Comme le caquiste Éric Caire, la péquiste Agnès Maltais estime que la politique énergétique québécoise 2016-2030 devrait être dévoilée dans la capitale et non pas dans la métropole.

Statut de capitale de Québec: appels à la vigilance

Attendue depuis longtemps et présentée par le gouvernement de Philippe Couillard comme une pièce maîtresse de son action gouvernementale, la politique énergétique québécoise 2016-2030 devrait être dévoilée dans la capitale et non pas dans la métropole, affirment les partis d'opposition.
La péquiste Agnès Maltais et le caquiste Éric Caire estiment qu'il s'agit d'un accroc à la pratique selon laquelle les grandes orientations et les grandes décisions politiques doivent être annoncées dans la capitale québécoise.
«Il faut redonner ses lettres de noblesse à la capitale» et comprendre que son statut commande que les «grandes politiques y soient annoncées», affirme Agnès Maltais en entrevue. Elle constate un glissement et juge nécessaire de lancer un rappel à l'ordre.
Elle dit toutefois ne pas vouloir «chicaner» le gouvernement, puisque son parti, lorsqu'il était au pouvoir, a parfois péché aussi. Elle confie avoir fait des rappels à l'ordre à ce moment-là, mais à l'interne.
Elle invite néanmoins le gouvernement Couillard à la vigilance. Le statut de capitale de Québec doit être préservé dans tous ses aspects, dit-elle. Le glissement grandira si on n'y prend garde.
Le député caquiste Éric Caire se dit, lui, «profondément choqué». Il voit dans ce fait un geste de «mépris» pour la région de la capitale. Et la preuve que le gouvernement s'est «montréalisé».
Il pointe la «faiblesse» du caucus libéral de la capitale, une faiblesse qu'il dit avoir entre autres observée dans des dossiers de transport. «Les politiques officielles doivent être annoncées à Québec», insiste M. Caire.
Le dossier du lieu des présentations des politiques et des projets gouvernementaux a déjà fait couler beaucoup d'encre. À la fin des années 90, certains estimaient que trop d'activités gouvernementales se déroulaient à Montréal. Des débats sur le statut réel de Québec-capitale avaient alimenté l'actualité pendant une longue période de temps.
Une collaboratrice de Pierre Arcand, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, a expliqué au Soleil que c'est pour «des questions de logistique», de location de salle, notamment, que le dévoilement de la politique énergétique se déroulera à Montréal plutôt qu'à Québec jeudi.
Notons que le 7 avril correspond à la date du deuxième anniversaire de l'arrivée au pouvoir des libéraux de Philippe Couillard.
Mardi, les partis d'opposition ont aussi dénoncé le fait que le gouvernement ait mis de côté, selon eux, le ministre de l'Environnement, David Heurtel, pour cette annonce. Il n'est pas censé participer à l'événement de jeudi à Montréal.
«Chef de file»
En février, le premier ministre Philippe Couillard a fait valoir que la politique énergétique ferait du Québec «un chef de file nord-américain dans les domaines de l'efficacité énergétique et de l'énergie renouvelable».
«Nous réitérerons le choix de l'hydroélectricité. Mais la politique énergétique visera notamment à augmenter l'apport des énergies renouvelables. Tout le portefeuille renouvelable, avait insisté M. Couillard : un développement éolien réfléchi, la biomasse sous plusieurs formes, dont les biocarburants, et les matières résiduelles comme source d'énergie.»
«Réduire notre dépendance au pétrole, avait-il ajouté, c'est réduire notre empreinte carbone; c'est s'assurer de mettre en valeur les solutions de transition, notamment le gaz naturel, particulièrement sous forme liquide.»