fin de la gestion de l'offre en Australie a été «un fiasco», entraînant une hausse du prix du beurre et du fromage et une «chute dramatique» du nombre de fermes laitières.
Avec cette sortie en règle contre Maxime Bernier, seul autre Québécois qui veut devenir chef du Parti conservateur, Steven Blaney dit ne pas vouloir s'en prendre directement à la personne, mais plutôt à ses «idées». «C'est normal de ne pas être d'accord et il faut faire ressortir nos lignes de fracture. Sa position va directement à l'encontre des familles québécoises», argumente-t-il. Après s'être rangé du côté des agriculteurs, Steven Blaney cherche maintenant à obtenir le soutien des consommateurs.
Jusqu'à maintenant, M. Blaney n'a obtenu l'appui d'aucun de ses collègues députés dans la course à la chefferie. Gérard Deltell, député de Louis-Saint-Laurent, vient de jeter son dévolu sur l'Ontarien Erin O'Toole. «Je respecte le choix de Gérard. C'est normal que les élus magasinent les différentes plates-formes. Mais moi, je fais une campagne axée sur les militants», a réagi M. Blaney.
Quatre députés du Québec ont choisi d'appuyer Andrew Scheer (Alain Rayes, Luc Berthold, Pierre Paul-Hus et Sylvie Boucher), tandis que Jacques Gourde et Alupa Clarke misent sur Maxime Bernier.
Les agriculteurs en colère
Depuis qu'il a annoncé son intention d'abolir la gestion de l'offre au Canada, en début d'année, Maxime Bernier doit faire face à la colère grandissante de centaines d'agriculteurs québécois, qui se mobilisent pour l'empêcher de devenir chef du Parti conservateur.
Une page Facebook, nommée «Les amis de la gestion de l'offre et des régions», compte plus de 6600 adhérents qui disent vouloir devenir membres du parti avant le 28 mars pour pouvoir voter contre Maxime Bernier.
Dans son courriel de jeudi dernier, M. Bernier invitait ses propres militants à se mobiliser à leur tour pour contrer cette vague de nouveaux membres qui ne lui sont pas favorables. «De faux conservateurs qui se soucient seulement de défendre leur système de type soviétique», a décrit M. Bernier dans son courriel, obtenu par Radio-Canada.
Il n'a pas été possible de joindre Maxime Bernier dimanche. En tout, 14 candidats tentent de succéder à Stephen Harper. Le prochain chef du Parti conservateur sera élu le 27 mai.